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CAC 40 : les PDG ont touché 18 % de plus en 2025, leurs salariés 3,3 fois moins

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En 2025, les patrons du CAC 40 ont vu leur rémunération grimper de 18 % pendant que celle de leurs salariés stagnait : c’est le constat chiffré que livrent Oxfam et la Confédération syndicale internationale.

Le rapport est sorti à la date qu’il fallait : le 1er mai 2026, journée internationale des travailleurs. Oxfam et la Confédération syndicale internationale (CSI) ont publié conjointement une analyse comparative des rémunérations, France et monde confondus. Le verdict tient en un ratio : les dirigeants des grandes entreprises françaises se sont augmentés 3,3 fois plus vite que leurs salariés en 2025.

Au niveau mondial, l’écart est encore plus brutal. Les patrons des plus grandes entreprises de la planète ont encaissé une hausse de 11 % en termes réels, inflation déduite, quand le travailleur moyen n’a gagné que 0,5 % de pouvoir d’achat supplémentaire.

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En chiffres
+18 %
Hausse des rémunérations des PDG du CAC 40 en 2025
26 entreprises sur 40 ont fourni les données (Oxfam/CSI)
3,3x
Plus vite que les salariés
Écart de progression des rémunérations en France en 2025
23,1 M€
Rémunération de Francesco Milleri (EssilorLuxottica) en 2024
Premier du classement Proxinvest, plus du double de 2023
1 372 ans
De Smic nécessaires pour atteindre la rémunération de Milleri
Selon l'Observatoire des inégalités 2026
80 Md$
Dividendes versés à ~1 000 milliardaires en 2025
Soit 2 500 dollars par seconde (Oxfam/CSI)

18 % en un an pour 26 dirigeants du CAC 40

En France, la démonstration s’appuie sur les données disponibles pour les entreprises de l’indice phare de la Bourse de Paris. Seuls 26 groupes du CAC 40 ont transmis leurs chiffres à Oxfam. Pour ces 26 là, la rémunération de leur directeur général ou PDG a augmenté de 18 % entre 2024 et 2025. Les données des entreprises restantes manquent à l’appel, ce qu’Oxfam précise explicitement.

Croissance nulle en France au T1 2026 : les actions françaises face à un scénario dégradé

Le cabinet Proxinvest, référence du secteur sur les rémunérations des dirigeants cotés, apporte un éclairage complémentaire sur 2024. Selon ses calculs, la rémunération moyenne des patrons du CAC 40 s’établissait cette année-là à 6,5 millions d’euros par dirigeant, en recul de 9 % sur un an. La médiane, elle, a progressé à environ 5,6 millions d’euros, un record absolu depuis que Proxinvest publie ce rapport en 1999. [4]

Sur le SBF 120, qui regroupe les 120 plus grandes entreprises cotées à Paris, la moyenne s’affichait à 4,2 millions d’euros en 2024, en baisse de 4 %. Mais là aussi, la médiane monte : 3,4 millions d’euros, qualifié de « deuxième plus haut niveau historique » par Proxinvest.

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Rémunérations des dirigeants du CAC 40 et du SBF 120 en 2024
Indice Rémunération moyenne 2024 Rémunération médiane 2024 Évolution moyenne sur un an
CAC 40 6,5 M€ 5,6 M€ (record depuis 1999) -9 %
SBF 120 4,2 M€ 3,4 M€ (2e plus haut historique) -4 %

Source : La Tribune / Proxinvest

Francesco Milleri, Cyrille Bolloré, Pascal Daloz : le trio de tête

L’Observatoire des inégalités 2026, publié le 2 juin, et le cabinet Proxinvest convergent sur le même podium. Francesco Milleri, PDG d’EssilorLuxottica, écrase le classement avec 23,1 millions d’euros de rémunération totale en 2024, plus du double de ce qu’il avait perçu l’année précédente. [2]

Derrière lui, Cyrille Bolloré (groupe Bolloré) touche 15,7 millions d’euros, et Pascal Daloz, directeur général de Dassault Systèmes depuis janvier 2024, 15,5 millions. La rémunération de Milleri représente 1 372 années de Smic, selon les calculs de l’Observatoire des inégalités.

Top 3 des rémunérations de patrons de grandes entreprises françaises en 2024
Dirigeant Entreprise Rémunération totale 2024
Francesco Milleri EssilorLuxottica 23,1 M€
Cyrille Bolloré Groupe Bolloré 15,7 M€
Pascal Daloz Dassault Systèmes 15,5 M€

Source : Challenges / Proxinvest

Ces rémunérations ne se limitent pas au salaire fixe. Elles agrègent primes, actions et, surtout, revenus du capital : dividendes en tête. C’est là que les ordres de grandeur deviennent vertigineux. Selon Oxfam et la CSI, près de 80 milliards de dollars ont été distribués à environ un millier de milliardaires identifiés dans leur étude, sous forme de dividendes en 2025, soit 2 500 dollars par seconde. [1]

Pourquoi l'écart de salaires patrons-salariés se creuse

Hausse asymétrique en 2025
Les rémunérations des 26 PDG du CAC 40 ont progressé de 18 % en un an, quand la rémunération moyenne des salariés français n'a augmenté que 3,3 fois moins vite, selon Oxfam et la CSI.
Le capital, moteur principal
L'essentiel des revenus des dirigeants ne vient pas du salaire fixe mais des dividendes et actions. Oxfam recense 80 milliards de dollars distribués à environ 1 000 milliardaires en 2025.
Cooptation au conseil d'administration
L'Observatoire des inégalités 2026 pointe un effet de cooptation : les rémunérations sont fixées par des administrateurs eux-mêmes très bien payés, créant une surenchère structurelle.
Médiane à son plus haut depuis 1999
Même quand la moyenne recule, la médiane des rémunérations du CAC 40 atteint 5,6 millions d'euros en 2024, soit son record absolu depuis que Proxinvest publie son rapport.
Transparence obligatoire depuis 2001
La loi NRE de 2001 impose la publication des rémunérations des dirigeants cotés en France. Cette transparence a paradoxalement alimenté la surenchère entre conseils d'administration.

L’effet cooptation derrière les hausses

L’Observatoire des inégalités ne se contente pas de lister les chiffres. Il avance une explication structurelle : « Les rémunérations astronomiques des grands patrons résultent en partie d’un effet de cooptation : elles sont décidées par les membres du conseil d’administration de leur entreprise, qui disposent eux-mêmes de revenus démesurés. »

Ce mécanisme crée une surenchère systémique, documentée depuis les années 1990. C’est à cette période que la réglementation a imposé la transparence sur les rémunérations des dirigeants des entreprises cotées. En France, la loi NRE du 15 mai 2001, précisée par la loi de sécurité financière du 1er août 2003, a fixé ce cadre. Aux États-Unis, une règle de la Securities and Exchange Commission datant de 1992 avait ouvert la voie. [3]

La transparence, paradoxalement, a accéléré la hausse : chaque conseil d’administration a pu se comparer aux autres et se positionner « au-dessus de la médiane », générant ce que certains économistes appellent un « Lake Wobegon effect ». Personne ne veut être en dessous de la moyenne.

26 dirigeants au-dessus du seuil « socialement acceptable »

Proxinvest fixe à 5,7 millions d’euros le niveau de rémunération qu’il qualifie de « maximale socialement acceptable ». En 2024, 26 dirigeants parmi les 120 plus grandes entreprises cotées à Paris franchissaient ce seuil, contre 22 l’année précédente. La barre monte.

Les chefs d’entreprises de plus de 500 salariés restent, sur le marché du privé, les mieux rémunérés, avec un salaire net moyen de 16 900 euros par mois en 2024, selon les données citées par Challenges. Un écart que le rapport Oxfam-CSI entend continuer de documenter, d’une journée du travail à l’autre.

Rémunérations CAC 40 en 2025 : les chiffres clés

  • 26 PDG du CAC 40 ont vu leur rémunération augmenter de 18 % entre 2024 et 2025, selon Oxfam.
  • Francesco Milleri (EssilorLuxottica) a touché 23,1 millions d'euros en 2024, record du classement Proxinvest.
  • La médiane des rémunérations du CAC 40 a atteint 5,6 millions d'euros en 2024, son plus haut depuis 1999.
  • 80 milliards de dollars de dividendes ont été versés à environ 1 000 milliardaires en 2025, soit 2 500 $/seconde.
  • 26 dirigeants du SBF 120 dépassent le seuil de 5,7 M€ jugé 'acceptable' par Proxinvest, contre 22 un an plus tôt.

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