La DGA a officiellement notifié à MBDA le marché de développement de l’ASN4G, missile air-sol nucléaire de quatrième génération destiné aux futurs Rafale F5. L’accord-cadre de réalisation a été signé le 2 juin 2026.
Le programme sort du stade des études prospectives. Avec la signature de cet accord-cadre, rendue publique le 11 juin, la phase de conception de l’engin démarre concrètement. L’ASN4G, pour missile Air-Sol Nucléaire de Quatrième Génération, doit remplacer à l’horizon 2035 l’ASMP-A rénové, l’arme actuellement en service dans la composante aéroportée de la dissuasion française. Ce missile de transition est lui aussi fabriqué par MBDA.
Le calendrier, lui, reste inchangé. La mise en service opérationnelle est toujours fixée à 2035, date à laquelle l’ASN4G devra être pleinement intégré aux Rafale F5 de l’armée de l’Air et de l’Espace. Le président de la République avait évoqué ce programme lors de sa visite sur la base aérienne de Luxeuil-Saint-Sauveur en 2025, et l’avait confirmé lors d’un second déplacement sur ce même site le 18 mars.
Sommaire
Mach 5 et superstatoréacteur : une rupture technologique revendiquée
Sur le plan des performances, l’ASN4G repose sur un superstatoréacteur, un type de moteur sans pièce mobile capable de propulser l’engin au-delà de Mach 5, soit plus de 6 100 km/h. C’est précisément cette hypervélocité que le ministère des Armées met en avant pour justifier l’investissement : elle doit permettre de « maintenir la crédibilité de la dissuasion aéroportée face à l’évolution des menaces », selon le communiqué de presse publié par la DGA le 11 juin [5].
Les racines technologiques du programme remontent aux années 2000. Les travaux conduits avec l’Onera dans le cadre du programme Prométhée ont permis de valider les grands principes du vol hypersonique à superstatoréacteur. Un second programme, Camosis, travaillait en parallèle sur la furtivité. Les arbitrages finaux sur les capacités et performances ont été rendus en 2021 par le chef de l’État [4].
MBDA ouvre une usine dans le Loiret en 2027 pour multiplier par six sa production de missiles
Le ministère des Armées revendique une rupture franche avec les systèmes précédents, soulignant que le savoir-faire mobilisé est celui « que peu de pays au monde possèdent ».
Luxeuil en première ligne, 1,5 milliard d’euros d’investissement sur six ans
La base aérienne 116 de Luxeuil sera la première à accueillir le missile, dès 2035. Le site, qui avait perdu sa vocation nucléaire en 2011, va bénéficier d’un investissement total de 1,5 milliard d’euros sur six ans, selon Air&Cosmos. Ce budget couvrira la constitution de deux escadrons nucléaires de Rafale, dont la mise sur pied est prévue en 2032 puis 2036, ainsi que les infrastructures associées : zone souterraine pour la conduite des opérations, zone de sécurité nucléaire. Un renforcement de la protection sol-air, avec des SAMPT-NG, et des dispositifs antidrones sont également envisagés [3].
Croissance nulle en France au T1 2026 : les actions françaises face à un scénario dégradé
L’ASN4G n’est pas réservé aux seuls avions de l’armée de l’Air : la Marine nationale figurera également parmi les opérateurs, ce qui fait du missile une arme partagée entre les deux composantes aéroportées de la dissuasion française.
Sources
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