Le groupe franco-allemand KNDS renonce à son introduction en Bourse annoncée à peine une semaine plus tôt, invoquant des conditions de marché défavorables, sans fixer de nouvelle échéance.
L’opération devait valoriser le fabricant du char Leclerc et du Leopard entre 15 et 20 milliards d’euros, l’une des plus grosses cotations européennes du secteur de la défense de ces dernières années. Elle vient d’être suspendue, à la surprise de nombreux observateurs qui la croyaient bouclée.
KNDS a annoncé « son intention de reporter l’introduction en Bourse jusqu’au retour de conditions de marché plus favorables », selon la formule reprise par Les Echos. Aucun calendrier de remplacement n’a été communiqué à ce stade.
Un revirement après des semaines d’accélération
Le repli tranche avec le ton employé par la direction ces derniers mois. Mi-juin, au Salon Eurosatory, le PDG Jean-Paul Alary affirmait que « le plus tôt sera le mieux » et que le projet, validé par le conseil d’administration, n’avait « pas changé de calendrier ». Le dossier avait pris de la vitesse fin juin, avec le lancement officiel du processus de cotation et la cession programmée de 20 % des titres du groupe.
Dans la foulée, KNDS avait dévoilé aux investisseurs des ambitions de croissance revues à la hausse : une progression de 30 % du chiffre d’affaires attendue en 2026, contre 15,9 % en 2025 pour un chiffre d’affaires de 4,4 milliards d’euros, avec un objectif à moyen terme de 11 à 12 milliards d’euros de revenus annuels. Le carnet de commandes dépassait alors 33 milliards d’euros [4].
La montée de Berlin au capital, un préalable non remis en cause
Le report de la cotation ne semble pas concerner le volet actionnarial négocié entre Paris et Berlin. L’Etat allemand s’apprêtait à monter jusqu’à 40 % du capital de KNDS à l’occasion de l’IPO, un niveau aligné sur la participation de l’Etat français, qui détient aujourd’hui la moitié du groupe et se disait prêt à céder 10 % [3]. Cette montée au capital devait notamment permettre à Berlin de racheter une partie de la part de 50 % détenue par la famille Bode-Wegmann.
Le projet avait été confié à Jean-Paul Alary dès son arrivée à la tête du groupe en avril 2025, avec pour mission de préparer KNDS à une double cotation à Paris et à Francfort et à un actionnariat élargi [2]. L’entreprise doit par ailleurs quadrupler sa capacité de production de blindés d’ici 2028, dans un contexte de réarmement généralisé en Europe qui fait de KNDS un actif jugé stratégique par les deux capitales.
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Le groupe n’a pas précisé si le report tenait à la volatilité des marchés actions, à des arbitrages internes entre Paris et Berlin, ou aux deux. La question du calendrier reste désormais suspendue à une amélioration des conditions de marché, sans échéance communiquée.
Sources
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