Les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance pèsent désormais la moitié de la rémunération variable des dirigeants du CAC 40, selon une étude du cabinet Mercer publiée le 16 septembre 2026.
En 2025, 49 % de la part variable de la rémunération des patrons des quarante premières capitalisations boursières françaises reposait sur des objectifs extra-financiers. Dix ans plus tôt, cette proportion ne dépassait pas 10 %. La bascule s’est accélérée depuis 2020 : les critères RSE représentaient alors un tiers du variable, contre près de la moitié aujourd’hui.
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L’étude Mercer, réalisée sur les données publiques des comités de rémunération, montre que les objectifs climatiques figurent au premier plan. Réduction des émissions de CO₂, décarbonation des sites industriels ou atteinte de cibles de consommation énergétique conditionnent désormais une part croissante des bonus versés aux dirigeants. Les volets sociaux (mixité, sécurité au travail, satisfaction des salariés) gagnent également du poids, mais restent minoritaires par rapport aux enjeux environnementaux.
Un levier de crédibilité face aux investisseurs
Pour les entreprises, l’intégration de la RSE dans la rémunération répond à une double pression : celle des actionnaires, de plus en plus attentifs aux performances extra-financières, et celle de la réglementation européenne. La directive CSRD, entrée en vigueur en 2024, impose aux grandes sociétés de publier des indicateurs précis sur leur impact environnemental et social. Les comités de rémunération s’appuient sur ces données pour calibrer les objectifs des dirigeants.
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Chez TotalEnergies, 30 % de la rémunération variable du directeur général Patrick Pouyanné dépend en 2025 de l’atteinte de cibles climatiques, dont la réduction de l’intensité carbone des produits vendus. Chez Schneider Electric, la part RSE atteint 40 %, avec des critères liés à l’efficacité énergétique des solutions vendues et à la parité dans les postes de direction.
Des critères encore flous dans certains groupes
Tous les groupes ne définissent pas leurs objectifs RSE avec la même rigueur. Mercer relève que 15 % des entreprises du CAC 40 restent floues sur les indicateurs retenus, se contentant de mentions générales sans chiffrage précis. « Les actionnaires réclament de la transparence, mais certains comités de rémunération résistent encore à publier des seuils quantifiés », note l’étude.
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La part financière de la rémunération variable, adossée aux résultats opérationnels, au chiffre d’affaires ou à la rentabilité, reste majoritaire. En 2025, elle représente encore 51 % du variable moyen. Mais la tendance s’inverse : Mercer anticipe une parité totale entre critères financiers et extra-financiers d’ici 2027 pour les deux tiers des groupes du CAC 40.
L’évolution reflète aussi une attente des salariés. Une enquête menée par Mercer auprès de 2 000 cadres français en 2025 montre que 68 % d’entre eux jugent « légitime » que la rémunération des dirigeants intègre des objectifs RSE, à condition que ces derniers soient mesurables et rendus publics.
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