La fintech française Agicap boucle une levée de 120 millions d’euros et lance un copilote IA destiné aux directions financières des PME et ETI européennes.
Agicap vient de boucler un tour de table de 120 millions d’euros mené par Greenoaks, avec la participation de BlackFin Capital Partners et Partech. La société lyonnaise, fondée en 2016 par Sébastien Beyet, Lucas Bertola et Clément Michelet, compte désormais 8 000 clients dans une dizaine de pays européens. Son logiciel de gestion de trésorerie en temps réel se positionne face aux outils américains Anaplan ou Pigment, mais aussi aux solutions intégrées des éditeurs de comptabilité comme Sage ou Cegid.
Axelle Lemaire, du gouvernement à la campagne Hamon : bilan d’un mandat numérique
Le copilote dévoilé cette semaine s’appuie sur un modèle de langage entraîné sur les flux bancaires anonymisés de ses milliers de clients. Il promet d’automatiser les prévisions de trésorerie à 30, 60 ou 90 jours, de détecter les anomalies de facturation et de proposer des recommandations de placement ou de crédit court terme. Selon Agicap, le gain de temps atteint 40 % pour les contrôleurs de gestion qui l’utilisent depuis le pilote fermé lancé en juin.
Un modèle entraîné sur 50 millions de transactions
Ankorstore change de direction : Pierre-Louis Lacoste remplace Sifted sous pression
Le copilote repose sur un corpus de 50 millions de transactions bancaires collectées depuis 2016. Ces données ont été anonymisées puis catégorisées par secteur, taille d’entreprise et cycle de paiement. Le modèle identifie les régularités et les écarts : retard de règlement d’un client habituel, décalage dans la réception d’un virement fournisseur, dépenses inhabituelles sur un poste budgétaire. Il alerte le DAF ou le contrôleur de gestion avant que l’anomalie ne pèse sur le besoin en fonds de roulement.
Agicap ne précise pas la famille de modèle utilisée, mais affirme qu’il tourne sur une infrastructure européenne hébergée chez OVHcloud. Aucune donnée ne transite par un hyperscaler américain, selon la société, qui vise les directions financières sensibles aux clauses de souveraineté. Le copilote est disponible en français, anglais, allemand, espagnol et italien.
Gravelines : 30 Md€ en jeu, la décision EPR 2 attendue fin 2026
| Métrique | Valeur |
|---|---|
| Montant levé (total cumulé) | 120 M€ (ce tour) |
| Nombre de clients | 8 000 |
| Pays couverts | 10 (Europe) |
| Transactions analysées | 50 millions (anonymisées) |
| Gain de temps estimé | 40 % (pilote fermé) |
Source : Agicap
Une riposte aux éditeurs américains et aux néobanques pros
Le marché de la gestion de trésorerie se densifie. Aux États-Unis, Anaplan (racheté par Thoma Bravo en 2022 pour 10,7 milliards de dollars) et Pigment (valorisé 1,5 milliard en 2024) dominent le segment haut de gamme. En Europe, les néobanques professionnelles comme Qonto ou Pennylane intègrent des modules de prévision, mais sans le niveau de granularité d’Agicap. Les éditeurs historiques (Sage, Cegid) proposent des fonctions de trésorerie dans leurs suites, mais peinent à convaincre les DAF habitués à Excel.
Agicap mise sur une intégration directe avec les banques via des API bancaires réglementées (DSP2). Le logiciel récupère les mouvements en temps réel, sans saisie manuelle. Cette connexion automatique réduit les erreurs et accélère la consolidation des comptes multisites. Plus de 200 banques européennes sont connectées, dont BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole, Deutsche Bank et ING.
Pourquoi l'IA change la gestion de trésorerie
Expansion géographique et recrutement massif
Les fonds levés serviront à trois priorités : renforcer l’équipe produit (IA et intégrations bancaires), accélérer l’expansion en Allemagne, Italie et Espagne, et étoffer la force commerciale. Agicap emploie aujourd’hui 500 personnes réparties entre Lyon (siège), Paris, Berlin, Amsterdam et Milan. La société vise 1 000 collaborateurs d’ici fin 2027.
Le profil type du client Agicap : une PME ou ETI de 50 à 500 salariés, dans les services, l’industrie ou le retail, avec plusieurs comptes bancaires et une forte intensité de flux. Le ticket moyen se situe entre 5 000 et 15 000 euros par an, selon la taille et le nombre d’utilisateurs. La société revendique un taux de rétention supérieur à 95 %, un indicateur clé dans un secteur où la fidélité se joue sur la qualité des prévisions.
Le pari de l’IA embarquée pour les DAF
Le lancement du copilote marque un tournant stratégique. Jusqu’ici, Agicap se positionnait comme un outil de reporting et de consolidation. Avec l’IA, la société passe à la recommandation active : placement excédentaire sur un compte rémunéré, ouverture d’une ligne de crédit court terme, renégociation des délais fournisseurs. Le copilote suggère, le DAF arbitre.
Cette logique de « finance augmentée » séduit les directions financières qui manquent de temps pour analyser leurs flux. Mais elle soulève aussi des questions de responsabilité : qui assume une recommandation erronée ? Agicap répond par une clause contractuelle standard : le copilote reste un outil d’aide à la décision, la validation finale appartient à l’utilisateur. Aucune action (virement, placement, crédit) ne peut être déclenchée automatiquement.
Le déploiement du copilote débute en septembre 2026 pour les clients existants, puis s’ouvrira aux nouveaux abonnés en octobre. Un modèle freemium est envisagé pour 2027, permettant aux petites structures de tester l’outil gratuitement sur un seul compte bancaire.
Agicap 2026 : chiffres clés de la levée
- Agicap lève 120 millions d'euros auprès de Greenoaks, BlackFin et Partech
- Un copilote IA automatise les prévisions de trésorerie à 30, 60 et 90 jours
- Le modèle s'entraîne sur 50 millions de transactions anonymisées depuis 2016
- 8 000 clients dans 10 pays européens, 200 banques connectées
- Hébergement chez OVHcloud, aucune donnée sur hyperscaler américain
- Objectif : 1 000 collaborateurs d'ici fin 2027
- Loft Orbital signe un contrat d’un milliard de dollars avec Abu Dhabi - 10 septembre 2026
- « Il y a des talents et des idées » : la French Tech Périgord structure son écosystème local - 9 septembre 2026
- French Days septembre 2026 : les réductions high-tech atteignent 50 % - 8 septembre 2026