Qantas accélère le retrait de ses dix Airbus A380 : le premier appareil quittera la flotte en 2028, soit quatre ans avant le calendrier initial, remplacé par la version ultra long-courrier de l’A350-1000.
La compagnie australienne mise tout sur le Project Sunrise, son programme de vols directs entre l’Australie et les grandes capitales mondiales. Douze A350-1000ULR ont été commandés à Airbus, une version exclusive taillée pour franchir plus de 17 000 kilomètres sans escale. Le premier exemplaire a été livré en avril 2026, et son vol inaugural d’essai a eu lieu début juin depuis Toulouse. Le premier vol commercial est programmé pour octobre 2027 sur Sydney-Londres, avec une durée de vol de 19 heures qui effacera quatre heures par rapport aux trajets actuels avec escale.
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« Avec l’arrivée de notre premier A350-1000ULR Project Sunrise en avril, et d’autres A350 et 787 à venir, une nouvelle ère s’ouvre pour la flotte internationale de Qantas. Cela signifie que nous pouvons commencer le retrait de nos A380 à partir de 2028 », a déclaré Vanessa Hudson, directrice générale de la compagnie.
Le superjumbo fabriqué par Airbus jusqu’en 2021 pèse lourd sur les comptes : quatre moteurs voraces en kérosène, 500 sièges difficiles à remplir sur tous les marchés, et des coûts de maintenance qui grimpent à mesure que les pièces se raréfient. Qantas a tranché dès 2017 en faveur d’un modèle différent : moins de sièges, mais une cabine haut de gamme et une efficacité énergétique largement supérieure.
238 sièges contre 500, mais une rentabilité revue à la hausse
L’A350-1000ULR n’embarque que 238 passagers, soit moitié moins que l’A380. Mais la compagnie australienne parie sur la montée en gamme : sièges vendus plus cher, consommation réduite grâce aux deux réacteurs Rolls-Royce Trent XWB de dernière génération, et flexibilité accrue sur les routes à forte demande mais sans volume suffisant pour justifier un quadriréacteur géant. Le calcul économique fait la différence, surtout dans un contexte où les retards de livraison sur les gros porteurs neufs (A350, Boeing 777X) poussent certains opérateurs à prolonger la vie de leurs flottes existantes.
Qantas fait le chemin inverse. Là où Emirates maintient ses 116 A380 en service jusqu’en 2040 via un vaste programme de modernisation incluant une cabine Économie Premium, et où British Airways investit dans le retrofit de ses douze appareils, l’opérateur australien assume une sortie anticipée. Il table sur la réception progressive de sa commande d’A350 pour absorber la capacité libérée par les superjumbos.
Emirates et British Airways prolongent, Qantas coupe court
Le géant du Golfe, qui possède la plus grande flotte d’A380 au monde, mise sur l’optimisation de la rentabilité par passager et la fidélité d’une clientèle long-courrier attachée au confort du double pont. British Airways, de son côté, modernise ses cabines pour tenir jusqu’à l’arrivée de ses futurs gros porteurs. Pour les deux, l’A380 reste une solution viable tant que les livraisons neuves accusent des années de retard.
Qantas, lui, a choisi une autre voie dès la conception de ses A350-1000ULR : un appareil pensé pour des routes précises, rentables même avec un taux de remplissage modéré, et capable d’ouvrir des liaisons impossibles pour un quadriréacteur. Le pari, c’est que le volume cède la place à la marge unitaire. La mise à la retraite anticipée des A380 valide cette stratégie : pas besoin d’attendre 2032 si les A350 arrivent à temps et tiennent leurs promesses opérationnelles.
Le premier vol commercial du Project Sunrise acttera, en octobre 2027, la fin d’une époque pour Qantas. Celle du superjumbo. Et le début d’une autre : celle des vols de plus de 19 heures, en cabine premium, sans escale.
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