Six implantations nucléaires françaises défendent leur dossier auprès d’EDF pour accueillir les huit réacteurs EPR2 supplémentaires prévus dans le programme de relance atomique. L’État retiendra au maximum quatre sites d’ici la fin de l’année.
Nogent-sur-Seine (Aube), Golfech (Tarn-et-Garonne), Tricastin (Drôme-Vaucluse), Le Blayais (Gironde), Creys-Malville (Isère) et Chinon (Centre-Val de Loire) sont en lice. Chaque site correspond à une paire de réacteurs de nouvelle génération. Ces huit unités viendraient s’ajouter aux six EPR2 déjà engagés à Penly, Gravelines et Bugey, dont la décision finale d’investissement reste attendue d’ici fin 2026.
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La séquence de plaidoyers bat son plein. Mercredi, François Baroin, maire de Troyes, et Franck Leroy, président du conseil régional du Grand Est, ont rencontré Bernard Fontana, PDG d’EDF, au siège du groupe pour défendre Nogent-sur-Seine. Alain Rousset, président de la région Nouvelle-Aquitaine, porte le dossier du Blayais. Carole Delga, présidente d’Occitanie, appuie Golfech. Le Tricastin, lui, cumule les soutiens de trois régions : Provence-Alpes-Côte d’Azur, Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie.
Sol, réseau et refroidissement : les trois critères techniques
Dans un entretien à La Tribune Dimanche début août, Bernard Fontana a précisé que l’étude sur les huit réacteurs additionnels serait remise fin 2026. « Nous analysons les critères techniques : qualité du sol, accès au réseau, sources de refroidissement sobres en eau, mais aussi l’engagement des régions », a-t-il expliqué. Ces paramètres pèsent lourd pour des installations de forte puissance raccordées au réseau de transport et dépendantes d’une source froide pérenne.
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La puissance installée des six premiers EPR2 atteint 9 990 mégawatts, selon les éléments transmis à Bruxelles pour le schéma de financement. EDF a chiffré le devis prévisionnel de ces six unités à 72,8 milliards d’euros en valeur 2020, selon son estimation présentée en décembre 2025. Le parc nucléaire français compte aujourd’hui 57 réacteurs en service répartis sur 18 centrales.
Un mouvement de relance atomique international
Le programme français s’inscrit dans un mouvement mondial de relance du nucléaire. L’Inde vise 100 gigawatts de capacité d’ici 2047, malgré l’exclusion du secteur par la finance verte. Au Canada, le développeur Prodigy prévoit une centrale capable d’alimenter 40 000 foyers. En Chine, la centrale de Xudabao a mis en service son simulateur de salle de commande. Plusieurs pays accélèrent en parallèle sur leurs propres programmes de réacteurs.
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Annoncé par Emmanuel Macron en février 2022, le programme français porte d’abord sur six réacteurs EPR2 (réacteur pressurisé européen de deuxième génération), avec une option sur huit unités supplémentaires. La décision finale d’investissement pour Penly, Gravelines et Bugey doit intervenir dans le cadre d’un conseil de politique nucléaire prévu d’ici fin 2026. L’État, actionnaire à 100 % d’EDF, tranchera également à cette occasion pour les quatre sites retenus parmi les six candidats.
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