Le groupe japonais SoftBank investira 75 milliards d’euros dans les infrastructures d’intelligence artificielle en France, dont 45 milliards d’ici 2031 consacrés à des data centers dans les Hauts-de-France.
L’annonce, faite par le président de SoftBank Masayoshi Son à La Tribune Dimanche, tombe deux jours avant le neuvième sommet Choose France prévu lundi au château de Versailles. C’est le plus gros investissement jamais annoncé en Europe pour des infrastructures liées à l’IA. Le montant pulvérise le record de l’édition 2025 du sommet, qui avait totalisé 20 milliards d’euros de projets nouveaux.
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Masayoshi Son justifie le choix de la France par sa production d’énergie : « Le fait que le pays soit producteur et exportateur d’énergie est absolument décisif pour des investissements d’infrastructure dans l’intelligence artificielle. Surtout pour des data centers. » La décision aurait été prise après sa rencontre avec Emmanuel Macron lors de la visite officielle du président français à Tokyo en avril.
« J’ai été très sensible au fait qu’Emmanuel Macron s’engage autant à titre personnel pour assurer le succès économique de la France, même si nos investissements se concentraient jusqu’ici majoritairement aux États-Unis, ainsi qu’au Japon et en Asie », précise le dirigeant japonais. SoftBank, fondé en 1981 et très implanté aux États-Unis, détient entre autres 11 % du capital d’OpenAI.
Schneider Electric partenaire du projet
Le fabricant français d’équipements électriques Schneider Electric s’associe à ce déploiement. Son directeur général Olivier Blum parle d’« un gros projet, le plus gros qu’il y ait eu en France » dans le secteur. Il rappelle qu’environ 1,5 gigawatt était installé fin 2025 dans l’Hexagone pour les centres de données. La première phase du projet SoftBank prévoit 3 gigawatts, la deuxième pourrait atteindre 5 gigawatts.
Schneider Electric « va aider au design, à la fourniture de tous les équipements », avec notamment la création d’une usine de modules préfabriqués de data centers sur le port de Dunkerque. Les sites prévus dans le nord incluent Loon-Plage à côté de Dunkerque, Bosquel près d’Amiens, et Bouchain près de Valenciennes, dans une ancienne centrale thermique.
93 milliards d’euros attendus pour Choose France 2026
L’Élysée a comptabilisé 93 milliards d’euros d’investissements nouveaux pour l’édition 2026 du sommet, en retenant uniquement les 45 milliards « sécurisés » du projet SoftBank. Les 71 projets annoncés devraient créer plus de 15 600 emplois [5]. Emmanuel Macron s’est félicité d’un montant « historique » : « Nous sommes clairement en train de combler le retard que nous avions en matière de capacités de calcul en Europe » par rapport aux États-Unis et à la Chine.
EDF a salué « la capacité de la France à accueillir des infrastructures numériques de grande ampleur grâce à une électricité compétitive, souveraine et bas carbone ». La France offre une électricité décarbonée à 95 %, indispensable au fonctionnement des data centers très gourmands en énergie. Lors du sommet sur l’IA de février 2025 à Paris, 109 milliards d’investissements dans l’intelligence artificielle avaient déjà été annoncés, accompagnés de la désignation de trente-cinq sites « prêts à l’emploi » pour accueillir des centres de données, dont une dizaine de grande puissance dans les Hauts-de-France.
Sources
1 source · 1 fait sourcé
- La France emprunte à 3,09 %, un coût inédit depuis 2008 qui rebat les cartes du budget - 10 septembre 2026
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