Saturée, l’usine MBDA de Bourges ne suffit plus. Le missilier franco-européen ouvre un second site dans le Loiret dès 2027, avec l’ambition de sextupler sa production française d’ici 2030.
L’annonce a été faite le 11 juin 2026 : MBDA va construire une nouvelle usine dans une commune de l’agglomération d’Orléans, dont le nom n’a pas été communiqué. Le groupe, détenu par Airbus, BAE Systems et Leonardo, achète un terrain industriel de 40 hectares, soit deux fois l’emprise de son site de Bourges Aéroport, son principal outil de production en France.
Le calendrier est serré. Sans attendre la fin des travaux, MBDA compte louer des bâtiments existants pour démarrer une activité de production dès 2027. Selon La République du Centre, ces locaux seraient ceux de Vergnet, fabricant d’éoliennes placé en liquidation judiciaire en février dernier. MBDA n’a pas confirmé.
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Sommaire
Bourges à l’étroit, Orléans comme soupape
Le site de Bourges Aéroport est décrit comme « saturé » par le groupe lui-même. La pression vient de la demande : les commandes de missiles ont explosé depuis 2022, portées par le réarmement européen et les besoins des armées confrontées aux conflits en cours. La nouvelle usine sera consacrée à la production d’éléments mécaniques, ce qui doit soulager la chaîne d’assemblage de Bourges.
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Le chantier proprement dit prendra plusieurs années. La pleine opérationnalité du site est fixée à 2030. D’ici là, la phase locative permettra de monter en cadence sans délai supplémentaire. Le montant de l’investissement n’a pas été précisé par MBDA. [1]
| Étape | Détail |
|---|---|
| Annonce officielle | 11 juin 2026 |
| Début de production (locaux loués) | 2027 |
| Pleine opérationnalité | 2030 |
| Superficie du terrain acquis | 40 hectares |
| Référence de comparaison | 2x l’usine de Bourges Aéroport |
| Emplois attendus | Plusieurs centaines |
Source : Le Monde
Sextupler la production d’ici la fin de la décennie
L’objectif affiché par MBDA est sans ambiguïté : multiplier par six le nombre de missiles fabriqués en France par rapport au niveau de 2023, avant la fin de la décennie. [3] C’est l’ordre de grandeur du rattrapage industriel que le groupe s’est fixé pour répondre à une demande que son outil de production actuel ne peut absorber.
Ce chiffre dit aussi l’état de sous-capacité chronique dans lequel l’industrie française du missile a opéré pendant deux décennies. Le missile sol-air Mistral n’avait reçu aucune commande française entre 2006 et 2023. L’appareil d’État commandait peu, les industriels investissaient peu. Le contexte géopolitique a tout remis en mouvement. [4]
La région Centre-Val de Loire devient ainsi un pôle missilier de premier plan. Le Loiret abrite déjà l’usine Thales de La Ferté-Saint-Aubin, spécialisée dans les mortiers et les roquettes, qui travaille quasi exclusivement pour l’export depuis 2005. L’arrivée de MBDA à l’agglomération orléanaise redessine la géographie industrielle de la défense dans ce bassin.
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Des centaines d’emplois, mais un recrutement sous tension
Plusieurs centaines de créations de postes sont attendues à terme sur le site orléanais. Le groupe avait déjà annoncé, dans une phase antérieure de montée en charge, près de 2 200 recrutements au total, dont 300 sur ses sites de la région de Bourges. [4] La nouvelle usine vient s’ajouter à cet effort.
Le défi reste celui du vivier. Toute l’industrie de défense cherche les mêmes profils : techniciens en mécanique de précision, spécialistes de l’assemblage pyrotechnique, ingénieurs de production. Dassault Aviation prévoyait 1 000 recrutements dans la même période. La concurrence entre donneurs d’ordre pour attirer les compétences est réelle, dans un marché du travail industriel déjà tendu.
Souveraineté : l’usine de Vergnet, symbole d’un basculement industriel
Il y a quelque chose de révélateur dans le fait que MBDA s’apprête à occuper les locaux d’un fabricant d’éoliennes en faillite. Vergnet, placé en liquidation judiciaire en février 2026, incarnait une filière des énergies renouvelables qui n’a pas trouvé son modèle économique en France. La défense, elle, n’a pas ce problème de carnet de commandes.
Le projet orléanais s’inscrit dans une logique plus large : reconstituer sur le sol français une capacité de production de munitions guidées que les années de disette budgétaire avaient laissé s’étioler. Entre 2004 et 2022, le canon Caesar n’avait reçu aucune commande française. Entre 2018 et 2022, les livraisons de Rafale à l’armée de l’air avaient été suspendues, Dassault livrant exclusivement ses clients export. Ce contexte de commandes domestiques atones a structurellement limité les investissements capacitaires des industriels. L’usine du Loiret est la réponse concrète à ce déficit accumulé.
MBDA n’a pas communiqué le montant total de l’investissement. Le site sera pleinement opérationnel en 2030, avec une première activité de production attendue trois ans plus tôt, dans des bâtiments loués le temps que les murs sortent de terre.
MBDA Loiret 2027 : les chiffres clés du projet
- MBDA construira une usine sur 40 hectares près d'Orléans, deux fois la surface de son site de Bourges.
- La production démarrera dès 2027 dans des locaux loués, avant la pleine opérationnalité en 2030.
- L'objectif est de multiplier par six la production française de missiles par rapport à 2023.
- Plusieurs centaines d'emplois sont attendus à terme sur le nouveau site.
- Le terrain est en cours d'acquisition ; le montant de l'investissement n'a pas été communiqué.
- Les locaux loués pour 2027 seraient ceux de Vergnet, fabricant d'éoliennes en liquidation judiciaire depuis février 2026.
Sources
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