La France a exporté 21,2 milliards d’euros d’armement en 2025, franchissant pour la deuxième année consécutive le seuil des 20 milliards.
Le rapport remis au Parlement le 12 août par le ministère des Armées confirme la dynamique. En 2024, les prises de commandes avaient atteint 21,6 milliards. L’année suivante, malgré une concurrence internationale qui s’intensifie, les industriels français conservent leur rang de deuxième exportateur mondial, très loin derrière les États-Unis.
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L’Asie devient le premier débouché. Elle concentre 43 % des commandes 2025, contre 23 % l’année précédente. L’Europe suit avec 7,67 milliards d’euros, dont 5,68 milliards dans l’Union européenne. Le Proche et Moyen-Orient absorbe 1,36 milliard. En revanche, l’Afrique recule : les tensions diplomatiques et le ressentiment anti-français freinent les signatures.
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Le contrat de l’année porte sur 26 avions Rafale et leurs armements associés. New Delhi débourse 6,9 milliards d’euros. C’est la plus grosse commande unique passée par la France en 2025. L’Indonésie suit avec deux sous-marins. La Grèce achète une frégate. Le Maroc prend des hélicoptères Caracal.
Les programmes terrestres progressent aussi. La Belgique et le Luxembourg commandent des blindés Scorpion. La Slovénie et la Croatie signent pour des canons CAESAR. Plusieurs pays européens acquièrent des missiles de défense aérienne Mistral. Le Luxembourg, lui, s’offre un satellite de télécommunications militaires.
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Les « petits contrats », ceux inférieurs à 200 millions d’euros chacun, totalisent 7 milliards. Soit un milliard de plus qu’en 2024. Cette myriade de signatures montre la capacité française à couvrir tous les segments, du missile au radar en passant par les systèmes de communication.
| Secteur | Part des commandes |
|---|---|
| Aéronautique | 40 % |
| Naval | 19 % |
| Missiles | 18 % |
| Matériels terrestres | 12 % |
| Radars et systèmes de communication | 2 % |
Source : Ministère des Armées, rapport remis au Parlement le 12 août 2026
L’Europe triple ses achats depuis le choc ukrainien
Entre les périodes 2016-2020 et 2021-2025, les livraisons françaises ont progressé de 22 % en volume. Mais c’est en Europe que l’accélération se voit le plus : les commandes européennes ont plus que triplé. « Le déclenchement du conflit en Ukraine en février 2022 a constitué un changement de paradigme », note le ministère dans son rapport.
Le secteur des missiles enregistre la plus forte hausse entre 2024 et 2025 : +15 %. Les pays de l’OTAN et de l’Union réévaluent leurs besoins en défense aérienne et en frappes de précision. La France, qui produit une gamme complète (SCALP, Exocet, MICA, Mistral, Aster), profite de ce rééquipement.
Le ministère justifie cette politique d’exportation par des arguments stratégiques et industriels : « La France considère que la politique d’exportation est indissociable de la politique de défense. Les exportations contribuent à la construction de partenariats et d’alliances, répondent à des enjeux industriels et ont des effets sur nos coopérations opérationnelles. »
Le secteur emploie 240 000 personnes sur l’ensemble du territoire. Les carnets de commandes pleins maintiennent les chaînes de production à un rythme soutenu, ce qui améliore les coûts unitaires et la compétitivité à l’export.
Pourquoi la France garde sa deuxième place mondiale
Partenariats de longue date en Asie et au Moyen-Orient
L’Asie passe en tête des destinations. Neuf milliards d’euros de commandes, tirés par l’Inde (6,9 milliards) et l’Indonésie (1,6 milliard). « Au-delà de l’Union européenne et de l’OTAN, la France entretient des partenariats stratégiques de longue date avec des pays comme l’Inde, les Émirats arabes unis, l’Indonésie ou le Brésil, États avec lesquels il existe des relations denses en matière d’armement », indique le rapport.
Ces clients historiques achètent sur la durée et diversifient leurs fournisseurs pour ne pas dépendre d’un seul pays. La France, qui ne pose généralement pas de conditions politiques contraignantes, se positionne en alternative crédible aux États-Unis et à la Russie. Le Rafale, vendu à l’Égypte, au Qatar, aux Émirats et désormais à l’Inde, incarne ce positionnement.
En revanche, l’Afrique subsaharienne recule. Le rapport mentionne un « ressentiment anti-français » qui complique les négociations. Les tensions diplomatiques au Sahel et en Afrique de l’Ouest se traduisent par moins de contrats signés.
| Région | Montant (milliards €) | Part |
|---|---|---|
| Asie | 9,0 | 43 % |
| Europe (total) | 7,67 | 36 % |
| dont Union européenne | 5,68 | 27 % |
| Proche et Moyen-Orient | 1,36 | 6 % |
Source : Ministère des Armées, rapport remis au Parlement le 12 août 2026
La France exporte tous types de matériels, du satellite au canon. Cette diversité limite la dépendance à un seul segment et permet de proposer des « packages » complets : avions de combat, frégates, défense sol-air, maintenance, formation. C’est cette offre intégrée qui séduit les États acheteurs, surtout ceux qui n’ont pas les capacités industrielles pour concevoir leurs propres systèmes.
Les prochains mois diront si la France maintient ce rythme. Les tensions géopolitiques soutiennent la demande, mais la concurrence s’aiguise : la Corée du Sud et le Japon montent en puissance sur les segments terrestre et naval, les États-Unis restent incontournables sur l’aéronautique, et la Chine pousse ses exportations à bas coût. Le Rafale, le CAESAR et les sous-marins Scorpène devront continuer à prouver leur supériorité opérationnelle pour rester dans la course.
Exportations d'armes françaises 2025 : les chiffres clés
- La France a franchi pour la deuxième année consécutive le seuil des 20 milliards d'euros d'exportations d'armes en 2025.
- L'Inde a signé le plus gros contrat de l'année : 26 Rafale et armements associés pour 6,9 milliards d'euros.
- L'Asie devient le premier débouché avec 43 % des commandes, dépassant l'Europe.
- Les commandes européennes ont plus que triplé entre 2016-2020 et 2021-2025, portées par le conflit en Ukraine.
- Le secteur des missiles enregistre la plus forte hausse annuelle avec +15 % entre 2024 et 2025.
- Les « petits contrats » (< 200 M€ chacun) totalisent 7 milliards d'euros, soit +1 milliard par rapport à 2024.