Après un trou d’air en 2024, la deeptech française renoue avec les grandes ambitions : 4,1 milliards d’euros levés en 2025, soit la moitié des fonds captés par l’ensemble de la French Tech cette année-là.
Le chiffre, publié par Bpifrance, marque un retour au niveau de 2023. L’IA et les technologies jugées stratégiques tirent la dynamique vers le haut, dans un contexte où la souveraineté industrielle pèse lourd dans les décisions d’investissement.
La création de nouvelles entreprises suit la même trajectoire ascendante. En 2025, 410 start-up deeptech ont vu le jour en France. En 2019, année du lancement du plan Deeptech, ce chiffre plafonnait à 207, soit un peu moins de la moitié. L’écosystème compte aujourd’hui 2 830 structures actives, qui génèrent collectivement 5,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires selon Bpifrance.
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Un rebond porté par quelques méga-tours, pas par la masse
La photographie globale de la French Tech en 2025 nuance l’optimisme. Les start-up françaises ont levé plus de 9 milliards d’euros toutes catégories confondues, en hausse de 25 % par rapport à 2024, mais le nombre d’opérations a chuté de 37 %, à seulement 709 transactions, selon In Extenso Innovation Croissance. [3] Le diagnostic est clair : ce n’est pas un rebond large, c’est une concentration des capitaux sur un petit nombre de tours de table, principalement dans l’IA et la deeptech. “Le rebond observé n’est pas diffus : il repose largement sur quelques méga tours, principalement dans l’IA et la deeptech, qui concentrent à eux seuls une part déterminante des capitaux investis”, souligne l’étude d’In Extenso Innovation Croissance.
Le phénomène est identique au niveau européen : les investissements dans les start-up ont progressé de 21 % pour atteindre 58 milliards de dollars, mais avec 26 % de transactions en moins, soit 8 265 opérations recensées en 2025 selon la même source.
France 2030 et le plan Deeptech : une politique publique qui structure l’écosystème
Cette accélération ne surgit pas de nulle part. Le plan Deeptech, lancé en 2019, a depuis été intégré à France 2030, le programme d’investissement de l’État couvrant les technologies stratégiques, de l’énergie aux semi-conducteurs en passant par la santé. L’objectif affiché est double : faire émerger davantage d’entreprises issues de la recherche française et accompagner leur passage à l’échelle industrielle. Bpifrance a injecté 5,3 milliards d’euros en direct dans la deeptech depuis cinq ans, les sociétés à rupture technologique représentant 75 % de ses investissements. [4]
Les domaines couverts sont larges : quantique, biotechnologie, cybersécurité, transition énergétique. Dans le classement Next40/French Tech 120 de 2025, 19 des 46 nouveaux entrants travaillent dans la deeptech. [5] Parmi eux : Alice&Bob sur le quantique, Bioptimus et Gleamer en IA, Filigran et Sekoia en cybersécurité, ou encore Wandercraft, qui fabrique un exosquelette pour les personnes paraplégiques.
L’écart avec les États-Unis, donnée structurelle du secteur
Malgré ces résultats, Bpifrance le reconnaît : l’écart de financement entre l’Europe et les États-Unis reste considérable. La France capte une part significative des fonds deeptech européens, mais le volume global du continent ne rivalise pas encore avec les capacités américaines d’investissement dans les technologies de rupture.
Pour 2026, le cabinet EY mise sur l’IA générative comme terrain de naissance des prochaines licornes françaises.
Sources
3 sources · 3 faits sourcés
- Orange accélérateur de start-up françaises : l’ambition souveraineté numérique en 2026 - 17 juin 2026
- Bpifrance recense 245 inaugurations industrielles en 2025, portées à 80% par les PME et startups - 17 juin 2026
- Fortes chaleurs : EDF envisage de réduire la production de ses réacteurs nucléaires - 16 juin 2026