Mistral AI prépare une nouvelle levée de fonds susceptible de porter sa valorisation à 20 milliards d’euros, franchissant un nouveau palier pour le champion européen de l’IA.
La start-up parisienne n’en a pas fini avec les records. Fondée en 2023 par Arthur Mensch, Guillaume Lample et Timothée Lacroix, elle avait déjà décroché le statut de première décacorne française à l’automne 2025, lors d’une série C de 1,7 milliard d’euros. La valorisation affichée à l’époque : 11,7 milliards d’euros. Moins d’un an plus tard, la barre des 20 milliards est dans le viseur.
La croissance est rapide, et pas seulement en capitalisation. En avril 2026, Mistral comptait officiellement plus de 700 salariés, soit trois fois plus qu’un an auparavant. Selon une source interne citée par Ouest-France, l’entreprise devrait franchir prochainement le seuil des 800 employés.
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ASML, Andreessen Horowitz : un tour de table européen et américain
La série C avait déjà été remarquée pour la nature de ses investisseurs. ASML, le géant néerlandais des équipements pour semi-conducteurs, avait injecté 1,3 milliard d’euros sur les 1,7 milliard levés, devenant le premier actionnaire de Mistral avec environ 11 % du capital [3]. Le fabricant de machines à lithographie a également obtenu un siège au comité stratégique de la start-up, occupé par son directeur financier Roger Dassen, et prévoit d’intégrer les modèles Mistral dans son portefeuille d’équipements.
DST Global, le fonds fondé par le milliardaire Yuri Milner, avait fait son entrée à cette occasion. Plusieurs investisseurs historiques avaient remis au pot : Andreessen Horowitz, Bpifrance, General Catalyst, Index Ventures, Lightspeed et Nvidia. Les trois cofondateurs restaient les premiers actionnaires de la société. [2]
Un écart colossal avec OpenAI, une dynamique européenne qui s’accélère
La perspective d’une valorisation à 20 milliards d’euros renforce la position de Mistral comme vitrine de la politique IA française, mais ne masque pas la disproportion des forces. OpenAI visait, selon Reuters, une valorisation autour de 500 milliards de dollars lors d’une éventuelle cession d’actions, soit plus de quarante fois celle de son rival parisien au moment de la série C.
Mistral évolue dans un écosystème industriel qui monte en puissance. Un consortium de 28 entreprises françaises, parmi lesquelles Capgemini, EDF, Orange, Iliad et Scaleway, a annoncé le 20 mai 2026 un projet de giga-usine d’IA dépassant 10 milliards d’euros d’investissement. L’objectif : déployer plus d’un gigawatt de puissance de calcul sur le sol français, soit l’équivalent d’un réacteur nucléaire, avec une première tranche de 100 mégawatts. Le projet attend encore le feu vert de la Commission européenne. [5]
972 acteurs de l’IA référencés en France : un écosystème solide face à la concurrence mondiale
Si la nouvelle levée de fonds se concrétise au niveau annoncé par Les Echos, Mistral franchira un seuil symbolique supplémentaire et consolidera son statut de principal challenger européen face aux laboratoires américains. [1]
Sources
4 sources · 4 faits sourcés
- French Tech 120 en 2026 : les scale-ups françaises qui dessinent l’économie de la prochaine décennie - 17 juin 2026
- Lecornu annonce 655 millions d’euros supplémentaires pour l’IA en France - 16 juin 2026
- French Tech 2026 : Mistral AI, Qonto, Pennylane parmi les lauréats de la sélection annuelle - 16 juin 2026