La start-up toulousaine Donecle vient de boucler une levée de 10 millions d’euros pour accélérer la commercialisation de ses drones d’inspection d’avions et développer un logiciel de maintenance prédictive.
Son système réalise l’inspection visuelle complète d’un appareil en moins de deux heures. Une inspection manuelle mobilise deux à trois techniciens pendant six à douze heures. Le rapport est donc de un à huit, avec un enjeu financier direct : chaque heure d’immobilisation imprévue coûte environ 10 000 dollars à une compagnie aérienne.
Fondée en 2015, Donecle a construit sa position sur une qualification rare. Elle est la première société au monde à avoir reçu la certification d’Airbus pour ce type d’opérations. Ses drones, équipés de caméras, photographient la surface des appareils. Des algorithmes de traitement d’images détectent puis classifient les zones suspectes sur le fuselage, rayures, enfoncements, érosion, impacts de foudre. Un inspecteur qualifié valide ensuite les rapports. Air France fait partie des clients.
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Du drone au jumeau numérique de l’avion
La levée vise à franchir une étape au-delà de l’inspection ponctuelle. “Aujourd’hui, notre principal produit, ce sont nos drones qui permettent de réaliser plus rapidement l’inspection des avions. Nous voulons aller un peu plus loin en créant une plateforme pour suivre les défauts et les réparations tout au long de la vie de l’avion grâce à un jumeau numérique. Nous irons aussi sur la maintenance prédictive pour prévenir les réparations en accentuant toute la partie traitement et gestion des données avion”, explique Matthieu Claybrough, cofondateur de Donecle.[3]
L’ambition est de passer d’un outil de détection à une plateforme de suivi longitudinal des appareils, en s’appuyant sur l’intelligence artificielle pour anticiper les défauts avant qu’ils n’obligent à immobiliser un avion.
Un bureau à Chicago pour couvrir le marché américain
La deuxième priorité de ce tour de table est géographique. Donecle travaille déjà avec United Airlines et doit annoncer un contrat avec une compagnie low-cost américaine, selon les informations publiées au moment de la levée. “Nous prévoyons d’ouvrir en septembre un bureau à Chicago qui accueillera cinq personnes. Cette implantation a pour but d’être plus proche de nos clients américains”, précise Matthieu Claybrough.[3]
La filiale américaine est pensée comme un levier commercial, pas comme un centre de R&D. L’essentiel du développement produit reste à Toulouse, là où la start-up a industrialisé la fabrication de ses drones.
Une fenêtre de marché que les retards Boeing et Pratt & Whitney ont ouverte
Le contexte joue en faveur de Donecle. Les retards de livraison du 737 MAX et les problèmes de motorisation Pratt & Whitney sur l’A220 ont contraint des compagnies à exploiter plus longtemps des flottes vieillissantes. Certaines opèrent avec 10 à 20 % de programmes de vol en moins et perdent des millions quotidiennement, selon Claybrough.[5] La pression sur la maintenance s’est mécaniquement intensifiée, gonflant le carnet de commandes de la start-up. Une dynamique que les 10 millions levés doivent désormais transformer en position durable sur le marché nord-américain.
Sources
2 sources · 3 faits sourcés
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