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La France vend 21,2 milliards d’armement en 2025, mais l’Europe achète américain

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La France a exporté pour 21,2 milliards d’euros d’armement en 2025, un niveau quasi stable qui masque une réalité : le réarmement européen profite d’abord aux industriels américains.

Le rapport annuel au Parlement publié par le ministère des Armées acte la continuité : 21,2 milliards d’euros de prises de commandes en 2025, contre 21,3 milliards l’année précédente. La Base industrielle et technologique de défense (BITD) française maintient son rythme.

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L’année a été portée par plusieurs contrats structurants. L’Inde a commandé 26 Rafale M embarqués, l’Indonésie deux sous-marins Scorpène, la Grèce une quatrième frégate de défense et d’intervention, le Maroc des hélicoptères H225M Caracal. À cela s’ajoutent des missiles Mistral, des systèmes de défense aérienne SAMP/T et VL MICA, des canons Caesar et des véhicules Scorpion.

En chiffres
21,2 Md€
Exportations françaises d'armement en 2025
Quasi stable vs 2024
48 %
Part des États-Unis dans les ventes d'armes en Europe
2021-2025
+62 %
Hausse des dépenses militaires de l'UE
Entre 2020 et 2025
5,7 Md€
Commandes françaises issues de l'UE en 2025
27 % du total

L’aéronautique pèse 40 % des prises de commandes, les missiles progressent de 15 %

L’Ukraine commande 72 Rafale pour 8 milliards d’euros, une première depuis 1945

L’aéronautique représente 40 % des prises de commandes, devant le naval (19 %) et l’armement terrestre (12 %). Le segment des missiles affiche la progression la plus nette, avec une hausse de 15 % sur un an.

Répartition des exportations françaises d’armement en 2025
Secteur Part des prises de commandes
Aéronautique 40 %
Naval 19 %
Armement terrestre 12 %
Missiles +15 % vs 2024

Source : Ministère des Armées, rapport au Parlement 2025

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Pour le ministère, ces résultats tiennent à la qualité des équipements. « Les succès de nos systèmes de défense aérienne illustrent la confiance placée par nos partenaires dans les savoir-faire industriels français. De même, la persistance du succès du Rafale à l’export témoigne de son adéquation aux besoins actuels et futurs du marché international et maintient l’assurance d’une chaîne de production pérenne en France », écrit-il.

Le Rafale cumule désormais plusieurs commandes de pays déjà clients (Inde, Grèce, Émirats arabes unis) et quelques nouveaux contrats en discussion. La cadence de production chez Dassault Aviation reste tendue : l’avionneur doit articuler les livraisons à l’export avec celles destinées à l’Armée de l’air et de l’espace française.

L’Europe dépense 381 milliards, mais achète américain à 48 %

Les dépenses militaires des États membres de l’Union européenne ont augmenté de 62 % entre 2020 et 2025, pour atteindre 381 milliards d’euros. Les importations d’armes ont bondi de 210 % entre les périodes 2016-2020 et 2021-2025.

Résultat : les États-Unis représentent désormais 48 % des fournitures d’armement à l’Europe, devant l’Allemagne (7,7 %) et la France (6,2 %). La part de l’UE dans les exportations françaises d’armement reste à 27 %, dans la moyenne observée depuis 2022.

Parts de marché des fournisseurs d’armement en Europe (2021-2025)
Pays fournisseur Part des importations européennes
États-Unis 48 %
Allemagne 7,7 %
France 6,2 %

Source : Ministère des Armées, rapport au Parlement 2025

Le ministère constate que « la concurrence intraeuropéenne ne faiblit pas ». Les industriels européens « se trouvent régulièrement en situation de concurrence frontale », ce qui contraint les États à adapter leurs stratégies à l’export. La France mise sur la complémentarité de ses plateformes (Rafale, FREMM, Scorpène, Caesar) et sur les coopérations comme le système de défense aérienne SAMP/T, développé avec l’Italie.

Mais les achats européens privilégient souvent des équipements américains : chasseurs F-35, systèmes de défense antimissile Patriot, hélicoptères Apache. La Pologne, la Finlande, la République tchèque ou les Pays-Bas ont commandé du matériel américain en volume ces deux dernières années. Les États-Unis bénéficient d’une offre large, de stocks disponibles et d’un appareil de financement rodé.

Pourquoi le réarmement européen profite aux États-Unis

Stabilité des exportations
Avec 21,2 milliards d'euros en 2025, la France maintient le niveau de 2024. L'aéronautique (40 %) et le naval (19 %) dominent, les missiles progressent de 15 %.
Domination américaine en Europe
Les États-Unis représentent 48 % des ventes d'armes en Europe, contre 6,2 % pour la France. Le réarmement européen profite d'abord aux industriels outre-Atlantique.
5,7 milliards depuis l'UE
La France a réalisé 5,7 milliards d'euros de commandes européennes en 2025, soit 27 % du total. La Grèce, le Danemark et la Belgique sont les principaux clients.
Percée en Allemagne
Les ventes à l'Allemagne ont doublé en un an, à 526 millions d'euros, leur plus haut niveau depuis dix ans. Berlin achète des munitions et des équipements de communication.
Défense aérienne en tête
Les systèmes SAMP/T et VL MICA enregistrent plusieurs commandes en Europe. Le ministère y voit la preuve de la confiance dans les savoir-faire industriels français.

La Grèce et l’Allemagne portent les ventes françaises en Europe

La France a néanmoins réalisé environ 5,7 milliards d’euros de commandes provenant de pays de l’UE en 2025. La Grèce arrive en tête, avec un peu plus d’un milliard d’euros, devant le Danemark (998 millions), la Belgique (673 millions) et la Roumanie (608 millions).

Principaux clients européens de la France en 2025
Pays Montant des commandes (en millions d’euros)
Grèce 1 000
Danemark 998
Belgique 673
Roumanie 608
Allemagne 526

Source : Ministère des Armées, rapport au Parlement 2025

Les ventes à l’Allemagne ont doublé en un an pour atteindre 526 millions d’euros, leur plus haut niveau depuis dix ans. Berlin a notamment commandé des munitions et des équipements de communication sécurisée. La coopération franco-allemande reste en tension sur les programmes structurants, avion de combat du futur SCAF, char MGCS —, mais les achats croisés progressent sur les segments de niche.

La Grèce, client historique, poursuit sa montée en puissance. Après trois frégates de défense et d’intervention commandées entre 2021 et 2024, Athènes a passé commande d’une quatrième unité en 2025. Le pays a aussi acquis des Rafale d’occasion et commandé six Rafale neufs supplémentaires. La tension avec la Turquie dans l’est de la Méditerranée pousse le gouvernement grec à accélérer la modernisation de ses forces.

Le Danemark a commandé des systèmes de défense aérienne et des équipements pour ses frégates. La Belgique a lancé un programme de renouvellement de son parc terrestre, dans lequel les véhicules Griffon et Serval de Nexter figurent en bonne place. La Roumanie, elle, a sélectionné le système SAMP/T pour sa défense aérienne, un contrat partagé avec l’italien Leonardo.

Ces résultats confirment que la France peut exister sur le marché européen, mais qu’elle doit composer avec une concurrence américaine qui capte près de la moitié des budgets. La bataille se joue désormais sur les programmes de défense aérienne, les munitions et les équipements de guerre électronique, segments où l’offre européenne reste compétitive.

Exportations d'armement françaises 2025 : les chiffres

  • La France a exporté pour 21,2 milliards d'euros d'armement en 2025, un niveau quasi stable
  • L'aéronautique représente 40 % des prises de commandes, devant le naval (19 %)
  • Les États-Unis captent 48 % des ventes d'armes en Europe, la France 6,2 %
  • Les dépenses militaires de l'UE ont bondi de 62 % entre 2020 et 2025
  • L'Allemagne a doublé ses achats à la France en un an, à 526 millions d'euros
  • La Grèce reste le premier client européen de la France, avec plus d'un milliard d'euros
Rédactrice chez Industriel.net
Hélène Vasseur suit de près l'actualité de la défense, des industries de souveraineté et des grands programmes militaires. Elle décrypte les enjeux stratégiques, les innovations technologiques et les évolutions du secteur à travers des contenus documentés et accessibles. Pour enrichir ses recherches et structurer ses articles, elle s'appuie sur l'intelligence artificielle, tout en assurant une relecture, une vérification des informations et une validation éditoriale avant chaque publication.
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