L’Ukraine a signé le 15 août 2026 une commande ferme de 72 Rafale auprès de Dassault Aviation, pour un montant de 8 milliards d’euros. Ce contrat représente le plus important contrat export de chasseurs occidentaux depuis 1945.
La commande, annoncée conjointement par le ministère ukrainien de la Défense et Dassault Aviation, porte sur 48 Rafale F4 biplaces et 24 monoplaces. Les premières livraisons sont prévues pour le second trimestre 2027, selon un calendrier accéléré qui mobilisera l’ensemble de la chaîne industrielle française.
Le financement repose sur un mécanisme inédit : l’Union européenne garantit 60 % du montant via la Facilité européenne pour la paix, tandis que le reste est couvert par un prêt garanti par les actifs russes gelés en Europe. Le Parlement ukrainien a validé le dispositif le 12 août, trois jours avant la signature à Paris.
| Poste | Montant (Mds €) | Part (%) |
|---|---|---|
| 72 cellules Rafale F4 | 5,2 | 65 |
| Missiles MBDA (MICA NG, Meteor, SCALP) | 1,4 | 17,5 |
| Systèmes Thales (RBE2, Talios, liaison 16) | 0,9 | 11,2 |
| Soutien logistique et formation (Safran, Dassault) | 0,5 | 6,3 |
Source : Ministère ukrainien de la Défense, 15 août 2026
Un calendrier de livraison tendu pour Dassault et ses sous-traitants
Dassault Aviation doit livrer les 72 appareils en trois ans, soit 24 par an. La cadence actuelle de production tourne à 13 Rafale par an sur le site de Mérignac. L’industriel a indiqué qu’il portera la production à 27 appareils annuels dès janvier 2027, en ouvrant une deuxième ligne d’assemblage final.
Safran Aircraft Engines, qui fabrique les réacteurs M88, recrute 450 personnes sur son site de Villaroche pour absorber la charge. Thales doit doubler la production de radars RBE2 AESA à Limours. MBDA élargit ses lignes de missiles air-air à Bourges et Selles-Saint-Denis.
Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a déclaré lors de la signature : « Ce contrat valide quinze ans d’investissements industriels. Il positionne la France comme seul fournisseur occidental de chasseurs multirôles à Kiev. » Le groupe anticipe 12 000 emplois directs et indirects mobilisés sur la durée du programme.[1]
Le ministère des Armées français a confirmé que les livraisons à l’Armée de l’air resteront prioritaires : les 42 Rafale F5 prévus d’ici 2030 ne seront pas reportés. La chaîne ukrainienne viendra en complément, sans pénaliser les commandes nationales ni celles de l’Égypte et des Émirats arabes unis.
Les valeurs de défense s’envolent en Bourse, Thales gagne 7 %
L’annonce a provoqué une hausse immédiate des titres du secteur défense à la Bourse de Paris. Thales a bondi de 7,2 % à la clôture du 15 août, Safran de 4,8 %, Dassault Aviation (non coté) a vu ses certificats d’investissement progresser de 6,1 %. MBDA, filiale de plusieurs groupes européens, bénéficie indirectement via ses actionnaires.
Les analystes financiers tablent sur une consolidation de la croissance des équipementiers français. « Ce contrat sécurise le carnet de commandes de Dassault jusqu’en 2029, et garantit un flux régulier pour les motoristes et électroniciens », note un rapport de Kepler Cheuvreux publié le 16 août.
| Valeur | Cours de clôture (€) | Variation journalière (%) |
|---|---|---|
| Thales | 142,30 | +7,2 |
| Safran | 218,60 | +4,8 |
| Dassault Aviation (CI) | 1 834,00 | +6,1 |
Source : Euronext Paris, clôture du 15 août 2026
Pourquoi ce contrat change la donne pour l'industrie française
Un impact géopolitique majeur, Washington observe
Le contrat bouleverse l’équilibre des fournitures militaires à l’Ukraine. Jusqu’en 2026, les États-Unis restaient le principal fournisseur d’équipements lourds, avec les systèmes Patriot, HIMARS et les chars M1 Abrams. La France entre désormais dans le jeu avec une capacité de frappe aérienne autonome.
Le Pentagone n’a pas commenté officiellement, mais des sources proches du Département d’État confirment que Washington a été informé en amont. « Aucune objection n’a été formulée. Le Rafale ne concurrence pas directement le F-16, déjà livré en petit nombre à Kiev », précise un analyste du Center for Strategic and International Studies.
La Pologne, qui exploite déjà 48 Rafale commandés en 2024, a salué l’initiative. Varsovie envisage une coopération tripartite pour mutualiser les infrastructures de maintenance en Europe centrale. Un accord de principe a été signé le 16 août entre les ministères polonais, français et ukrainien.
Côté russe, le porte-parole du Kremlin a qualifié la vente d’« escalade inadmissible », sans annoncer de mesures concrètes. Moscou avait déjà réagi de manière similaire aux livraisons de chars Leopard et de missiles SCALP.
Pour Dassault, ce contrat ouvre potentiellement la voie à d’autres commandes en Europe de l’Est. La Roumanie et la République tchèque, qui doivent remplacer leurs MiG-21 et MiG-29, suivent de près la montée en puissance ukrainienne. Aucune négociation officielle n’est confirmée, mais les contacts se multiplient depuis juin 2026.
Contrat Rafale Ukraine : les chiffres du deal historique
- L'Ukraine commande 72 Rafale F4 pour 8 milliards d'euros, le plus gros contrat export de chasseurs occidentaux depuis 1945
- L'Union européenne garantit 60 % du financement via la Facilité européenne pour la paix, le reste est couvert par les actifs russes gelés
- Dassault Aviation ouvrira une deuxième ligne d'assemblage à Mérignac pour porter la production à 27 appareils par an dès janvier 2027
- Thales gagne 7,2 % en Bourse le 15 août 2026, Safran progresse de 4,8 %, portés par l'annonce du contrat
- Les premières livraisons interviendront au second trimestre 2027 selon un calendrier accéléré validé par Kiev et Paris
- Le contrat sécurise 12 000 emplois directs et indirects en France sur trois ans, selon Dassault Aviation
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