Les échanges entre la France et les Émirats arabes unis sur le financement du Rafale F5 auraient repris, après l’échec des négociations en décembre 2025. Aucun accord n’a été annoncé.
Deux publications successives font état d’une reprise des discussions entre Paris et Abou Dhabi autour du standard F5 du Rafale. Les négociations s’étaient interrompues fin 2025 sur des désaccords portant sur le transfert de technologies sensibles et les droits de propriété intellectuelle. Dassault Aviation refusait d’ouvrir l’accès aux briques technologiques stratégiques de l’appareil, tandis que les Émirats réclamaient une implication industrielle dépassant le statut de simple acheteur. Les autorités françaises et les industriels concernés n’ont pas communiqué officiellement sur ces échanges.
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Les Émirats avaient signé en décembre 2021 un contrat de 80 Rafale F4 pour 14 milliards d’euros, auxquels s’ajoutent 2 milliards d’euros de missiles MICA NG et Black Shaheen. Les livraisons des appareils doivent s’échelonner entre 2026 et 2030, celles des missiles entre 2027 et 2031. Abou Dhabi deviendra le premier utilisateur international du chasseur français en volume, devant l’Égypte, le Qatar et l’Inde.
3,5 milliards d’euros proposés, 5 milliards nécessaires
En décembre 2025, les Émirats auraient proposé d’investir jusqu’à 3,5 milliards d’euros dans le programme F5, alors que son coût global était estimé à 5 milliards d’euros. Le montant offert représentait 70 % du financement nécessaire. Les négociations ont achoppé sur trois points : le transfert de technologies critiques, notamment dans le domaine de la furtivité et de l’avionique, la répartition des droits de propriété intellectuelle sur les développements futurs, et la part de production confiée à l’industrie émiratie.
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Dassault Aviation entendait conserver la maîtrise des technologies essentielles et éviter de créer les conditions d’émergence d’un concurrent industriel. Abou Dhabi, de son côté, cherchait à développer ses capacités aéronautiques nationales au-delà du rôle de client. La rupture avait contraint Paris à envisager un financement national du standard F5, intégralement pris en charge par la loi de programmation militaire 2024-2030 actualisée en avril 2026.
Le Club Rafale, modèle inspiré du Leopard
La France avait imaginé un « Club Rafale » réunissant les utilisateurs présents et futurs de l’appareil, sur le modèle de la coopération organisée dès 1969 par Krauss-Maffei Wegmann autour du Leopard 1, puis du Leopard 2. L’Égypte, le Qatar, l’Inde, la Grèce, l’Indonésie, la Croatie et les Émirats arabes unis pouvaient être sollicités pour cofinancer certaines évolutions du chasseur. L’objectif consistait à diluer le coût des standards futurs et à renforcer l’interopérabilité entre les flottes.
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Les Émirats représentaient le partenaire le plus prometteur, avec 80 appareils commandés et des moyens budgétaires considérables. Leur retrait en décembre 2025 avait mis fin à cette perspective. Si les échanges ont effectivement repris, rien n’indique qu’Abou Dhabi ait modifié ses exigences. Les sources évoquent des discussions exploratoires, sans préciser leur contenu ni leur calendrier.
Un standard F5 entièrement français par défaut
L’actualisation de la loi de programmation militaire, votée en avril 2026, a intégré le financement du Rafale F5 dans les crédits nationaux. Le programme doit aboutir à l’horizon 2030, avec des capacités accrues en matière de guerre électronique, de connectivité et de furtivité partielle. Le ministère des Armées n’a pas communiqué sur un éventuel retour des Émirats dans le projet.
Dassault Aviation livre actuellement les premiers Rafale F4 aux Émirats. Les appareils ont participé à des missions d’interception de drones et de missiles iraniens au-dessus du Golfe au cours du premier semestre 2026. Les infrastructures de maintenance et de formation des équipages émiratis sont en cours de finalisation. La flotte émiratie atteindra sa capacité opérationnelle complète en 2030.
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