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EDF confie les six EPR2 à un consortium Bouygues, Vinci, Eiffage, NGE et Fayat

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EDF envisage de regrouper Vinci, Bouygues, Eiffage, NGE et Fayat pour piloter le génie civil des six EPR2, un revirement stratégique après l’attribution initiale à Eiffage seul.

L’alliance réunit les trois majors du BTP français et les numéros quatre et cinq du secteur. L’objectif : réduire les coûts et tenir les délais d’un programme estimé à 72,8 milliards d’euros, marges comprises. Le contrat de gros œuvre représente à lui seul une dizaine de milliards d’euros en valeur 2020, soit le premier poste de dépenses du devis transmis à l’État fin décembre.

La formule s’inspire des grands projets ferroviaires. Les cinq constructeurs partageraient leur expérience et négocieraient des prix communs pour faciliter la montée en puissance. Fayat, partenaire régulier de Vinci, complète l’équation. EDF confirme une « démarche de compétitivité » lancée en mars par un appel à manifestation d’intérêt, sans détailler la composition du futur groupement.

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En chiffres
72,8 Md€
Coût total des six EPR2
Marges de sécurité incluses
~10 Md€
Contrat de génie civil
En euros 2020
2038
Mise en service Penly
Deux premiers réacteurs
5
Entreprises regroupées
Vinci, Bouygues, Eiffage, NGE, Fayat

Eiffage conserve Penly, mais perd l’exclusivité sur le reste du programme

En 2023, Eiffage avait raflé seul le lot de génie civil des deux premiers réacteurs de Penly, en Seine-Maritime, face au duo Bouygues-Vinci. Ce succès lui assurait un monopole sur la tête de série du programme. Aujourd’hui, l’électricien envisage d’élargir le partage aux quatre autres sites : deux réacteurs à Gravelines dans le Nord, deux au Bugey dans l’Ain, et les deux derniers EPR2 dont l’implantation reste à définir.

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Eiffage garde Penly : EDF précise qu’aucun changement n’affecte le chantier attribué. Mais pour les quatre paires suivantes, l’entreprise devra composer avec quatre concurrents au sein d’un même consortium. Le modèle vise à éviter les surcoûts observés à Flamanville, où l’EPR initial accumule les dérives. La coulée du premier béton à Penly, initialement prévue en 2026, a déjà glissé à 2028. La mise en service est programmée pour 2038.

Calendrier prévisionnel des six EPR2
Site Région Nombre de réacteurs Mise en service prévue
Penly Seine-Maritime 2 2038
Gravelines Nord 2 Après 2038
Bugey Ain 2 Après 2038

Source : annonce programme EPR2

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Pourquoi EDF change de stratégie pour les EPR2

Leçon Flamanville
L'EPR initial a multiplié les dérapages de coûts et de calendrier. Le génie civil a pesé lourd dans les retards. EDF veut éviter de reproduire les erreurs sur les six EPR2.
Pression sur les prix
Un consortium de cinq acteurs permet de négocier des tarifs encadrés et de mutualiser les achats. La concurrence directe entre majors aurait pu tirer les prix à la hausse.
Montée en puissance
Le partage d'expérience entre les cinq constructeurs doit accélérer la courbe d'apprentissage et faciliter le démarrage des chantiers successifs.
Sécuriser la filière
Engager les cinq premiers du BTP français dans un même projet limite le risque de défaillance ou de désengagement en cours de route.

Un levier pour contenir le budget à 72,8 milliards et accélérer la filière

Le génie civil concentre les enjeux de coûts et de délais. À Flamanville, les retards sur les fondations et le radier ont pesé sur l’ensemble du planning. EDF espère qu’un consortium élargi permettra de standardiser les méthodes, mutualiser les approvisionnements et lisser la charge entre les chantiers. Le partage d’expérience doit aussi accélérer la courbe d’apprentissage : chaque paire construite réduit théoriquement le coût de la suivante.

La formule présente un autre avantage : elle engage les cinq premiers du BTP français dans le programme. Aucun ne pourra se défausser en cas de tension sur les ressources ou les matériaux. L’État, qui valide le devis, surveille de près la capacité de la filière à absorber six chantiers simultanés sans faire flamber les prix.

Les marges de sécurité intégrées au budget global laissent une marge de manœuvre limitée. Toute dérive sur le génie civil rognerait la réserve prévue pour les aléas techniques ou réglementaires. D’où l’importance de verrouiller les coûts dès l’attribution.

EPR2 : les chiffres du programme nucléaire français

    • 72,8 milliards d’euros : coût total estimé des six EPR2, marges comprises, remis à l’État fin décembre
    • Une dizaine de milliards : montant du contrat de génie civil en euros 2020, premier poste de dépenses
    • 2038 : année de mise en service prévue pour les deux premiers réacteurs de Penly
    • 2028 : date repoussée de la coulée du premier béton à Penly, initialement prévue en 2026
    • Cinq entreprises : Vinci, Bouygues, Eiffage, NGE et Fayat regroupés dans le consortium envisagé

Pourquoi EDF change de stratégie pour les EPR2

Leçon Flamanville

L’EPR initial a multiplié les dérapages de coûts et de calendrier. Le génie civil a pesé lourd dans les retards. EDF veut éviter de reproduire les erreurs sur les six EPR2.

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Pression sur les prix

Un consortium de cinq acteurs permet de négocier des tarifs encadrés et de mutualiser les achats. La concurrence directe entre majors aurait pu tirer les prix à la hausse.

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Montée en puissance

Le partage d’expérience entre les cinq constructeurs doit accélérer la courbe d’apprentissage et faciliter le démarrage des chantiers successifs.

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Sécuriser la filière

Engager les cinq premiers du BTP français dans un même projet limite le risque de défaillance ou de désengagement en cours de route.

Ni EDF, ni Vinci, ni Bouygues n’ont confirmé officiellement la composition du consortium. Les Échos, qui révèlent l’information, précisent que la démarche s’inscrit dans l’appel à manifestation d’intérêt lancé en mars. La décision finale devrait intervenir d’ici la fin de l’année, avant le lancement des premiers travaux préparatoires à Penly.

Le modèle du regroupement n’est pas nouveau dans l’industrie lourde. Les grands projets ferroviaires, comme certaines lignes à grande vitesse, ont déjà testé des alliances similaires pour répartir les risques et optimiser les coûts. L’enjeu, cette fois, porte sur un programme de plusieurs décennies et sur la crédibilité de la relance nucléaire française.

EPR2 : les chiffres du programme nucléaire français

  • 72,8 milliards d'euros : coût total estimé des six EPR2, marges comprises, remis à l'État fin décembre
  • Une dizaine de milliards : montant du contrat de génie civil en euros 2020, premier poste de dépenses
  • 2038 : année de mise en service prévue pour les deux premiers réacteurs de Penly
  • 2028 : date repoussée de la coulée du premier béton à Penly, initialement prévue en 2026
  • Cinq entreprises : Vinci, Bouygues, Eiffage, NGE et Fayat regroupés dans le consortium envisagé
Rédactrice chez Industriel.net
Sophie Berlu suit les évolutions des filières industrielles, des marchés de l'énergie et des innovations qui accompagnent la transformation des entreprises. Elle met en perspective les enjeux économiques, technologiques et environnementaux à travers des contenus documentés et accessibles. Pour enrichir ses recherches et optimiser la qualité de ses articles, elle s'appuie sur l'intelligence artificielle, tout en réalisant une relecture, une vérification des informations et une validation éditoriale avant chaque publication.
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