La startup Barak vient de boucler une levée de 10 millions d’euros pour démocratiser la résidence secondaire via un modèle d’abonnement sans propriété. Un pari sur la flexibilité face au poids du crédit immobilier.
Posséder une résidence secondaire sans l’acheter. C’est le principe de Barak, qui propose depuis 2023 un accès illimité à une quarantaine de maisons réparties entre la France et l’Espagne. Moyennant un abonnement mensuel à partir de 550 euros, les membres réservent leurs séjours via une application et profitent de biens équipés, sans frais d’entretien ni taxe foncière. La formule séduit : la startup revendique plusieurs centaines d’abonnés actifs et affiche un taux d’occupation de 75 % sur son parc immobilier.
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Le tour de table de 10 millions d’euros annoncé cette semaine associe Serena Capital en tête de file, aux côtés de OneRagtime et de plusieurs business angels issus de l’immobilier et de la tech. Les fonds serviront à doubler le nombre de maisons disponibles d’ici fin 2027 et à renforcer la plateforme technologique, notamment l’algorithme de répartition des créneaux de réservation. Barak mise sur l’intelligence artificielle pour fluidifier l’accès aux logements en période de forte demande, un point critique pour maintenir la satisfaction des abonnés.
Un modèle qui cible les urbains en quête de flexibilité
Le profil type de l’abonné Barak : trentenaire ou quadragénaire, urbain, qui n’a pas les moyens ou l’envie d’acquérir une résidence secondaire classique. Le ticket d’entrée à 550 euros par mois reste dix fois inférieur à une mensualité de crédit immobilier pour un bien équivalent en province, et il n’impose aucun engagement sur la durée. Les séjours sont libres, réservables à la semaine, sans limite annuelle. La startup a également lancé une offre famille à 850 euros par mois, donnant accès à des maisons plus grandes et à davantage de créneaux simultanés.
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Côté géographique, Barak privilégie les destinations de week-end depuis Paris et les grandes métropoles : Normandie, Bretagne, Val de Loire, mais aussi Catalogne et Andalousie. L’objectif est de couvrir tout le territoire français métropolitain d’ici deux ans, avec une densification sur les littoraux atlantique et méditerranéen. La startup explore aussi des partenariats avec des propriétaires privés, qui mettraient leurs biens à disposition contre une rémunération garantie.
La concurrence s’intensifie sur le marché de l’accès partagé
Barak n’est pas seul sur le créneau. Plusieurs acteurs internationaux testent des formules similaires, notamment Pacaso aux États-Unis, qui vend des parts de copropriété plutôt que des abonnements, ou encore August en Europe du Nord, qui cible les maisons haut de gamme avec des abonnements à plus de 2 000 euros par mois. En France, la startup The Keys propose un modèle hybride entre location courte durée et abonnement, sans toutefois atteindre la flexibilité illimitée de Barak.
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Le principal défi reste la scalabilité : pour absorber la croissance du nombre d’abonnés sans dégrader l’expérience, Barak doit acquérir ou sécuriser de nouveaux biens au rythme des souscriptions. La startup travaille avec des foncières et des investisseurs immobiliers pour massifier son parc, tout en gardant la main sur l’aménagement et la gestion opérationnelle. L’enjeu technologique est aussi central : l’algorithme de réservation doit éviter les frustrations liées aux créneaux saturés en haute saison, sous peine de voir les abonnés se désengager.
Cap sur 100 maisons et une expansion européenne
Avec cette levée, Barak vise 100 maisons d’ici fin 2027 et 1 000 abonnés actifs, pour un chiffre d’affaires annuel estimé autour de 8 millions d’euros. La startup prévoit également d’ouvrir son modèle à d’autres pays européens, en commençant par l’Italie et le Portugal, deux destinations prisées des Français pour les escapades longue durée. L’équipe, qui compte aujourd’hui une quinzaine de personnes, devrait passer à 40 collaborateurs dans l’année, essentiellement sur les fonctions tech et acquisition immobilière.
Reste la question de la rentabilité. Pour l’instant, Barak réinvestit l’intégralité de ses revenus dans la croissance du parc et le développement produit. Le seuil d’équilibre est attendu pour 2028, une fois le parc stabilisé à 150 maisons et le taux d’occupation maintenu au-dessus de 70 %. D’ici là, le pari repose sur la capacité à convaincre les urbains que la propriété n’est plus la seule voie vers la résidence secondaire.
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