Airbus affiche un bénéfice opérationnel ajusté de 2,98 milliards d’euros au deuxième trimestre 2026, en hausse de 17 %, tandis que le chiffre d’affaires progresse de 5 % à 25,98 milliards, dépassant les attentes malgré les tensions avec son motoriste.
Les analystes tablaient en moyenne sur 2,87 milliards d’euros de profit opérationnel pour un chiffre d’affaires de 26,51 milliards. L’avionneur a relevé ses prévisions de livraisons 2026 à 870 appareils, contre 793 en 2025, mais le patron Guillaume Faury a affiché son mécontentement face aux difficultés d’approvisionnement moteur. Airbus vise désormais entre 70 et 75 A320neo par mois d’ici fin 2027, puis une stabilisation à 75 au-delà, là où il ciblait auparavant 75 dès 2027. Le rythme actuel plafonne à 60 exemplaires mensuels.
Un différend ouvert avec Pratt & Whitney
Interrogé sur une éventuelle action en justice contre le motoriste, Faury a confirmé avoir engagé un processus sans en détailler la nature. Les responsables de l’avionneur ont expliqué avoir dû réviser les cadences et tempérer les objectifs financiers après que Pratt & Whitney est revenu sur ses premières propositions de volumes moteurs, puis n’est pas parvenu à signer d’accord formel d’approvisionnement.
« Nous sommes très insatisfaits et nous ne sommes pas d’accord », a martelé le patron d’Airbus devant les analystes, précisant qu’il entendait « faire valoir nos droits contractuels », même si cela prendra du temps. RTX, maison mère de Pratt & Whitney, a décliné tout commentaire, se contentant d’évoquer un dialogue constant avec son client. Les observateurs y voient l’un des affrontements les plus vifs de l’aviation commerciale depuis le clash entre Airbus et Qatar Airways devant les tribunaux britanniques en 2022 au sujet de défauts de peinture sur A350.
RTX affiche une santé robuste de son côté
Le motoriste américain a pourtant affiché fin juillet des résultats solides, portés par la demande soutenue en maintenance aéronautique et en systèmes de défense. Il a relevé ses prévisions annuelles de ventes à une fourchette de 95 à 96 milliards de dollars, contre 92,5 à 93,5 milliards auparavant, et de profit ajusté par action à 7,10-7,25 dollars contre 6,70-6,90. Les ventes de Pratt & Whitney ont bondi de 16 % au deuxième trimestre pour atteindre 8,89 milliards de dollars, tandis que celles de la branche Raytheon ont grimpé de 18 % à 8,27 milliards, tirées par la demande en missiles Patriot, Standard et AMRAAM. Le carnet de commandes total de RTX a grimpé de 22 % sur un an à 289 milliards de dollars, dont 170 milliards pour l’aéro commercial et 119 milliards pour la défense.
Airbus a par ailleurs livré 351 avions au premier semestre 2026, en progression de 15 % sur un an, et maintient son objectif de profit opérationnel ajusté autour de 7,5 milliards d’euros pour l’année. Au second semestre 2025, l’avionneur avait pourtant abaissé sa cible de livraisons annuelles à environ 820 appareils, contre 850 initialement prévus, en raison de problèmes de fuselages et d’une mise à jour logicielle d’urgence liée au rayonnement solaire sur des milliers d’A320. Les analystes soulignent que le maintien des objectifs financiers malgré des cadences réduites témoigne de la forte rentabilité de l’A320, récemment devenu le modèle le plus livré de l’histoire de l’aviation civile devant le Boeing 737, ainsi que du soutien apporté par les activités Défense et Hélicoptères.
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