IndustrielAutomobilePierre-Edward Dutheillet dirige Renault Digital Maroc, Renault prépare huit nouveaux modèles

Pierre-Edward Dutheillet dirige Renault Digital Maroc, Renault prépare huit nouveaux modèles

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Pierre-Edward Dutheillet a été nommé à la tête de Renault Digital Maroc. Le constructeur français prévoit d’investir 3,2 milliards d’euros d’ici 2027 pour déployer huit nouveaux modèles à l’échelle mondiale.

La nomination de Pierre-Edward Dutheillet intervient alors que Renault accélère sa transformation numérique et sa présence au Maroc, pays devenu un pivot industriel pour le groupe. Le Maroc abrite déjà les usines du losange et celles de Stellantis, qui vient d’étendre la capacité de production de son site de Kenitra. L’expansion de Stellantis, d’un montant de 1,2 milliard d’euros, doit porter le taux de sourcing local à 75 % d’ici 2030, contre 69 % actuellement.

Cette dynamique permet au royaume chérifien de franchir le cap du million de véhicules de capacité de production annuelle. Les exportations de l’industrie automobile marocaine ont atteint un record de 157 milliards de dirhams (17 milliards de dollars) en 2024, en hausse de 6,3 %. Le pays mise aussi sur la mobilité électrique en attirant des fabricants chinois de batteries.

3,2 milliards pour huit nouveaux véhicules

Renault a annoncé un investissement de 3 milliards d’euros (3,2 milliards de dollars) d’ici 2027 pour lancer huit nouveaux véhicules et renforcer son offre électrique. Ce plan s’inscrit dans la stratégie du groupe qui prévoit le déploiement de 36 modèles sur ses trois marques d’ici 2030. La répartition précise entre thermique, hybride et électrique n’a pas été détaillée, mais l’effort porte en priorité sur les véhicules électrifiés.

Le groupe a récemment remanié son comité exécutif sous l’impulsion de François Provost, directeur général, avec la création d’une fonction de directeur de la croissance (Chief Growth Officer) entrée en vigueur le 1er septembre 2025 [1]. Cette réorganisation vise à accélérer la transformation du losange et l’efficacité commerciale.

Le Maroc, base arrière stratégique

Le royaume mise sur son attractivité : infrastructures, zones franches, incitations fiscales. En contrepartie, il impose des taux de localisation élevés. Stellantis s’engage ainsi à produire des moteurs hybrides et des véhicules à trois roues sur son site marocain [4]. Renault, présent de longue date, poursuit également l’intégration locale.

Cette montée en puissance intervient alors que l’Union européenne débat de règles « Made in Europe » pour protéger son industrie automobile. Ces dispositifs suscitent des tensions avec des pays tiers comme le Royaume-Uni, la Turquie et le Maroc, qui redoutent d’être exclus [5]. Le Maroc plaide pour une reconnaissance de sa production dans le périmètre européen, arguant de son niveau d’intégration.

Renault face à la transition électrique

Le constructeur français a récemment enrichi la gamme de sa Mégane E-Tech Electric avec une batterie de 67 kWh permettant d’approcher les 500 km d’autonomie [2]. Le groupe mise aussi sur Dacia pour limiter les coûts des modèles thermiques et hybrides, tandis que l’électrique repose sur une nouvelle plateforme 800 V.

Les prochains mois diront si Renault parvient à conjuguer volumes, rentabilité et transition technologique. La présence au Maroc, désormais relayée par une direction digitale dédiée, doit contribuer à cette équation.

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