Dassault Aviation vient de notifier trois nouveaux contrats pour le développement du Rafale F5, marquant une accélération visible du programme.
La Direction générale de l’armement a confié à Dassault Aviation trois marchés complémentaires destinés à faire avancer le standard F5 du Rafale. Ces contrats portent sur des études de définition, le développement de nouvelles capacités et la préparation de l’intégration de systèmes d’armes, selon les informations transmises par l’avionneur le 12 septembre. Le calendrier initial du programme, qui prévoit une livraison des premiers appareils aux forces françaises en 2030, reste maintenu.
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Cette notification intervient après plusieurs mois de discussions entre la DGA et l’industriel français. Le F5 doit constituer le standard le plus avancé du Rafale, avec des capacités accrues en matière de connectivité, de traitement de l’information et de furtivité partielle. Dassault Aviation n’a pas communiqué le montant global des trois contrats, mais indique que les travaux démarreront dès le dernier trimestre 2026.
Un programme structuré en plusieurs phases
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Le développement du Rafale F5 s’organise en plusieurs volets techniques. Le premier contrat porte sur les études de définition détaillée de l’architecture système. Il s’agit de figer les grandes options technologiques : nouveau radar à antenne active AESA de dernière génération, système de guerre électronique renforcé, capacités de connectivité avancées pour l’échange de données en temps réel avec d’autres plateformes (avions, drones, navires).
Le deuxième contrat vise le développement de nouvelles fonctions logicielles et l’intégration de capteurs supplémentaires. Dassault Aviation travaille notamment sur l’amélioration de la fusion de données, qui permettra au pilote de disposer d’une image tactique unifiée en temps réel. Cette capacité est jugée décisive dans un environnement de combat où la rapidité de décision compte autant que la puissance de feu.
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Le troisième marché concerne la préparation de l’intégration de nouveaux armements, dont certains sont encore en phase de développement chez MBDA et Safran. Le F5 devra pouvoir emporter des missiles air-air à longue portée de nouvelle génération, ainsi que des armements air-sol de précision adaptés aux théâtres d’opérations futurs.
| Étape | Date prévue |
|---|---|
| Notification des contrats de définition | Septembre 2026 |
| Démarrage des travaux de développement | Fin 2026 |
| Premier vol du prototype F5 | 2028 (estimation) |
| Livraison aux forces françaises | 2030 |
Source : Dassault Aviation
Une réponse aux standards internationaux
Le Rafale F5 s’inscrit dans un contexte de montée en puissance des appareils de cinquième génération chez les concurrents. Le F-35 de Lockheed Martin équipe déjà plusieurs pays européens (Royaume-Uni, Norvège, Pays-Bas, Danemark, Pologne). Le Tempest britannique et le SCAF franco-germano-espagnol, tous deux en développement, visent une entrée en service dans les années 2035-2040.
Face à ces programmes, le F5 constitue une évolution majeure du Rafale, sans pour autant atteindre le niveau de rupture technologique d’un chasseur de sixième génération. Dassault Aviation mise sur une approche progressive : moderniser l’appareil existant en profondeur tout en conservant une maîtrise industrielle et financière du programme. Cette stratégie évite les dérives budgétaires observées sur certains programmes de nouvelle génération à l’étranger.
Le standard F5 doit également renforcer l’attractivité du Rafale à l’export. Plusieurs pays clients actuels ou potentiels (Émirats arabes unis, Indonésie, Égypte) ont manifesté leur intérêt pour une version dotée de capacités accrues, en particulier dans les domaines de la connectivité et de la guerre électronique. Dassault Aviation espère que le F5 pourra soutenir de nouveaux contrats export dès le début des années 2030.
Pourquoi le F5 accélère maintenant
Un pilotage industriel français
Contrairement au SCAF, programme multinational dont la gouvernance reste complexe, le Rafale F5 demeure sous pilotage strictement français. Dassault Aviation conserve la maîtrise d’œuvre, avec Thales comme partenaire principal pour les systèmes électroniques (radar, guerre électronique, optronique) et Safran pour la motorisation. Cette configuration simplifie la prise de décision et accélère les cycles de développement.
Les trois contrats notifiés cette semaine confirment aussi l’engagement de l’État français dans le programme. La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit le financement du développement du F5 et l’acquisition des premiers appareils pour l’armée de l’air et de l’espace ainsi que pour l’aéronautique navale. Le nombre d’exemplaires commandés n’a pas encore été officialisé, mais les premières livraisons doivent intervenir dès 2030.
Dassault Aviation n’a pas précisé le nombre d’ingénieurs mobilisés sur le programme, mais les travaux de développement devraient monter en charge progressivement jusqu’en 2029. L’industriel dispose de ses bureaux d’études à Saint-Cloud et de ses installations d’essais à Istres pour mener à bien le programme. Les premiers essais en vol du F5 pourraient intervenir dès 2028, sous réserve du respect du calendrier actuel.
Le Rafale F5 représente un jalon clé pour Dassault Aviation et pour la filière aéronautique de défense française. Il doit permettre de maintenir la compétitivité du Rafale sur le marché mondial tout en assurant la supériorité opérationnelle des forces françaises dans les quinze à vingt prochaines années, en attendant l’arrivée du SCAF.
Rafale F5 : les étapes du programme
- Dassault Aviation a reçu trois contrats de la DGA pour le développement du Rafale F5 en septembre 2026
- Le programme vise une livraison aux forces françaises en 2030
- Le F5 intégrera un radar AESA de nouvelle génération et des capacités de connectivité avancées
- Contrairement au SCAF, le F5 reste sous pilotage strictement français
- Le premier vol du prototype est attendu pour 2028
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