EDF confirme que l’EPR de Flamanville a atteint 100 % de sa puissance nucléaire ce samedi 12 juillet 2026, franchissant la dernière étape majeure avant son raccordement commercial au réseau électrique français.
Le réacteur de troisième génération, d’une capacité de 1 650 mégawatts, a démarré sa divergence en septembre 2024 après près de dix-sept ans de chantier. L’atteinte de la pleine puissance marque la fin de la phase de montée en charge progressive, conduite sous la supervision de l’Autorité de sûreté nucléaire. EDF n’a pas précisé la date exacte de la mise en service commercial, qui interviendra après validation des derniers essais.
Flamanville 3 devient le premier réacteur nucléaire neuf raccordé en France depuis Civaux 2 en 1999. Le chantier, initialement budgété à 3,3 milliards d’euros et prévu pour 2012, a cumulé retards et surcoûts. L’Autorité de sûreté nucléaire a imposé plusieurs arrêts pour corriger des anomalies de fabrication, notamment sur les soudures du circuit primaire et la cuve. Le coût total dépasse désormais 13 milliards d’euros selon la Cour des comptes.
Un réacteur pilote pour le programme de six nouveaux EPR
La mise en service de Flamanville 3 conditionne en partie le calendrier du programme de six nouveaux EPR2 annoncé par Emmanuel Macron en 2022. Ces réacteurs, de conception simplifiée par rapport à Flamanville, doivent entrer en service entre 2035 et 2042. EDF et Framatome comptent sur les retours d’expérience de Flamanville pour tenir les délais et éviter la répétition des dérives budgétaires.
Le réacteur normand fournira à pleine puissance l’équivalent de la consommation annuelle de deux millions de foyers. Son raccordement intervient dans un contexte de tension sur le parc nucléaire français : plusieurs réacteurs restent à l’arrêt pour maintenance ou pour corrosion sous contrainte. RTE, le gestionnaire du réseau, table sur une production nucléaire de 315 à 345 térawattheures en 2026, en hausse par rapport aux 279 TWh de 2022, année marquée par une disponibilité historiquement basse.
Les syndicats saluent l’exploit technique, interrogent la viabilité économique
La CGT Mines-Énergie a salué « la ténacité des équipes » mais rappelle que « le coût final pose la question de la rentabilité du modèle EPR de première génération ». Le syndicat pointe le prix de revient du mégawattheure produit à Flamanville, estimé par la Cour des comptes entre 110 et 120 euros, contre 42 euros pour les réacteurs historiques amortis du parc actuel.
La CFDT Énergie met en avant la montée en compétence des équipes françaises sur la technologie EPR. « Ce réacteur a formé toute une génération d’ingénieurs et de techniciens qui participeront aux chantiers EPR2 », souligne le syndicat dans un communiqué. Framatome emploie aujourd’hui 18 000 personnes en France, contre 13 500 en 2015, en partie grâce aux recrutements liés à Flamanville et aux chantiers de maintenance du parc existant.
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L’ASN devra encore valider plusieurs essais avant d’autoriser le passage en exploitation commerciale. EDF prévoit une production d’environ 11 térawattheures par an à pleine capacité, soit près de 3 % de la consommation électrique nationale.