Le sommet Choose France 2026 a rassemblé plus de 200 dirigeants internationaux à Versailles, débouchant sur 15 milliards d’euros d’investissements annoncés dans l’industrie, l’IA et les infrastructures énergétiques.
L’édition 2026 du sommet Choose France, tenue le 13 mai à Versailles, marque un bond de 50 % par rapport aux 10 milliards collectés en 2025. Le gouvernement français mise sur ces engagements pour accélérer la réindustrialisation et le déploiement de l’intelligence artificielle sur le territoire. Quinze groupes ont pris des engagements fermes, portant sur des sites industriels, des centres de R&D et des infrastructures de calcul.
SoftBank et Nebius : 3 milliards dans l’IA et le cloud européen
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SoftBank, le fonds japonais dirigé par Masayoshi Son, investit 2 milliards d’euros dans deux centres de données dédiés à l’IA. Le premier, implanté en Île-de-France, ouvrira en 2027 avec une capacité de 50 MW. Le second, localisé dans le Grand Est, montera à 75 MW en 2028. Ces deux sites totaliseront 600 emplois directs à terme.
Nebius, spin-off cloud de Yandex désormais basé aux Pays-Bas, engage 1 milliard d’euros pour un data center à Lyon. Le site, dédié aux modèles d’apprentissage profond, sera opérationnel en 2027. Nebius prévoit 200 emplois sur place et cible les clients européens soumis au RGPD [1].
Ardian rachète 25 % de Framatome pour 2 milliards
Ardian, première société de capital-investissement européenne, entre au capital de Framatome à hauteur de 25 % pour 2 milliards d’euros. L’opération, négociée avec EDF et Mitsubishi Heavy Industries, vise à financer l’expansion internationale du fabricant de réacteurs nucléaires. Framatome emploie 18 000 personnes, dont 12 000 en France, et réalise 4,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires [1].
Le fonds français prévoit d’accompagner la montée en puissance des petits réacteurs modulaires (SMR) développés par Framatome et EDF. Trois prototypes sont attendus en France entre 2030 et 2035, avec un objectif de production en série à partir de 2036. Ardian mise sur une demande mondiale de 200 SMR d’ici 2040.
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Pourquoi ces investissements ciblent l'IA et l'énergie
Salesforce et Databricks ouvrent des centres de R&D
Salesforce investit 500 millions d’euros dans un centre de recherche et développement dédié à l’IA générative appliquée aux logiciels d’entreprise. Le site, basé à Paris, ouvrira en septembre 2026 et emploiera 300 ingénieurs à horizon 2028. L’éditeur américain emploie déjà 2 500 personnes en France [1].
Databricks, spécialiste des plateformes de données et d’IA, annonce 400 millions d’euros pour un centre d’ingénierie à Toulouse. L’entreprise californienne cible les secteurs aéronautique et défense. Le site comptera 250 postes en 2027, avec un objectif de 500 emplois en 2030. Databricks s’adosse à l’écosystème toulousain : Airbus, Thales et le CNES sont déjà clients de ses outils d’analyse de données [1].
Foxconn implante une usine de modules photovoltaïques
Foxconn, géant taïwanais de l’électronique, investit 800 millions d’euros dans une usine de modules solaires en Auvergne-Rhône-Alpes. Le site, qui emploiera 600 personnes, fabriquera 2 GW de panneaux par an à partir de 2028. La production vise le marché français et européen, avec un objectif de conformité aux critères du règlement Net-Zero Industry Act [1].
L’usine s’appuiera sur du silicium fourni par Eramet et Ferropem, deux acteurs français du secteur. Foxconn bénéficie d’une subvention de 200 millions d’euros dans le cadre du Fonds européen pour la résilience. L’entreprise emploie déjà 1,2 million de personnes dans le monde, principalement en Asie.
| Entreprise | Montant (M€) | Secteur | Emplois prévus |
|---|---|---|---|
| SoftBank | 2 000 | IA / Data centers | 600 |
| Ardian | 2 000 | Nucléaire (Framatome) | — |
| Nebius | 1 000 | Cloud européen | 200 |
| Foxconn | 800 | Photovoltaïque | 600 |
| Salesforce | 500 | IA générative | 300 |
| Databricks | 400 | Plateforme de données | 500 |
Source : Sommet Choose France 2026
Une dynamique contrastée selon les secteurs
Les investissements annoncés se concentrent sur trois filières : l’intelligence artificielle (5 milliards), l’énergie (3,5 milliards) et le nucléaire (2 milliards). Le reste se répartit entre la santé, la chimie verte et l’aéronautique. En revanche, le secteur automobile reste absent des annonces 2026, alors qu’il avait mobilisé 2 milliards en 2025 avec Stellantis et Renault [1].
La répartition géographique privilégie l’Île-de-France (40 % des montants), Auvergne-Rhône-Alpes (25 %) et le Grand Est (15 %). Les Hauts-de-France et la Bretagne, qui avaient capté 30 % des investissements en 2025, reculent cette année. Le gouvernement promet de nouvelles mesures d’attractivité pour les régions industrielles traditionnelles.
Des engagements à concrétiser dans les 24 mois
Le sommet impose un délai de réalisation : chaque projet doit franchir l’étape de l’investissement effectif sous 24 mois. En 2024, 85 % des annonces de Choose France avaient été converties en dépenses réelles. Le gouvernement surveille les 15 milliards de 2026 via un comité de suivi trimestriel, piloté par Business France et la Direction générale des entreprises [1].
Les incitations fiscales restent déterminantes. Le crédit d’impôt recherche, ramené à 25 % en 2025, remonte à 30 % pour les dépenses liées à l’IA et à la décarbonation. Les aides à l’implantation, plafonnées à 15 % de l’investissement initial, s’élèvent à 20 % pour les sites en zone de revitalisation rurale. Ces dispositifs coûtent 1,8 milliard d’euros au budget 2026, contre 1,2 milliard en 2025.
Choose France 2026 : les chiffres à retenir
- SoftBank investit 2 milliards d'euros dans deux centres de données IA en Île-de-France et Grand Est, opérationnels en 2027-2028.
- Ardian entre au capital de Framatome à hauteur de 25 % pour 2 milliards, visant l'export de SMR français.
- Foxconn ouvre une usine de modules solaires en Auvergne-Rhône-Alpes : 2 GW/an, 600 emplois dès 2028.
- Databricks implante un centre d'ingénierie à Toulouse avec 500 emplois prévus en 2030.
- 85 % des annonces Choose France 2024 ont été converties en investissements effectifs sous 24 mois.
- Le crédit d'impôt recherche remonte à 30 % pour l'IA et la décarbonation en 2026.