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1 300 start-up et 20 000 emplois : la région lyonnaise dévoile enfin ses chiffres

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France Digitale recense pour la première fois l’écosystème start-up d’Auvergne-Rhône-Alpes : 1 311 entreprises, plus de 20 000 emplois directs, 7 milliards d’euros levés depuis 2010.

Maya Noël, directrice générale de France Digitale, l’admet sans détour : « Nous avions du mal à trouver des chiffres concrets au-delà des simples montants levés ou des effectifs. » Trois ans après l’ouverture d’un bureau à Lyon, l’association (qui regroupe la première communauté de start-up et d’investisseurs en Europe) publie ce mardi 30 juin son premier mapping régional. Objectif : répondre à la demande des fonds d’investissement et des partenaires industriels locaux qui réclamaient une vision précise d’un écosystème où « il se passe beaucoup de choses ».

Le résultat surprend par son ampleur. Le baromètre recense 1 311 jeunes pousses créées depuis 2010 et encore en activité, employant directement plus de 20 000 personnes. Huit start-up sur dix affichent un compte d’exploitation positif. France Digitale en tire une conclusion nette : « La Région s’impose comme un terreau fertile et l’un des plus efficaces en France pour faire grandir l’innovation. »

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En chiffres
1 311
start-up recensées
créées depuis 2010, encore actives
20 000
emplois directs
générés par l'écosystème régional
7 Mds €
levés depuis 2010
par les start-up d'Auvergne-Rhône-Alpes
80 %
de start-up rentables
taux supérieur à la moyenne nationale
16 %
dans la santé
premier secteur de l'écosystème

Santé, industrie et données : trois piliers sectoriels

L’écosystème se structure autour de quelques filières fortes. La santé représente 16 % des start-up recensées, l’industrie 11 %, les technologies de la donnée et du cloud 8 %, l’énergie également 8 %. Les biotechnologies et les deeptechs tirent parti du triptyque université-recherche-entreprise, particulièrement actif à Grenoble et Lyon. Diabeloop, une des pépites régionales, a ainsi intégré le programme French Tech 120 en 2020, un dispositif d’accompagnement renforcé destiné aux entreprises en hypercroissance.

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Écosystème start-up Auvergne-Rhône-Alpes (depuis 2010)
Indicateur Valeur
Nombre de start-up 1 311
Emplois directs + 20 000
Montants levés (cumul depuis 2010) 7 milliards €
Part de start-up rentables 80 %
Poids du secteur santé 16 %
Poids du secteur industrie 11 %
Poids des technologies data & cloud 8 %
Poids de l’énergie 8 %

Source : Le Dauphiné Libéré

Le baromètre pourrait être reconduit tous les deux ans. France Digitale entend suivre l’évolution d’un tissu qu’elle juge « très favorable à l’essor des deeptechs ». Le document offre aussi une première cartographie par ville, permettant d’identifier les pôles locaux de concentration et les dynamiques territoriales à l’œuvre.

Des levées de fonds à 7 milliards, mais des écarts persistants

Sept milliards d’euros levés en quinze ans : le chiffre témoigne d’une capacité d’attraction réelle. Mais il masque des inégalités. Certaines start-up captent des tickets importants tandis que d’autres peinent à franchir les étapes suivantes. Les fonds locaux et les investisseurs industriels jouent un rôle clé dans l’accompagnement, mais l’internationalisation reste un enjeu majeur pour les entreprises régionales. Beaucoup demeurent concentrées sur le marché français ou européen, avec des ambitions mondiales encore limitées.

L’écosystème régional bénéficie du concours Tech for Future, organisé par La Tribune et BFM Business. Cette compétition nationale, qui en est à sa 14e édition en 2026, avait révélé des noms devenus familiers : Doctolib, Dataiku, Exotec, Leetchi, ManoMano. La sélection lyonnaise de février 2026 a couronné six innovations issues des régions Auvergne-Rhône-Alpes, Grand-Est et Bourgogne-Franche-Comté, parmi 26 candidats. Les lauréats se sont affrontés ensuite à Paris devant un jury national pour décrocher un prix par catégorie : Data & IA, Environnement & Énergie, Impact, Industrie, Santé, Start, et un prix spécial Souveraineté.

Pourquoi la région lyonnaise compte dans la tech française

Poids économique confirmé
Avec 1 311 start-up et 20 000 emplois, Auvergne-Rhône-Alpes s'impose comme un écosystème majeur de l'innovation française. Le taux de rentabilité de 80 % dépasse la moyenne nationale.
Secteurs stratégiques
Santé (16 %), industrie (11 %), data et cloud (8 %), énergie (8 %) : la région concentre des filières clés pour la souveraineté technologique européenne.
7 milliards levés, inégalement répartis
Le montant cumulé depuis 2010 témoigne d'une capacité d'attraction forte, mais certaines start-up peinent encore à passer les étapes de croissance et à s'internationaliser.
Triptyque université-recherche-entreprise
La proximité avec les laboratoires et les grandes écoles favorise l'essor des deeptechs. Grenoble et Lyon structurent cet écosystème autour de l'innovation appliquée.
Cartographie inédite par ville
France Digitale livre un mapping territorial détaillé, outil stratégique pour les fonds d'investissement et les partenaires industriels qui réclamaient une vision précise.

Maturité et souveraineté : deux priorités pour 2026

La souveraineté numérique s’est imposée comme une priorité du concours. L’édition 2026 valorise les innovations dans des domaines stratégiques (intelligence artificielle, énergie, santé, industrie) où la France et l’Europe cherchent à réduire leur dépendance technologique. Le jury, composé de journalistes de La Tribune et BFM Business, de représentants de BNP Paribas, France Digitale, Wojo, Arkea Crédit Mutuel, CleanTech Open France, de la Mission French Tech, OnePoint et Orange, a retenu 30 pépites sur l’ensemble du territoire français, parmi plus de 900 candidats.

Six start-up ont été primées à Lyon en février 2026 : Private Discuss, Alternative Innovation, Evelity, Capillum, DiaDeep et Elecsyor. Elles représentent des secteurs variés, de la protection des données à la santé connectée, en passant par l’aide au handicap et l’industrie décarbonée. Ces profils illustrent la diversité de l’écosystème régional et sa capacité à produire des innovations à fort impact sociétal ou industriel.

Un écosystème qui résiste au climat morose

Malgré les tensions sur les financements et un contexte économique incertain, les start-up d’Auvergne-Rhône-Alpes tiennent leurs positions. Le taux de rentabilité de 80 % contraste avec la fragilité observée dans d’autres régions ou secteurs. La proximité avec les laboratoires de recherche, les grandes écoles d’ingénieurs et les acteurs industriels historiques (pharmaceutique, mécanique, énergie) crée un terreau favorable à l’innovation appliquée.

La French Tech in the Alps, réseau local structuré depuis plusieurs années, contribue à cette dynamique. Deux ans après une crise de financement, les chiffres confirment le poids des start-up alpines et leur montée en maturité. Les défis restent cependant nombreux : attirer des talents, accélérer l’internationalisation, passer les étapes de croissance sans diluer le capital ni perdre l’ancrage territorial.

France Digitale espère que ce premier baromètre régional servira de référence pour mesurer les évolutions à venir. En donnant une vision consolidée de l’écosystème, l’association entend aussi renforcer la visibilité des acteurs locaux auprès des investisseurs nationaux et internationaux. Le prochain mapping, attendu en 2028, dira si la dynamique se confirme ou si les écarts se creusent.

Écosystème start-up Auvergne-Rhône-Alpes : les chiffres 2026

  • France Digitale publie son premier baromètre régional Auvergne-Rhône-Alpes le 30 juin 2026
  • 1 311 start-up créées depuis 2010 emploient directement plus de 20 000 personnes
  • 7 milliards d'euros levés en quinze ans, 80 % des jeunes pousses affichent un résultat positif
  • La santé représente 16 % de l'écosystème, l'industrie 11 %, la data et le cloud 8 %
  • Le concours Tech for Future 2026 a couronné six innovations régionales en février
  • Le baromètre pourrait être reconduit tous les deux ans pour suivre les évolutions

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