Belem, spécialiste français de l’IA appliquée à l’assurance santé, lève 8 millions d’euros pour industrialiser son moteur d’automatisation destiné aux mutuelles et complémentaires.
La levée de fonds annoncée ce lundi 12 août place Belem dans le groupe des pépites françaises qui misent sur l’IA générative pour transformer un secteur encore largement manuel. La startup, fondée il y a trois ans, développe une plateforme qui automatise le traitement des sinistres, la vérification des garanties et la relation client des organismes complémentaires santé. Avec cette enveloppe de 8 millions d’euros menée par Breega et Ring Capital, elle compte accélérer son déploiement commercial et atteindre 100 mutuelles clientes d’ici fin 2027, contre une trentaine aujourd’hui.
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L’assurance santé reste un secteur sous-digitalisé. Les mutuelles traitent encore une large part des dossiers à la main : saisie des factures, vérification des droits, calcul des remboursements. Selon Belem, un dossier de remboursement mobilise en moyenne 12 minutes de temps gestionnaire. La startup promet de ramener ce délai sous les deux minutes grâce à son IA, qui lit les documents scannés, extrait les données médicales et croise les garanties contractuelles. L’algorithme s’appuie sur des modèles de langage entraînés sur des millions de factures de santé anonymisées.
Une IA entraînée sur 4 millions de factures de santé françaises
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Le moteur de Belem repose sur une combinaison de vision par ordinateur et de traitement du langage naturel. Il a été entraîné sur 4 millions de factures de santé françaises, ce qui lui permet de reconnaître aussi bien les feuilles de soins manuscrites que les formats dématérialisés des pharmacies ou des hôpitaux. La startup revendique un taux de précision de 97 % sur l’extraction des données de facturation, contre 92 % pour les solutions concurrentes basées sur de l’OCR classique.
L’outil ne se contente pas de lire : il applique les règles de remboursement propres à chaque contrat. Une garantie optique plafonnée à 150 euros par an, un ticket modérateur de 30 % sur les consultations spécialisées, une franchise annuelle de 50 euros : autant de paramètres que le système intègre en temps réel. Les gestionnaires de mutuelles conservent un droit de regard sur les dossiers complexes, mais la majorité des remboursements standards s’exécutent sans intervention humaine.
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Belem compte parmi ses clients historiques la mutuelle Harmonie Mutuelle, le groupe Vyv et plusieurs complémentaires régionales. Ces organismes traitent chacun plusieurs centaines de milliers de dossiers par an. La startup facture un abonnement mensuel calculé selon le volume de sinistres traités, avec un ticket d’entrée autour de 5 000 euros par mois pour une mutuelle de taille moyenne.
| Entreprise | Spécialité | Levée cumulée | Clients annoncés |
|---|---|---|---|
| Belem | Automatisation sinistres santé | 12 M€ | ~30 mutuelles |
| Shift Technology | Détection fraude (IARD) | 320 M€ | 90 assureurs |
| Akur8 | Tarification actuarielle | 48 M€ | 60 assureurs |
| Zelros | Souscription automatisée | 22 M€ | Non communiqué |
Données 2026, sources diverses
L’accélération commerciale en Europe, cible 2027
Les 8 millions d’euros serviront d’abord à étoffer l’équipe tech : Belem prévoit une vingtaine de recrutements d’ici fin 2026, principalement des ingénieurs en machine learning et des data scientists. La startup emploie actuellement 45 personnes, dont 30 dans la R&D. Elle compte également ouvrir un bureau à Bruxelles pour attaquer le marché belge et néerlandais, où les mutuelles santé fonctionnent sur des logiques contractuelles proches du système français.
Le déploiement à l’international pose néanmoins des défis réglementaires. Chaque pays impose ses propres règles de remboursement, ses nomenclatures médicales et ses exigences en matière de protection des données de santé. Belem devra adapter ses modèles pays par pays, ce qui ralentit la scalabilité. La startup mise sur des partenariats avec des éditeurs de logiciels d’assurance déjà implantés en Europe pour accélérer la distribution.
En France, la concurrence vient moins des startups que des éditeurs historiques de logiciels métier pour mutuelles, comme Inetum ou Sopra Steria, qui intègrent progressivement des briques d’IA dans leurs suites. Ces acteurs disposent d’une base installée large et d’une connaissance fine des contraintes opérationnelles des assureurs. Belem mise sur sa spécialisation exclusive dans l’IA et sur sa capacité à itérer rapidement pour conserver son avance technologique.
Pourquoi l'automatisation reste partielle
Les limites de l’automatisation : reste humain obligatoire sur 15 % des dossiers
Malgré un taux de précision élevé, l’IA de Belem bute encore sur certains cas limites. Les factures manuscrites mal scannées, les pathologies rares non référencées dans les bases de données, les litiges sur les plafonds de garantie : autant de situations qui nécessitent une vérification manuelle. La startup estime que 15 % des dossiers traités remontent encore vers un gestionnaire humain. Ce taux est en baisse : il atteignait 22 % il y a un an.
L’autre limite tient à la gestion du consentement des assurés. Le RGPD impose une information claire sur l’usage de l’IA dans le traitement des données de santé. Certaines mutuelles clientes de Belem ont mis en place un système d’opt-in : l’assuré peut choisir que son dossier soit traité uniquement par un humain. Ce droit ralentit l’automatisation complète, même si moins de 3 % des assurés le demandent en pratique.
Belem travaille également sur l’extension de son IA à d’autres segments : prévoyance, dépendance, garanties obsèques. Ces marchés présentent des volumétries plus faibles mais des marges plus élevées. La startup explore aussi l’automatisation de la relation client : un chatbot capable de répondre aux questions des assurés sur leurs garanties, leurs remboursements en cours ou les démarches à suivre. Ce module devrait être disponible en version bêta au deuxième trimestre 2027.
Avec cette levée, Belem rejoint le club des scale-ups françaises de l’IA sectorielle, aux côtés de Shift Technology dans la détection de fraude ou d’Akur8 dans la tarification. Ces trois acteurs partagent un positionnement commun : ils ne cherchent pas à remplacer les assureurs, mais à leur vendre une infrastructure d’automatisation qui améliore leurs marges opérationnelles. Un modèle B2B classique, moins spectaculaire que l’IA générative grand public, mais qui génère du chiffre d’affaires récurrent et des taux de rétention clients supérieurs à 90 %.
IA assurance santé : ce que fait Belem
- Belem lève 8 millions d'euros pour industrialiser son IA d'automatisation des sinistres santé.
- La startup revendique 97 % de précision sur l'extraction de données de facturation, contre 92 % pour l'OCR classique.
- Elle vise 100 mutuelles clientes d'ici fin 2027, contre une trentaine actuellement.
- 4 millions de factures de santé françaises ont servi à entraîner le moteur d'IA.
- 15 % des dossiers nécessitent encore une intervention humaine pour validation.
- Belem prévoit 20 recrutements tech d'ici fin 2026 et l'ouverture d'un bureau à Bruxelles.
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