IndustrielEntreprisesGravelines à l'arrêt : plusieurs tonnes de méduses paralysent trois réacteurs d'EDF

Gravelines à l’arrêt : plusieurs tonnes de méduses paralysent trois réacteurs d’EDF

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La centrale nucléaire de Gravelines, la plus grande d’Europe occidentale, a arrêté trois de ses six réacteurs mardi 11 août. En cause : plusieurs tonnes de méduses qui ont colmaté les stations de pompage d’eau de mer.

Les méduses se sont engouffrées dans les circuits de refroidissement jusqu’à bloquer les tambours filtrants, a confirmé une porte-parole d’EDF à l’AFP. Les réacteurs 2, 3 et 4 ont été mis à l’arrêt. Le réacteur 1 tourne à mi-puissance. Seul le numéro 6 fonctionne à plein régime, le 5 étant déjà en maintenance programmée.

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EDF assure que l’incident n’a aucune conséquence sur la sûreté des installations, la sécurité du personnel ou l’environnement. Mais le précédent inquiète : exactement un an plus tôt, quatre réacteurs s’étaient automatiquement arrêtés pour la même raison. Le redémarrage avait pris du temps.

Surveillance renforcée et pêche continue en mer

Depuis cette alerte de 2025, EDF a déployé un dispositif de surveillance. Des caméras scrutent en continu les tambours filtrants et le canal d’amenée depuis la salle de commande. En mer, l’électricien s’est associé à France Pêche Durable et Responsable et aux sauveteurs de la SNSM pour assurer une surveillance visuelle quotidienne.

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Samedi dernier, quelques dizaines de kilos de méduses avaient été détectées aux abords de la centrale. La situation s’est rapidement dégradée. Trois bateaux de pêche tournent désormais 24 heures sur 24 pour capturer les méduses et les rejeter plus au large, entre la France et l’Angleterre, dans un courant spécifique.

La présence de méduses sur le littoral du nord de la France est régulière et saisonnière, notamment en août, rappelle Dominique Mallevoy, responsable aquariologie au centre national de la mer Nausicaá à Boulogne-sur-Mer. Leur apparition en bancs dépend de plusieurs facteurs influencés par le réchauffement climatique, en particulier la hausse de la température de l’eau qui favorise leur développement. De nouveaux pics sont certainement à prévoir.

Un parc nucléaire sous pression climatique

Si ces aléas devaient se répéter, EDF devra installer des barrières plus importantes, estime Emmanuelle Galichet, enseignante-chercheure en sciences et technologies nucléaires au Cnam.

L’incident de Gravelines intervient alors que le parc nucléaire français a atteint dimanche un record d’indisponibilités liées à la sécheresse et aux canicules : 15,6 % de capacité de production manquante. Jamais autant de puissance n’avait fait défaut en raison des restrictions visant à protéger la faune et la flore des cours d’eau utilisés pour le refroidissement.

Ces perturbations ont réduit la production nucléaire d’EDF d’environ 3 % en juin et 6 % en juillet. Pour Greenpeace, l’épisode souligne l’inadaptabilité des centrales aux conséquences du dérèglement climatique. EDF, de son côté, assure disposer de suffisamment de marge pour assurer l’approvisionnement électrique.

Rédactrice chez Industriel.net
Sophie Berlu suit les évolutions des filières industrielles, des marchés de l'énergie et des innovations qui accompagnent la transformation des entreprises. Elle met en perspective les enjeux économiques, technologiques et environnementaux à travers des contenus documentés et accessibles. Pour enrichir ses recherches et optimiser la qualité de ses articles, elle s'appuie sur l'intelligence artificielle, tout en réalisant une relecture, une vérification des informations et une validation éditoriale avant chaque publication.
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