Le gouvernement vient de dévoiler la nouvelle promotion du programme Next40/French Tech 120, qui regroupe les 120 start-up françaises jugées les plus prometteuses : elles pèsent désormais 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulé.
Les chiffres donnent le vertige. Les 120 entreprises sélectionnées dans l’édition 2025 du palmarès Next40/French Tech 120 ont totalisé l’année dernière plus de 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Elles emploient 42 000 personnes dans le monde, dont 29 000 sur le territoire français. Le label, lancé en 2019 par la Mission French Tech, vise à faire émerger des champions technologiques capables de rivaliser avec les géants internationaux. Et la liste dévoilée cette semaine confirme que l’écosystème tricolore mise massivement sur deux paris : la transition écologique et l’intelligence artificielle.
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Autre signal fort : 97 % des sociétés du palmarès recourent à l’IA dans leurs opérations quotidiennes. Un taux qui dépasse toutes les attentes et place la France dans le peloton de tête européen sur l’intégration opérationnelle de ces technologies. Electra, active dans la recharge de véhicules électriques, s’en sert par exemple pour optimiser le déploiement et la gestion de ses bornes. Le gouvernement y voit un levier de compétitivité décisif face aux acteurs américains et chinois.
| Secteur | Nombre de start-up |
|---|---|
| Green tech | 29 |
| Finance | 22 |
| E-commerce | 16 |
| Numérique | 15 |
| Autres secteurs | 38 |
Source : Mission French Tech, édition 2025
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La green tech garde la tête, malgré les turbulences du financement
Premier constat : la transition écologique reste le secteur le plus représenté, avec 29 sociétés labellisées. Une position qui ne doit rien au hasard. Malgré les tensions sur le financement européen et le ralentissement des levées de fonds observé en 2024 et 2025, les investisseurs continuent de miser sur les cleantech françaises. La Mission French Tech y voit « la résilience du secteur et la confiance préservée des clients et des investisseurs ».
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Les acteurs de la finance arrivent juste derrière, avec 22 places. Les fintechs tricolores s’appuient de plus en plus sur l’IA pour automatiser le conseil patrimonial, détecter la fraude ou personnaliser les offres de crédit. L’e-commerce (16 représentants) et le numérique au sens large (15) complètent le podium. Mais c’est surtout la montée en puissance de la deeptech qui retient l’attention des observateurs.
Un quart de deeptech, avec trois entrées remarquées
Près d’un quart des entreprises du palmarès 2025 relèvent de la deeptech, cette catégorie qui regroupe les innovations de rupture issues de la recherche fondamentale. Le gouvernement les considère comme stratégiques pour la souveraineté technologique, économique et industrielle du pays. Clara Chappaz, secrétaire d’État au Numérique, a salué « les entrées remarquables » de trois sociétés en particulier : H, spécialisée dans l’intelligence artificielle, Alice&Bob, qui travaille sur l’informatique quantique, et Sekoia, active en cybersécurité.
Ces trois noms incarnent les priorités françaises pour les années à venir. H développe des modèles d’IA générative souverains, un enjeu central alors que les laboratoires américains (OpenAI, Anthropic) et chinois dominent encore largement le marché. Alice&Bob poursuit ses recherches sur les qubits topologiques, une architecture prometteuse pour construire des ordinateurs quantiques plus stables. Sekoia, de son côté, répond à la demande croissante des entreprises et administrations en matière de détection et réponse aux cyberattaques.
Le programme Next40/French Tech 120 ne se contente pas de mettre en avant des réussites. Il offre aussi un accompagnement sur mesure : accès aux marchés publics, mise en relation avec des grands groupes, présence renforcée à l’international. L’objectif : transformer ces pépites en licornes (valorisation supérieure à 1 milliard de dollars) d’ici trois à cinq ans. La France en compte déjà 27, contre 6 en 2019.
Pourquoi ce palmarès compte pour l'écosystème
10 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulé, un marqueur de maturité
Le seuil symbolique des 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulé marque un tournant. Il témoigne de la montée en puissance commerciale de l’écosystème français, longtemps critiqué pour sa capacité limitée à passer à l’échelle. Les 42 000 emplois créés dans le monde, dont 29 000 en France, constituent un autre indicateur de cette maturité. Les start-up du palmarès ne sont plus des structures de quelques dizaines de personnes : elles deviennent des employeurs significatifs, capables de structurer des filières entières.
Reste que le chemin vers la rentabilité demeure long pour nombre d’entre elles. Beaucoup brûlent encore du cash pour financer leur croissance, et dépendent de tours de table réguliers. Le contexte macroéconomique de 2025 et 2026, marqué par des taux d’intérêt élevés et une frilosité relative des fonds américains, oblige à une gestion plus rigoureuse. Mais le signal envoyé par le palmarès reste positif : la France dispose d’un vivier de champions potentiels, dont plusieurs pourraient rivaliser avec les leaders mondiaux d’ici la fin de la décennie.
Le rendez-vous est pris pour l’édition 2026, qui dira si ces 120 sociétés ont tenu leurs promesses de croissance et de création d’emplois. D’ici là, elles auront à prouver que l’adoption massive de l’IA et l’ancrage dans la greentech suffisent à construire des modèles économiques solides, capables de traverser les cycles.
Next40/French Tech 2025 : les chiffres du palmarès
- 120 start-up françaises sélectionnées dans l'édition 2025 du Next40/French Tech 120
- 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires cumulé en 2024, 42 000 emplois dans le monde
- 97 % des entreprises du palmarès recourent à l'intelligence artificielle
- La green tech reste le secteur le plus représenté, avec 29 sociétés labellisées
- Près d'un quart des start-up relèvent de la deeptech (IA, quantique, cybersécurité)
- Trois entrées remarquées : H (IA), Alice&Bob (quantique), Sekoia (cybersécurité)
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