Le livret A va financer le programme EPR 2. L’Élysée a confirmé le 12 mars que l’État empruntera au fonds d’épargne de la Caisse des dépôts pour couvrir 60 % du coût total.
« Le prêt bonifié de l’État accordé au programme EPR 2 pour 60 % du montant total du programme sera financé par le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts », a annoncé la présidence dans un communiqué. En 2025, 83 % de la population détenait un livret. Mais la cote du produit d’épargne préféré des Français a plongé depuis la baisse de son taux d’intérêt.
4,6 milliards levés au S1 2026, mais seule l’IA décroche des fonds
Sur le chantier de la future centrale de Penly, en Seine-Maritime, Emmanuel Macron s’est adressé aux salariés : « Vous participez au chantier du siècle ! » Mille ouvriers ont déjà commencé les travaux. Le premier EPR 2 devrait entrer en service en 2038, rapportent Les Échos.
« Ces dix dernières années, collectivement, avec la grande famille du nucléaire, on a réparé la filière, on a investi, on a augmenté notre sûreté, on a renforcé notre recherche, on a su aller au bout de Flamanville », a ajouté le président français.
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59,5 % de l’épargne réglementée sous gestion CDC
Le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts gère 59,5 % de l’épargne réglementée des Français. Il centralise les dépôts du livret A, du livret de développement durable et solidaire et du livret d’épargne populaire. Selon franceinfo, l’enveloppe atteint environ 400 milliards d’euros.[2]
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La moitié est réservée à des prêts de long terme pour les logements sociaux et la politique de la ville. L’autre moitié est investie dans des titres de dette et dans des actions de sociétés cotées.
| Affectation | Montant estimé |
|---|---|
| Prêts logement social et politique de la ville | ~200 Mds € |
| Titres de dette et actions cotées | ~200 Mds € |
| Total géré (59,5 % épargne réglementée) | ~400 Mds € |
Source : franceinfo
Six réacteurs d’ici 2038, décision finale fin 2026
Le programme EPR 2 vise à construire six nouveaux réacteurs de forte puissance. Trois sites ont été retenus : Penly, Gravelines dans le Nord et Bugey dans l’Ain. La décision finale d’investissement est attendue à la fin de l’année 2026.
Ces nouveaux réacteurs doivent prendre le relais des centrales existantes. Mais leur faiblesse de consommation électrique et leur coût sont moins rentables, estime la Cour des comptes. Le programme divise.
Pourquoi ce financement fait débat
La filière nucléaire reconstruite après dix ans de travaux
Emmanuel Macron a insisté sur la reconquête de la filière. Flamanville 3, mis en service après des années de retard et de surcoûts, symbolise cette étape. La recherche a été renforcée, la sûreté augmentée, les investissements relancés.
Penly marque la reprise de la construction de réacteurs neufs en France, une première depuis des décennies. Mille ouvriers sur place, des effectifs qui devraient croître au fil des phases de chantier.
Le recours au fonds d’épargne de la CDC, qui finance déjà le logement social et la ville, étend désormais son périmètre à la souveraineté énergétique. Une manière de mobiliser l’épargne nationale sans passer par la dette directe de l’État ni par les marchés.
EPR 2 et livret A : les points clés
- L'Élysée annonce le 12 mars que 60 % du programme EPR 2 sera financé par prêt bonifié État via le fonds d'épargne CDC
- Le fonds d'épargne CDC gère 59,5 % de l'épargne réglementée, soit environ 400 milliards d'euros
- Six nouveaux réacteurs prévus à Penly, Gravelines et Bugey, décision finale d'investissement fin 2026
- Mille ouvriers déjà sur le chantier de Penly, premier EPR 2 attendu en 2038
- La Cour des comptes estime que la faiblesse de consommation électrique et le coût des EPR 2 sont moins rentables