Airbus et le motoriste allemand MTU Aero Engines s’associent dans une coentreprise dédiée à la conception et à la commercialisation d’un moteur entièrement électrique alimenté par pile à combustible à hydrogène, avec un démarrage prévu en 2027.
L’annonce, faite mardi soir, scelle un partenariat entre deux acteurs aux compétences complémentaires. Airbus apporte sa maîtrise des programmes d’avions commerciaux, son expertise en propulsion par pile à combustible et sa connaissance de l’hydrogène liquide. MTU, de son côté, met sur la table plusieurs années de travaux sur la technologie des piles à combustible, ainsi que son savoir-faire en conception, intégration, validation et certification de moteurs. Le motoriste allemand dispose également d’une expérience reconnue en maintenance.
La nouvelle structure devrait démarrer ses activités courant 2027. Aucun détail sur la répartition du capital ni sur l’implantation géographique n’a été communiqué à ce stade. Les deux partenaires entendent miser sur la complémentarité de leurs expertises pour accélérer la mise au point d’une chaîne propulsive viable à moyen terme.
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Un écosystème hydrogène qui tarde à décoller
La décision intervient dans un contexte où Airbus a publiquement reconnu que les progrès vers l’avion à hydrogène s’avéraient « plus lents que prévu ». L’avionneur avait initialement annoncé viser la mise en service d’un appareil commercial à hydrogène d’ici 2035. Mais le déploiement de l’infrastructure nécessaire, en particulier la production d’hydrogène vert à grande échelle et les stations de ravitaillement, accumule les retards.
Le groupe européen a pourtant maintenu son ambition. « Nous sommes déterminés à atteindre notre objectif de mettre sur le marché un avion à hydrogène commercialement viable », a déclaré un porte-parole, tout en admettant que les projets devaient être ajustés « en fonction de la maturité de l’écosystème et des technologies ». Le vol d’essai d’un A380 équipé d’un cinquième réacteur à hydrogène, annoncé pour 2026, a été annulé selon plusieurs sources [5].
Un pari sur l’électrique face aux contraintes du cryogénique
L’approche retenue avec MTU s’appuie sur une motorisation entièrement électrique couplée à une pile à combustible, une voie distincte de la combustion directe d’hydrogène dans un turboréacteur. Cette technologie nécessite toujours de l’hydrogène liquéfié à -253 °C, stocké dans des réservoirs cryogéniques qui occupent quatre fois plus de volume que ceux de kérosène [5]. Mais elle offre l’avantage de convertir l’hydrogène en électricité à bord, alimentant directement des moteurs électriques.
MTU travaille par ailleurs sur d’autres projets hybrides. Le motoriste allemand pilote notamment le programme Switch, lancé fin 2022 avec Pratt & Whitney, Collins Aerospace, Airbus et GKN Aerospace sous l’égide de Clean Aviation. Ce turboréacteur hybride combine injection d’eau et propulsion électrique pour réduire de 25 % la consommation par rapport aux moteurs actuels [4]. Le partenariat annoncé en juin 2025 au Bourget entre Airbus et MTU, formalisé par un protocole d’accord, préfigurait déjà cette coentreprise [2].
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L’enjeu pour Airbus reste de concrétiser une solution technologique avant que Boeing ou d’autres concurrents ne prennent l’avantage sur le segment de l’aviation décarbonée. La fenêtre de tir se rétrécit, et la disponibilité d’un hydrogène vert en quantité suffisante demeure le maillon faible de toute la chaîne.
Sources
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