BMW annonce une chute de ses résultats, Volkswagen prépare 100 000 suppressions d’emplois. Les champions de l’automobile du CAC 40 traversent une zone de turbulences.
Les résultats annuels 2025 des fleurons du CAC 40 débutent dans un contexte tendu. LVMH ouvre la saison ce mardi, suivi par Eurofins, Sanofi et STMicroelectronics cette semaine. Thales fermera le bal début mars. Mais c’est l’automobile qui cristallise les inquiétudes : entre guerre commerciale, chute du dollar face à l’euro et ralentissement chinois, les constructeurs européens accusent le coup.
L’année 2025 s’est scindée en deux temps. Un premier semestre catastrophique avec un recul de 6 % des chiffres d’affaires cumulés et une chute de 30 % des profits pour les géants français de l’industrie, du luxe et de la finance. Le troisième trimestre a marqué un timide rebond. Les investisseurs tablent désormais sur un redressement en 2026, mais les signaux restent contradictoires.
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BMW plie sous le poids de la Chine
Le 16 juin, BMW a lâché un pavé dans la mare en annonçant une « forte baisse » de ses résultats et des mesures d’économies drastiques. Le constructeur bavarois a abaissé ses prévisions de marge opérationnelle pour l’ensemble de l’exercice 2026. En cause : l’effondrement du marché chinois et les tensions au Moyen-Orient qui pèsent sur les livraisons [2].
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C’est le troisième avertissement sur résultats en deux ans. Les marchés financiers commencent à perdre patience. Pour redresser la situation en Chine, BMW ne pourra pas se contenter de serrer les boulons sur les coûts. Le groupe doit repenser sa stratégie produit face à des concurrents locaux ultra-compétitifs.
Les exportations chinoises de voitures électriques atteignent des sommets : au rythme actuel, la Chine pourrait exporter entre 10 et 12 millions de véhicules en 2026, contre 7 millions l’année dernière [2]. Les constructeurs chinois misent tout sur l’international pour compenser la baisse des ventes à domicile. Cette offensive déstabilise les équilibres européens.
Le 26 juin, la presse allemande révélait que Volkswagen pourrait doubler les suppressions de postes prévues, portant le total à 100 000 emplois éliminés. Quatre usines seraient dans le viseur outre-Rhin. Les syndicats montent déjà au créneau face à cette restructuration radicale qui suscite un vif émoi en Allemagne [2].
Cette purge témoigne de l’ampleur du défi. Le géant de Wolfsburg tente de rattraper son retard sur l’électrique tout en digérant des surcapacités industrielles héritées de l’ère thermique. La transition coûte des dizaines de milliards d’euros, dans un contexte où les ventes peinent à suivre en Europe.
L’incertitude politique n’arrange rien. Le secteur automobile scrute les prochaines élections européennes : selon un dirigeant d’une entreprise mondialisée, la question se pose crûment entre « populistes climatosceptiques » et « progressistes dogmatiques ». Si le Parlement glisse vers les premiers, l’objectif de 100 % de véhicules neufs électriques en 2035 pourrait sauter, alors que l’industrie dépense massivement pour cette transition. Si l’autre camp l’emporte, les dangers concurrentiels des marques chinoises risquent d’être négligés. La clause de revoyure de 2026 sera déterminante [3].
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Michelin ferme aux États-Unis et serre la vis
Même les équipementiers resserrent les boulons. Le 26 juin, Michelin annonçait la fermeture d’une usine aux États-Unis et le regroupement de sa production BFGoodrich sur un seul site. Le groupe provisionne plus de 200 millions d’euros pour cette opération [2].
Les pneus chinois sont également dans le collimateur de Bruxelles. La Commission européenne pourrait bientôt instaurer des droits de douane sur les pneumatiques en provenance de Chine, qui inondent le marché européen à des prix jugés déloyaux [2]. Après les voitures électriques, c’est une nouvelle salve protectionniste qui se dessine.
De rares champions de la croissance
Au milieu du marasme, quelques pépites françaises tirent leur épingle du jeu. Le classement des Champions de la croissance 2026 dans l’automobile, établi par Les Échos et Statista entre 2021 et 2024, compte quatre entreprises. En tête : Toosla, société parisienne fondée en 2016 qui propose de la location courte durée digitale, avec 37,20 % de taux de croissance annuel moyen. Ses effectifs ont plus que doublé, passant de 10 salariés en 2021 à 25 en 2024 [1].
Mais même Toosla a marqué un léger recul en 2025, victime d’une conjoncture difficile qui l’a contrainte à changer de modèle de financement. L’objectif : tripler sa flotte pour dépasser 1 600 véhicules, dont deux tiers exploités par des partenaires [1].
Ces trajectoires restent anecdotiques face au poids des géants. Les résultats à venir des mastodontes du CAC 40 diront si la reprise du troisième trimestre 2025 s’est confirmée ou si 2026 s’annonce comme une nouvelle année de vaches maigres. Pour l’automobile européenne, le compte à rebours est lancé.
Automobile CAC 40 : les chiffres de la crise
- BMW annonce une forte baisse de ses résultats 2026 et réduit sa marge opérationnelle
- Volkswagen pourrait supprimer 100 000 emplois et fermer quatre usines en Allemagne
- La Chine exporte entre 10 et 12 millions de véhicules en 2026, contre 7 millions en 2025
- Michelin ferme une usine aux États-Unis et provisionne plus de 200 millions d'euros
- Le CAC 40 a subi une chute de 30 % de ses profits au premier semestre 2025
- Bruxelles envisage des droits de douane sur les pneus chinois jugés déloyaux
Sources
3 sources · 8 faits sourcés
- Renault dévoile le Niagara, son pick-up de 4,94 m pour l’Amérique latine - 13 septembre 2026
- Le secteur automobile français licencie et ferme ses sites, 66 000 entreprises coulées en un an - 12 septembre 2026
- Alstom signe pour 1,2 milliard d’euros de trains électriques au Royaume-Uni - 11 septembre 2026