Le ministre de l’Industrie annonce de nouvelles fermetures dans l’automobile, Michelin supprime deux sites : la réindustrialisation promise en 2021 tourne court.
Le 8 novembre 2026, Marc Ferracci prévenait sur France Inter : de nouvelles « fermetures de sites dans les semaines et les mois à venir » se préparent. Le même jour, le ministre de l’Industrie se faisait huer à Cholet, sur l’un des deux sites Michelin qui vont fermer. Trois ans après le projet France 2030, censé réindustrialiser le pays, les licenciements s’enchaînent, les usines se vident et les défaillances d’entreprises battent des records. Dans l’automobile, la chute est brutale.
Une machine de soudage XXL modernisée pour 730 000 euros en Moselle
Marc Ferracci annonce de nouvelles fermetures, Michelin supprime deux sites
Le ministre de l’Industrie l’a confirmé mi-novembre : l’automobile va encore fermer des sites. Michelin vient de décider la suppression de deux usines, dont celle de Cholet. Le groupe du pneu invoque la concurrence chinoise, le recul des ventes et la lenteur de l’électrification. Les mêmes causes qui poussent l’ensemble du secteur à revoir ses effectifs à la baisse.
Alstom signe pour 1,2 milliard d’euros de trains électriques au Royaume-Uni
Ferracci a été copieusement hué lors de son déplacement sur place. Les salariés ont compris que les promesses de réindustrialisation affichées à l’automne 2021 ne pèsent plus lourd face à la réalité du marché. Le projet France 2030, porté par Emmanuel Macron et Bruno Le Maire, visait à ramener la production industrielle sur le territoire. Trois ans plus tard, les voyants sont au rouge.
66 000 défaillances d’entreprises en douze mois, un record
L’automobile ne souffre pas seule. Sur les douze derniers mois, 66 000 entreprises ont fait faillite en France. Un record. Beaucoup de petites structures disparaissent, emportant des emplois par milliers. Selon l’économiste Marc Touati, « les entreprises ont dû faire face à une augmentation des coûts de production, avec une baisse du pouvoir d’achat qui a cassé la consommation ».
The Exploration Company lève 450 millions de dollars, un record européen
L’inflation a étouffé les marges. Les taux d’intérêt ont grimpé. Et la crise politique actuelle décourage l’investissement. Marc Touati résume : « Il y a une conjonction d’évolutions qui fait que les entreprises ne peuvent plus, aujourd’hui, créer d’emplois. C’est même l’inverse, elles en détruisent, elles licencient. Nous sommes très, très loin de la réindustrialisation promise par messieurs Macron, Lemaire et tutti quanti. Malheureusement, c’est exactement l’inverse qui se produit. »
Pourquoi l'industrie automobile française se casse la figure
L’État au pied du mur, pas de filet de secours
L’exécutif ne peut plus jouer les pompiers. Le budget dérape, les dépenses publiques sont sous surveillance, et la pression fiscale bat déjà des records mondiaux. Marc Touati enfonce le clou : « Il y avait déjà une pression fiscale qui est la plus élevée du monde. Ça allait mal, quasiment pas de croissance… Alors, maintenant qu’on a encore augmenté les impôts, qu’on a une croissance qui est en train de s’effondrer et que l’on est au bord de la récession, ça ne peut pas aller mieux. »
L’État promet des moyens et des « solutions dignes » pour les salariés licenciés. Mais sur le terrain, les fermetures se multiplient et les plans sociaux s’empilent. La capacité de l’exécutif à redresser la barre paraît limitée.
Concurrence chinoise, coûts de production, demande en berne
Plusieurs facteurs expliquent la débâcle de l’automobile française. La concurrence chinoise, d’abord, qui produit à bas coûts et inonde les marchés européens de véhicules électriques compétitifs. Les constructeurs français peinent à rivaliser sur les prix, malgré les annonces de nouvelles gammes électriques.
L’inflation a ensuite dégradé le pouvoir d’achat des ménages, cassant la demande. Les ventes de voitures neuves ne repartent pas assez vite pour absorber les capacités de production. Enfin, l’électrification tarde. Les chaînes d’approvisionnement se tendent, les investissements se font attendre, et les industriels ne parviennent pas à basculer leurs usines au rythme espéré.
Le projet France 2030 face à la réalité
Annoncé en grande pompe à l’automne 2021, France 2030 devait ramener de l’activité sur le territoire et créer des emplois industriels. Les milliards promis devaient financer des projets dans l’automobile, la décarbonation, les batteries et l’hydrogène. Trois ans plus tard, les usines ferment, les sous-traitants disparaissent et le chômage menace.
Marc Touati parle d’une « récession » qui frappe le secteur « depuis deux ans ». Les défaillances d’entreprises grimpent, les embauches se tarissent, et la croissance tourne au ralenti. La situation actuelle contredit frontalement les déclarations d’Emmanuel Macron et de ses ministres.
Pour le moment, l’exécutif fait le dos rond. Les annonces se succèdent, les plans d’accompagnement sont présentés, mais les fermetures de sites continuent. L’automobile française va licencier, et le ministre de l’Industrie prévient que d’autres mauvaises nouvelles arrivent.
Automobile française 2026 : les chiffres de la débâcle
- Marc Ferracci annonce de nouvelles fermetures de sites dans l'automobile pour les semaines et mois à venir
- Michelin supprime deux usines, dont Cholet : concurrence chinoise, recul des ventes et lenteur de l'électrification
- 66 000 entreprises ont fait faillite en douze mois en France, un record
- Marc Touati : « Les entreprises ne peuvent plus créer d'emplois. C'est même l'inverse, elles en détruisent »
- L'État ne peut plus venir à la rescousse : budget à la dérive, pression fiscale record, croissance au ralenti
- Le secteur automobile français licencie et ferme ses sites, 66 000 entreprises coulées en un an - 12 septembre 2026
- Alstom signe pour 1,2 milliard d’euros de trains électriques au Royaume-Uni - 11 septembre 2026
- La Dacia Spring 2 arrive à 15 400 euros pour contrer BYD et Leapmotor - 10 septembre 2026