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Luxeuil redevient base nucléaire : 1,5 milliard pour accueillir le Rafale F5 et l’ASN4G

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La base aérienne 116 de Luxeuil-Saint-Sauveur redevient un site nucléaire stratégique. Un programme de modernisation de 1,5 milliard d’euros prépare l’arrivée de deux escadrons de Rafale F5 armés du futur missile hypersonique ASN4G.

Quinze ans après avoir perdu son statut de Base Aérienne à Vocation Nucléaire (BAVN), Luxeuil revient au premier plan de la dissuasion française. Entre 1966 et 2011, le site haut-saônois avait successivement accueilli les Mirage IV puis les Mirage 2000N porteurs de l’arme atomique. Le transfert des capacités vers Istres, dans les Bouches-du-Rhône, avait alors laissé planer un doute sur l’avenir du site. Ce doute est levé : le ministère des Armées engage une refonte complète des infrastructures pour installer deux escadrons de Rafale nouvelle génération.

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Le programme ne se limite pas à un rafraîchissement. Il s’agit de transformer Luxeuil en quatrième BAVN française, aux côtés de Saint-Dizier, Avord et Istres. Le calendrier fixe l’arrivée du premier escadron à 2032, le second quatre ans plus tard. À cette échéance, près de cinquante Rafale biplaces au standard F5 seront déployés sur la base. Les effectifs suivront : 2 000 militaires et civils contre environ 1 000 aujourd’hui. Le nombre de pilotes sera multiplié par quatre, et plusieurs centaines de mécaniciens viendront renforcer les équipes de maintenance.

En chiffres
1,5 Md€
Coût de modernisation de Luxeuil
Infrastructures, hangars, équipements Rafale F5
50
Rafale F5 biplaces prévus
Répartis en deux escadrons d'ici 2036
2035
Mise en service de l'ASN4G
Premier missile hypersonique stratégique français
Mach 5+
Vitesse du missile ASN4G
Contre Mach 3-4 pour l'ASMP-A actuel
x2
Doublement des effectifs
2 000 personnes en 2035 vs 1 000 aujourd'hui

L’ASN4G, missile hypersonique de la prochaine décennie

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La modernisation de Luxeuil répond à un objectif central : mettre en œuvre l’ASN4G, le futur missile de croisière stratégique développé par MBDA[2]. Cette arme remplacera l’ASMP-A, en service depuis 2009, et franchira le seuil hypersonique. Elle évoluera au-delà de Mach 5, soit plus de 6 100 km/h, avec des capacités de manœuvre conçues pour compliquer toute interception. L’ASMP-A, lui, vole autour de Mach 3 ou 4. La différence n’est pas seulement une question de vitesse : elle traduit une nouvelle génération de missiles capables de pénétrer les défenses antiaériennes les plus modernes.

Luxeuil sera la première base française à accueillir ce duo Rafale F5 et ASN4G, prévu pour 2035[1]. La France rejoindra ainsi un cercle restreint de nations capables de déployer des armes hypersoniques dans le cadre de leur stratégie nucléaire. Le président Emmanuel Macron avait effleuré le sujet lors d’une visite à Luxeuil en 2025, avant de confirmer la création de cette quatrième BAVN dans un discours prononcé en mars 2026[5].

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Les quatre bases aériennes à vocation nucléaire de la France
Base Département Rôle
Saint-Dizier Haute-Marne Escadrons 1/4 Gascogne et 2/4 Lafayette, stockage ASMP-A
Avord Cher Stockage missiles, accueil Rafale FAS en cas de dispersion
Istres-Le Tubé Bouches-du-Rhône Stockage missiles, accueil Rafale FAS en cas de dispersion
Luxeuil-Saint-Sauveur Haute-Saône Deux escadrons Rafale F5 + ASN4G à partir de 2035

Source : Air & Cosmos

Le Rafale F5, plateforme du combat collaboratif

Le missile ASN4G sera porté par le Rafale dans sa version F5, la plus avancée jamais conçue par Dassault Aviation. Cet appareil intégrera des capacités de combat collaboratif, notamment avec des drones, tout en restant adapté aux contraintes des missions nucléaires. Le standard F5 doit entrer en service dans les Forces Aériennes Stratégiques (FAS) à l’horizon 2035, exactement au moment où Luxeuil deviendra opérationnel comme BAVN.

Les Rafale actuellement en service dans les FAS, des modèles biplaces B, sont basés à Saint-Dizier et peuvent être dispersés vers Avord ou Istres selon le niveau de menace. Ils emportent aujourd’hui l’ASMP-A et disposent d’un armement air-air complet : missiles MICA IR et EM pour le combat rapproché, et Meteor pour les engagements à très longue portée, au-delà de 200 kilomètres. Ce dernier, entré en service en 2021, a été déployé pour la première fois en opération dès le 24 février 2022, quelques heures après le déclenchement de l’invasion russe de l’Ukraine, lorsque deux Rafale de Mont-de-Marsan ont sécurisé l’espace aérien polonais[1].

Pourquoi Luxeuil redevient une base nucléaire

Missile hypersonique ASN4G
Le futur missile stratégique de MBDA évoluera au-delà de Mach 5, contre Mach 3-4 pour l'ASMP-A actuel. Objectif : garantir la pénétration face aux défenses antiaériennes modernes.
Quatrième BAVN française
Luxeuil rejoint Saint-Dizier, Avord et Istres. Cette dispersion renforce la résilience du dispositif nucléaire et offre davantage d'options tactiques en cas de crise.
1,5 milliard d'euros de travaux
Le chantier couvre la modernisation complète de la base : infrastructures, hangars, zones de stockage, équipements pour le Rafale F5 et l'ASN4G. Livraison prévue début 2030.
Doublement des effectifs
La base comptera 2 000 militaires et civils en 2035, contre 1 000 aujourd'hui. Les pilotes seront quatre fois plus nombreux, accompagnés de centaines de mécaniciens supplémentaires.

Fermeture de la piste dès 2029

Pour permettre les travaux, les activités aériennes de Luxeuil devraient être suspendues à partir de 2029. L’ampleur du chantier impose une interruption complète : rénovation des hangars, adaptation des zones de stockage, renforcement des infrastructures de sécurité, aménagement de nouvelles zones techniques pour accueillir les équipements propres au Rafale F5 et à l’ASN4G. Le montant global, 1,5 milliard d’euros, couvre l’ensemble de ces travaux ainsi que les équipements nécessaires à la montée en puissance des effectifs.

Ce calendrier place Luxeuil en arrêt d’activité pendant plusieurs années, le temps de transformer le site en profondeur. La réouverture, prévue au début des années 2030, coïncidera avec l’arrivée progressive des premiers Rafale F5. Le second escadron, attendu en 2036, marquera la pleine capacité opérationnelle de la base.

Une doctrine nucléaire actualisée

Le retour de Luxeuil dans le dispositif nucléaire s’inscrit dans une révision plus large de la doctrine française. Emmanuel Macron a présenté en mars 2026 une « évolution majeure » de la stratégie de dissuasion, depuis la base navale de l’île Longue, dans le Finistère[5]. Ce discours a notamment introduit le concept de « dissuasion avancée » avec des partenaires européens, une approche qui élargit le périmètre traditionnel de la politique française en la matière.

La France dispose actuellement de trois BAVN et s’appuie sur une composante aéroportée capable de projeter l’arme nucléaire depuis des Rafale équipés de missiles de croisière. Luxeuil viendra renforcer ce dispositif en ajoutant une quatrième base et en introduisant une nouvelle génération d’armements. L’ASN4G, avec ses performances hypersoniques, est pensé pour garantir la crédibilité de la dissuasion face à des systèmes de défense antiaériens de plus en plus sophistiqués.

Un rattrapage capacitaire

La montée en puissance de Luxeuil répond aussi à un enjeu de continuité. La fermeture de la mission nucléaire en 2011 avait concentré les capacités sur trois sites. Le retour à quatre BAVN permet une meilleure dispersion des moyens et une résilience accrue en cas de crise. La multiplication des bases rend le dispositif moins vulnérable à une frappe préventive et offre davantage d’options tactiques en cas de montée des tensions.

Le choix de Luxeuil n’est pas un hasard. Le site dispose d’infrastructures adaptées, d’une piste capable d’accueillir des avions de combat modernes, et d’un environnement géographique favorable. Sa localisation dans l’est de la France, à proximité des frontières allemande et suisse, offre une position stratégique dans le cadre de la défense européenne. Le discours de mars 2026 sur la dissuasion avancée prend ici tout son sens : Luxeuil deviendra un point d’ancrage de la stratégie nucléaire française au moment où Paris intensifie ses discussions avec Berlin et d’autres capitales européennes sur les questions de défense.

Luxeuil, pivot de la dissuasion nucléaire française

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Missile hypersonique ASN4G

Le futur missile stratégique de MBDA évoluera au-delà de Mach 5, contre Mach 3-4 pour l’ASMP-A actuel. Objectif : garantir la pénétration face aux défenses antiaériennes modernes.

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Quatrième BAVN française

Luxeuil rejoint Saint-Dizier, Avord et Istres. Cette dispersion renforce la résilience du dispositif nucléaire et offre davantage d’options tactiques en cas de crise.

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1,5 milliard d’euros de travaux

Le chantier couvre la modernisation complète de la base : infrastructures, hangars, zones de stockage, équipements pour le Rafale F5 et l’ASN4G. Livraison prévue début 2030.

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Doublement des effectifs

La base comptera 2 000 militaires et civils en 2035, contre 1 000 aujourd’hui. Les pilotes seront quatre fois plus nombreux, accompagnés de centaines de mécaniciens supplémentaires.

Rafale F5 et missile ASN4G : les faits clés

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La base aérienne 116 de Luxeuil retrouve son statut de BAVN, perdu en 2011 après quarante-cinq ans de mission nucléaire

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Premier escadron de Rafale F5 attendu en 2032, second en 2036, pour un total de cinquante appareils biplaces

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L’ASN4G, développé par MBDA, franchira le seuil hypersonique à plus de Mach 5 (6 100 km/h)

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Les activités aériennes seront suspendues dès 2029 pour permettre les travaux de modernisation

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Emmanuel Macron a actualisé la doctrine nucléaire française en mars 2026, introduisant le concept de dissuasion avancée

Luxeuil BAVN : calendrier et chiffres clés

  • La base aérienne 116 de Luxeuil retrouve son statut de BAVN, perdu en 2011 après quarante-cinq ans de mission nucléaire
  • Premier escadron de Rafale F5 attendu en 2032, second en 2036, pour un total de cinquante appareils biplaces
  • L'ASN4G, développé par MBDA, franchira le seuil hypersonique à plus de Mach 5 (6 100 km/h)
  • Les activités aériennes seront suspendues dès 2029 pour permettre les travaux de modernisation
  • Emmanuel Macron a actualisé la doctrine nucléaire française en mars 2026, introduisant le concept de dissuasion avancée
Rédactrice chez Industriel.net
Hélène Vasseur suit de près l'actualité de la défense, des industries de souveraineté et des grands programmes militaires. Elle décrypte les enjeux stratégiques, les innovations technologiques et les évolutions du secteur à travers des contenus documentés et accessibles. Pour enrichir ses recherches et structurer ses articles, elle s'appuie sur l'intelligence artificielle, tout en assurant une relecture, une vérification des informations et une validation éditoriale avant chaque publication.
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