Le sommet Choose France 2026 a enregistré 93 milliards d’euros de promesses d’investissement, un niveau record, mais la distribution territoriale de ces engagements reste profondément déséquilibrée.
93 milliards affichés, une vitrine nationale bien rodée
Le chiffre est massif. Réuni à Versailles comme chaque année depuis son lancement sous Emmanuel Macron, Choose France 2026 a cumulé des annonces d’investisseurs étrangers à hauteur de 93 milliards d’euros. La mécanique est désormais connue : grands groupes internationaux, PDG en déplacement, poignées de mains filmées. La France soigne sa réputation de destination attractive pour les capitaux étrangers, et les résultats bruts lui donnent des arguments.
Le problème, c’est ce que le chiffre global dissimule. Derrière l’agrégat national, la carte de France des investissements annoncés reste très concentrée. Quelques grandes métropoles et corridors industriels captent l’essentiel des flux, pendant que d’autres territoires regardent passer les annonces.
La Bretagne, angle mort des grands investisseurs
La Bretagne illustre ce décrochage. La région figure parmi les absentes notables du palmarès Choose France 2026. Aucun projet d’envergure internationale n’y a été annoncé lors du sommet, ce qui contraste avec le poids démographique et industriel de la péninsule, quatrième région française par la population.
Ce n’est pas un accident de calendrier. La Bretagne souffre structurellement d’un déficit d’attractivité auprès des investisseurs étrangers à grande échelle : tissu de PME et ETI dominant, peu de grandes plateformes industrielles visibles à l’international, et une image économique construite autour de l’agroalimentaire plutôt que des secteurs technologiques ou de la défense, qui concentrent les grandes annonces des dernières éditions.
Le constat vaut pour d’autres territoires. Les régions qui tirent leur épingle du jeu sont celles qui peuvent offrir des zones d’accueil prêtes, des filières structurées autour de secteurs porteurs comme le numérique, la transition énergétique ou l’aéronautique, et un accès rapide aux décideurs publics nationaux.
Pourquoi certaines régions restent hors radar des investisseurs
Entre annonce et réalisation, le vrai bilan reste à construire
Les 93 milliards d’euros sont des engagements, pas des décaissements. La distinction est importante. Les éditions précédentes de Choose France ont montré que le taux de concrétisation des annonces varie fortement selon les projets et les secteurs. Certains investissements annoncés en grande pompe à Versailles ont mis plusieurs années à se matérialiser, d’autres ont été revus à la baisse ou abandonnés silencieusement.
La question de la répartition territoriale se pose aussi à l’échelle des emplois créés. Un investissement annoncé en Île-de-France ou dans le Grand Est génère des retombées locales très différentes d’un projet implanté en zone rurale ou dans une région en reconversion. Le suivi projet par projet, région par région, reste le seul outil qui permettrait de juger la portée réelle du sommet, au-delà du chiffre d’affichage.
Pour la Bretagne et les territoires dans la même situation, la trajectoire passe probablement par une montée en gamme de l’offre locale : structurer des filières industrielles plus visibles, créer des zones d’accueil dédiées et porter des projets spécifiques directement auprès des investisseurs internationaux, sans attendre que Versailles redistribue spontanément les flux.
Choose France 2026 : chiffres clés et écarts territoriaux
- Choose France 2026 totalise 93 milliards d'euros d'annonces d'investissement.
- La Bretagne n'a capté aucun projet d'envergure internationale lors du sommet.
- Les engagements Choose France sont des promesses, pas des décaissements immédiats.
- La région Bretagne est la quatrième de France par la population.
- Les régions les mieux loties sont celles adossées à des filières numériques, énergétiques ou aéronautiques structurées.