Airbus table sur un bénéfice opérationnel ajusté de 12 à 13 milliards d’euros en 2029, soit 75 % de plus qu’en 2025.
L’avionneur européen a dévoilé ses perspectives financières à moyen terme ce mardi, en marge du salon de Farnborough. Guillaume Faury, directeur général, fixe le cap : faire grimper l’Ebit ajusté de 7,1 milliards d’euros en 2025 à une fourchette comprise entre 12 et 13 milliards quatre ans plus tard. Une trajectoire qui repose sur l’accélération des cadences de livraison et sur une demande soutenue, aussi bien dans l’aviation commerciale que dans la défense.
Les prévisions pour 2026 restent, elles, inchangées. Airbus maintient ses objectifs à court terme tout en affichant une ambition forte pour la fin de la décennie. « Notre trajectoire alimente notre croissance rentable, créant de la valeur pour nos clients, salariés, partenaires et actionnaires, tandis que nous continuons à être en pointe dans une aérospatiale durable », a déclaré Guillaume Faury dans le communiqué.
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Un rachat d’actions de 5 milliards sur trois ans
La direction réaffirme son engagement financier envers les actionnaires. Le conseil d’administration a autorisé un programme de rachat d’actions pouvant atteindre 5 milliards d’euros sur trois ans. Un signal fort adressé aux marchés, alors que le groupe dispose d’une trésorerie renforcée par la reprise post-crise sanitaire et par la remontée progressive des cadences.
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Ce rachat s’inscrit dans une stratégie de redistribution du cash généré par l’activité, en parallèle des investissements dans les programmes de développement (A321XLR, gammes monocouloirs, hélicoptères) et dans la transition vers une aviation décarbonée. Airbus jongle entre impératifs industriels et attentes des actionnaires, dans un contexte où Boeing peine encore à stabiliser sa production du 737 MAX.
Livraisons en hausse de 15 % au premier semestre
L’avionneur affiche 351 appareils livrés au premier semestre 2026, soit une progression de 15 % par rapport à la même période de l’année précédente. Cette accélération marque le retour à une trajectoire de croissance, après plusieurs trimestres de tensions sur la chaîne d’approvisionnement. Les problèmes de fournisseurs (moteurs, équipements de cabine) se résorbent progressivement, permettant à Toulouse et Hambourg d’augmenter les cadences sur les lignes A320 et A350.
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Le carnet de commandes reste fourni. Les compagnies aériennes renouvellent leurs flottes pour répondre à la reprise du trafic et aux contraintes réglementaires environnementales. La montée en puissance de l’A321XLR, certifié en 2024, ouvre de nouveaux marchés long-courriers à monocouloir, segment où Airbus creuse l’écart avec Boeing.
| Indicateur | 2025 | Cible 2029 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Ebit ajusté | 7,1 Md€ | 12-13 Md€ | +75 % |
| Livraisons 1er semestre | 305 appareils | 351 appareils (2026) | +15 % |
| Rachat d’actions autorisé | — | 5 Md€ sur 3 ans | — |
Source : communiqué Airbus, juillet 2026
Pourquoi cette trajectoire engage toute la filière
Le défi de la production face à une demande en tension
Accélérer la production reste le principal enjeu. Airbus vise 75 livraisons mensuelles sur la famille A320 d’ici fin 2027, contre environ 50 aujourd’hui. Atteindre cette cadence suppose une synchronisation parfaite avec des centaines de fournisseurs répartis en Europe, aux États-Unis et en Asie. Chaque retard sur un composant (train d’atterrissage, système électrique, siège) se répercute sur l’ensemble de la chaîne.
Le groupe multiplie les audits chez ses sous-traitants et investit dans des outils de pilotage temps réel. Il a également renforcé ses équipes dédiées à la qualité, après les remontées de non-conformités mineures détectées sur certains lots en 2025. La pression monte : les compagnies attendent leurs avions, et tout retard de livraison se traduit par des pénalités contractuelles.
Côté militaire et spatial, la division Defence and Space enregistre une demande soutenue, portée par les programmes d’hélicoptères de combat et par les satellites de télécommunications. Les tensions géopolitiques alimentent les budgets de défense en Europe, et Airbus compte capitaliser sur cette dynamique pour diversifier ses revenus au-delà de l’aviation commerciale.
La feuille de route tracée à Farnborough donne le tempo pour la seconde moitié de décennie. Reste à exécuter : monter en cadence, tenir les délais, et convertir le carnet de commandes en cash. La concurrence ne dort pas, et Boeing prépare son retour. Airbus dispose d’une fenêtre d’opportunité pour consolider son avance. La réussite du plan 2029 se jouera dans les usines, pas dans les communiqués.
Objectifs Airbus 2029 : les jalons clés
- Airbus vise un Ebit ajusté de 12 à 13 milliards d'euros en 2029, contre 7,1 milliards en 2025.
- 351 appareils livrés au premier semestre 2026, soit une hausse de 15 % sur un an.
- Un programme de rachat d'actions pouvant atteindre 5 milliards d'euros sur trois ans a été autorisé.
- Les prévisions 2026 restent inchangées, la trajectoire de rentabilité s'accélère à partir de 2027.
- La montée en cadence sur l'A320 et l'A350 repose sur la stabilisation de la chaîne d'approvisionnement.