Lancée en juillet 1976 dans l’indifférence générale, la Renault 14 ne parvient à écouler que 58 048 exemplaires la première année. Un échec que le losange n’avait pas vu venir.
Les ingénieurs de Renault avaient pourtant tout donné. Forte de l’expérience Renault 6, la R14 embarquait un hayon et un coffre spacieux pensé pour la modularité. Le confort et l’habitabilité prenaient le pas sur la sportivité. La régie osait même le slogan « voiture à vivre », qu’elle reprendrait par la suite. Moderne, la voiture adoptait de gros boucliers en plastique gris et sa carrosserie passait en soufflerie. La conception assistée par ordinateur permettait de traquer le moindre gramme de CO₂ superflu. Le choc pétrolier avait redistribué les cartes, la sécurité routière s’invitait à la télévision. La R14 multipliait les crash-tests et son habitacle était retravaillé plusieurs fois avant validation.
L’ambition affichée : conquérir le segment des compactes, récupérer les acheteurs de la R6 en fin de vie, et ravir la première place européenne à la Volkswagen Golf.
Une présentation aux Invalides qui tourne court
En mai 1976, Renault réunit la presse aux Invalides à Paris. L’accueil est glacial. On reproche à la R14 son style banal et son absence de personnalité. Rien qui ne déclenche l’enthousiasme. La production démarre début juillet à Douai. Pour l’occasion, la direction fait passer les effectifs de l’usine de 4 000 à 5 000 salariés. On y croit dur comme fer.
Sauf que dans les 489 points de vente du réseau français, l’affluence ne suit pas. Le millésime 1976 ne dépasse pas les 58 048 exemplaires écoulés, bien loin des objectifs. Les vendeurs eux-mêmes ne se bousculent pas pour pousser le modèle.
Un moteur Peugeot qui ne passe pas
La vraie raison de ce naufrage ? Le bloc moteur. Suite à un accord de coopération signé entre Renault et Peugeot, la R14 hérite du 4 cylindres de la Peugeot 104 ZS, fabriqué par La Française de mécanique. Certains commerciaux le vivent comme une trahison. Ils refusent tout simplement de vendre une voiture au losange équipée d’un « cœur de lion ». Ils auraient préféré un moteur « Cléon » maison. Et surtout, ils reprochent à cette mécanique son manque de puissance.
Le bloc ne développe que 57 chevaux. À peine de quoi atteindre 140 km/h en pointe. Pour une compacte censée rivaliser avec la Golf, c’est insuffisant. Le divorce entre le réseau et le produit explique en grande partie l’échec commercial de la première année. La R14 survivra malgré tout jusqu’en 1983, mais elle ne parviendra jamais à inverser la tendance durablement.
Les chiffres de la R14 en 1976
| Indicateur | Chiffre |
|---|---|
| Présentation presse | Mai 1976 |
| Mise en vente | 1er juillet 1976 |
| Ventes millésime 1976 | 58 048 unités |
| Points de vente Renault (France) | 489 |
| Effectifs usine Douai | 5 000 salariés |
| Puissance moteur | 57 ch |
| Vitesse de pointe | 140 km/h |
Source : Le Progrès
- La Clio 6 recule en France, la 208 prend le large - 16 août 2026
- Renault 5 : 80 kW en recharge rapide pour la version Five, puissance à 110 ch - 15 août 2026
- Renault 5 : la teinte Rouge Flamme débarque au catalogue - 14 août 2026