Fermetures d’usines, licenciements massifs, défaillances record : le secteur automobile français s’effondre trois ans après le lancement du projet France 2030. Le ministre de l’Industrie Marc Ferracci annonce de nouvelles fermetures dans les semaines à venir.
Le 8 novembre, Marc Ferracci a prévenu sur France Inter : de nouvelles « fermetures de sites dans les semaines et les mois à venir » vont toucher le secteur automobile. Le jour même, il s’est fait huer à Cholet, sur l’un des deux sites Michelin qui vont mettre la clé sous la porte. La scène illustre la colère qui monte face à un secteur automobile à terre, victime de la concurrence chinoise, du recul des ventes et d’une électrification trop lente.
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La promesse d’Emmanuel Macron en 2021 n’aura pas tenu longtemps. Le chef de l’État avait lancé France 2030 à l’automne, un projet massif censé réindustrialiser le pays. Trois ans plus tard, les voyants sont au rouge. L’automobile paye le prix fort.
66 000 défaillances en douze mois, un record
L’inflation a cassé la machine. « Les entreprises ont dû faire face à une augmentation des coûts de production, avec une baisse du pouvoir d’achat qui a cassé la consommation », analyse l’économiste Marc Touati. Les taux d’intérêt ont grimpé, la crise politique s’est installée. « Il y a une conjonction d’évolutions qui fait que les entreprises ne peuvent plus, aujourd’hui, créer d’emplois. C’est même l’inverse, elles en détruisent, elles licencient. »
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Les défaillances d’entreprises ont atteint un record sur douze mois en France : 66 000 en tout. Beaucoup de petites structures disparaissent, avec des conséquences directes sur l’emploi. L’État, de son côté, gère un budget à la dérive et ne peut plus venir à la rescousse comme avant.
« Nous sommes très, très loin de la réindustrialisation promise »
« Il y avait déjà une pression fiscale qui est la plus élevée du monde. Ça allait mal, quasiment pas de croissance », poursuit Marc Touati. « Alors, maintenant qu’on a encore augmenté les impôts, qu’on a une croissance qui est en train de s’effondrer et que l’on est au bord de la récession, ça ne peut pas aller mieux. »
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Son verdict est sans appel : « Nous sommes très, très loin de la réindustrialisation promise par messieurs Macron, Lemaire et tutti quanti. Malheureusement, c’est exactement l’inverse qui se produit. »
Pour le moment, l’exécutif fait le dos rond. Il annonce beaucoup de moyens et des solutions « dignes » pour les salariés licenciés. Mais les chiffres, eux, ne mentent pas. Le secteur automobile français est en récession depuis deux ans.
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