La Direction générale de l’armement a lancé cet été les contrats de développement du Rafale F5. Motorisation, radar, guerre électronique : le standard 2033 franchit un cap inédit.
Dassault Aviation, MBDA, Safran Aircraft Engines et Thales ont reçu plusieurs notifications au cours de l’été. Ces marchés préparent la réalisation du Rafale F5, dont la qualification doit intervenir à l’horizon 2033. Le programme couvre le radar, les communications sécurisées, la guerre électronique, les systèmes de navigation et le moteur. Contrairement aux standards F4.1, F4.2 et F4.3, qui ont essentiellement enrichi les capacités logicielles et ajouté des armements compatibles, le F5 impose des transformations structurelles majeures.
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L’armée de l’Air et de l’Espace puis la Marine nationale recevront ce standard après sa qualification. L’appareil actuel, entré en service en 2001, a traversé plusieurs cycles de modernisation par paliers : le F4.1 a été qualifié en 2023, le F4.2 est désormais en exploitation, le F4.3 poursuit ses essais en vol. Le F5 marque une rupture.
Dassault relance le calendrier du Rafale F5 avec trois nouveaux contrats
Dassault Aviation devra intégrer les équipements du F5 dans un système de mission plus ouvert, conçu pour permettre aux forces françaises d’adapter les fonctions opérationnelles de l’appareil plus rapidement qu’aujourd’hui. Les travaux préparatoires prévoient une nouvelle cellule, des réseaux internes en fibre optique et une centrale inertielle à gyroscope hémisphérique résonnant, technologie assurant une navigation à très faible dérive. Ces modifications touchent l’infrastructure même du Rafale, et non plus seulement ses logiciels ou ses points d’emport.
L’architecture ouverte vise à réduire les délais de qualification des nouvelles fonctions et à faciliter l’insertion de capteurs ou d’armements supplémentaires sans remettre en cause l’ensemble du système. Cette souplesse devient décisive dans un environnement où les menaces évoluent plus vite que les cycles de développement traditionnels.
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| Événement | Date |
|---|---|
| Notification des contrats préparatoires | Été 2026 |
| Qualification du standard F5 | Horizon 2033 |
| Introduction dans l’armée de l’Air et de l’Espace | Après 2033 |
| Introduction dans la Marine nationale | Après 2033 |
Source : meta-defense.fr
Un drone de combat lourd dérivé du nEUROn piloté depuis le cockpit
Dassault Aviation prépare parallèlement l’association du Rafale F5 avec un drone de combat lourd dérivé du démonstrateur furtif nEUROn. Cet appareil non habité sera contrôlé nativement depuis le chasseur et interviendra dans les missions exigeant une forte discrétion, notamment face à des défenses aériennes denses. Il pourra partager ses informations avec l’équipage et contribuer aux phases de détection ou d’engagement les plus exposées.
Le Rafale deviendra ainsi le centre d’un ensemble associant une plateforme pilotée, un effecteur furtif et leurs capteurs distribués. Cette architecture s’inscrit dans la logique du combat collaboratif, où un chasseur pilote coordonne plusieurs drones pour saturer les défenses adverses, élargir son champ de perception ou frapper des objectifs sans s’exposer directement.
Cette évolution répond également au retrait progressif du programme SCAF, dont l’échéance pour remplacer l’Eurofighter et le Rafale a été repoussée à l’après-2045. Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, avait présenté devant la commission de la Défense du Sénat la trajectoire menant du Rafale F5 à un futur « Super-Rafale », destiné à combler l’horizon opérationnel en attendant un successeur franco-européen.
Pourquoi le Rafale F5 franchit un seuil inédit
Un seuil franchi : du chasseur au système de combat de cinquième génération
L’ampleur des transformations éloigne progressivement le F5 du simple concept d’avion de combat. Avec l’intégration de capteurs plus puissants, de nouvelles armes, de moyens de coopération avec d’autres aéronefs et d’une architecture renouvelée, le Rafale F5 bascule vers le statut de système de combat aérien de cinquième génération.
Cette montée en gamme technique s’accompagne d’un enjeu industriel majeur pour Dassault Aviation, Thales, MBDA et Safran Aircraft Engines. Les contrats notifiés par la DGA cet été structurent les investissements pour la prochaine décennie et conditionnent la compétitivité du Rafale sur le marché export. Le standard F5 devra affronter une concurrence internationale renforcée : F-35, F/A-18 Super Hornet Block III, Gripen E, voire KF-21 sud-coréen et J-10C chinois sur certains segments.
La capacité à associer un drone furtif au Rafale constitue un argument de vente inédit. Aucun chasseur occidental actuellement en service opérationnel ne propose nativement cette fonction, hors démonstrateurs américains. Si Dassault Aviation parvient à industrialiser cette architecture avant ses concurrents, le Rafale F5 disposera d’un avantage tactique décisif sur les théâtres où les défenses sol-air modernes interdisent les approches directes.
L’entrée en service du F5 après 2033 laisse sept ans de développement. Ce délai doit permettre de qualifier les nouvelles technologies tout en maintenant la continuité opérationnelle avec les standards F4. Les premières livraisons interviendront probablement dans l’armée de l’Air et de l’Espace, puis dans la Marine nationale, selon un calendrier encore à préciser. La rétrocompatibilité avec les Rafale actuels reste à documenter : certains équipements du F5, notamment la nouvelle cellule et les réseaux fibre optique, ne pourront sans doute pas être rétrofités sur les appareils plus anciens.
Rafale F5 : ce qui change par rapport aux standards précédents
- La DGA a notifié cet été plusieurs contrats à Dassault Aviation, MBDA, Safran Aircraft Engines et Thales pour le Rafale F5
- Le standard F5 sera qualifié à l'horizon 2033, puis introduit dans l'armée de l'Air et de l'Espace et la Marine nationale
- Une nouvelle cellule, des réseaux en fibre optique et une centrale inertielle à gyroscope hémisphérique résonnant sont prévus
- Un drone de combat lourd dérivé du nEUROn sera contrôlé nativement depuis le Rafale F5
- L'échéance du SCAF pour remplacer Rafale et Eurofighter a été repoussée à l'après-2045
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