La jeune pousse Sirius Space Services annonce le développement d’une fusée légère baptisée Luciole, conçue pour emporter des charges de 100 kilogrammes en orbite basse. Objectif : effectuer un premier vol d’essai en 2028.
Fondée il y a trois ans, l’entreprise basée à Vernon (Eure) veut se positionner sur le créneau des microsatellites, un segment où les lancements dédiés restent rares en Europe. Sirius Space mise sur un lanceur de petite taille, capable de desservir des orbites situées entre 400 et 600 kilomètres d’altitude. La société vise une cadence de six tirs par an à terme, d’abord depuis une base en Guyane, puis depuis un site européen encore à définir.
Un moteur maison alimenté au méthane
Le lanceur Luciole repose sur une motorisation développée en interne. Sirius Space a choisi le méthane comme ergol, un carburant qui permet une combustion plus propre que le kérosène et facilite la réutilisation des moteurs. La start-up a finalisé les premiers essais au banc de son propulseur principal au printemps, avec des résultats jugés conformes aux attentes par l’équipe technique.
Côté financement, la société a bouclé une levée de fonds de 12 millions d’euros en juin auprès de fonds d’investissement spécialisés dans le spatial. Ces capitaux serviront à accélérer la phase de tests et à préparer l’infrastructure de lancement. Sirius Space emploie actuellement 45 personnes, ingénieurs pour l’essentiel, et prévoit de doubler ses effectifs d’ici fin 2027.
Une concurrence déjà installée sur le segment des petits lanceurs
Le marché des lanceurs légers attire plusieurs acteurs. Aux États-Unis, Rocket Lab enchaîne les missions depuis 2018 avec son Electron, tandis que Virgin Orbit a cessé ses activités après des déboires financiers. En Europe, l’allemand Isar Aerospace et l’italien Vega C occupent déjà le terrain, avec des capacités d’emport supérieures. Sirius Space devra convaincre les opérateurs de satellites de la fiabilité de son engin et de la compétitivité de ses tarifs, estimés autour de 3 millions d’euros par lancement.
Le calendrier reste serré. Entre les essais de qualification, l’homologation des systèmes et la mise en place de la chaîne logistique, la fenêtre pour tenir le premier vol en 2028 ne laisse guère de marge. La start-up devra aussi négocier l’accès à un pas de tir, une ressource rare et disputée sur le territoire guyanais.
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Si Luciole décolle comme prévu, Sirius Space deviendra le troisième acteur français à lancer un engin spatial depuis le sol national, après ArianeGroup et la coentreprise Latitude, qui prépare un micro-lanceur pour 2027.
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