Le CAC 40 clôture un trimestre solide avec un gain de 7,4 %, marqué par un mois de février exceptionnel et de nouveaux sommets historiques.
La Bourse de Paris termine le premier semestre 2026 sur une note positive. L’indice phare a progressé de 7,4 % entre avril et juin, une performance qui fait suite à un début d’année dynamique. Ce trimestre se distingue par une accélération marquée en février, où le CAC 40 avait engrangé 5,6 % sur le seul mois, sa meilleure performance mensuelle depuis le bond de 7,7 % enregistré en janvier 2025.
Cette progression s’inscrit dans un contexte contrasté pour les marchés européens. Si Paris affiche une croissance solide, elle reste en deçà de celle observée outre-Atlantique, où le S&P 500 et le Nasdaq continuent de bénéficier de la vigueur du secteur technologique. Le trimestre a néanmoins permis à plusieurs valeurs françaises de se distinguer, notamment dans l’industrie et l’énergie.
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Sommaire
Schneider Electric au cœur de la dernière séance de juin
La séance du 30 juin 2026 a été marquée par l’annonce de Schneider Electric, qui a signé un accord pour acquérir Cognite Holding, éditeur de logiciels d’intelligence artificielle pour l’industrie, pour 3,1 milliards de dollars. Cette opération, l’une des plus importantes du trimestre dans le secteur technologique européen, illustre l’appétit croissant des industriels pour les solutions d’IA appliquées aux données industrielles. Cognite, société privée, développe des plateformes de gestion et d’analyse de données pour les secteurs de l’énergie, de la manufacture et de la construction.
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Le titre Schneider Electric a tiré parti de cette annonce, contribuant à soutenir l’indice parisien lors de cette dernière journée du mois. L’acquisition s’inscrit dans une stratégie plus large du groupe français, qui mise sur la digitalisation des infrastructures énergétiques et industrielles. Pour Schneider, ce rachat doit accélérer son positionnement sur le marché de l’IA industrielle, en pleine expansion.
Un mois de février record, suivi d’un tassement relatif
Le trimestre a été porté par un mois de février exceptionnel. Le CAC 40 avait alors gagné 5,6 %, enregistrant de nouveaux sommets historiques, dont le dernier en date à 8 642,23 points lors de la séance du jeudi 26 février. Cette séquence haussière avait été alimentée par des anticipations d’apaisement sur le front géopolitique, notamment au Moyen-Orient, et par des perspectives de bénéfices 2026 revues à la hausse pour plusieurs poids lourds de l’indice.
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La dynamique s’est ensuite essoufflée. La dernière séance de février, un vendredi, avait vu l’indice reculer de 0,47 %, à 8 580,75 points, en réaction à des chiffres d’inflation américains supérieurs aux attentes. L’indice des prix à la production aux États-Unis avait alors progressé de 0,5 % en janvier, sa plus forte hausse depuis septembre, alimentant les craintes d’un ralentissement du cycle de détente monétaire de la Réserve fédérale.
Pourquoi ce trimestre marque le rebond de Paris
Des anticipations de bénéfices en hausse pour 2026
Les analystes ont révisé à la hausse leurs prévisions de bénéfices pour les sociétés du CAC 40 au cours du trimestre. En médiane, les bénéfices par action de l’indice sont attendus en progression de 8,2 % sur l’année 2026, selon les consensus de marché collectés début juin. Cette croissance est portée par plusieurs facteurs : la montée en puissance de l’intelligence artificielle dans les activités industrielles, un rebond attendu des marges dans l’énergie et une normalisation progressive de la situation au Moyen-Orient.
François-Xavier Chauchat, économiste et stratégiste chez Dorval AM, juge cette révision « cohérente avec l’essor de l’IA et les anticipations d’accalmie en Iran ». Il souligne toutefois que ces prévisions intègrent un scénario de réouverture progressive du détroit d’Ormuz dans les semaines à venir, ce qui pourrait soulager les coûts de transport maritime et les cours du pétrole.
| Période | Performance |
|---|---|
| Trimestre avril-juin 2026 | +7,4 % |
| Mois de février 2026 | +5,6 % |
| Record historique (26 février 2026) | 8 642,23 points |
Source : Investir Les Échos
La situation iranienne, variable clé des prochains mois
Le dossier iranien a pesé sur le moral des marchés au cours du trimestre. Les discussions entre Washington et Téhéran, entamées fin juin en Suisse, ont néanmoins permis de réduire la prime de risque sur le pétrole. Le Brent a ainsi reculé de 1,7 % à l’ouverture de la séance du 22 juin, à 79,20 dollars le baril, après l’annonce de « progrès » dans les pourparlers. Un protocole d’accord prévoit la mise en place d’une ligne de communication pour sécuriser le passage des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, avec un rétablissement complet du trafic attendu dans les 30 jours suivant le déminage.
Cette embellie reste fragile. Les tensions demeurent vives, et les marchés scrutent chaque déclaration en provenance de Washington ou de Téhéran. Pour les sociétés du CAC 40 exposées à l’énergie ou au transport maritime, un retour durable à la stabilité dans la région conditionnera une partie de leurs résultats 2026.
Paris toujours à la traîne des grands indices mondiaux
Malgré sa bonne tenue sur le trimestre, le CAC 40 reste distancé par les grandes places mondiales. En 2025, l’indice parisien avait progressé de 10,22 %, un résultat honorable mais inférieur aux 15 % du S&P 500 et aux plus de 20 % du Nasdaq. L’Eurostoxx 600, indice large européen, avait pour sa part gagné près de 16 % sur l’année.
Cette sous-performance s’explique par plusieurs facteurs structurels. La Bourse de Paris pâtit d’une exposition moindre aux valeurs technologiques de croissance, qui ont tiré les indices américains. Elle a également souffert, en 2024, de l’instabilité politique française liée à la dissolution de l’Assemblée nationale, qui avait nui à l’image du pays auprès des investisseurs internationaux. Si le contexte politique s’est stabilisé en 2025 et 2026, les effets de ce décrochage restent perceptibles.
Le trimestre écoulé montre cependant que Paris peut afficher des performances solides lorsque les conditions macroéconomiques et géopolitiques s’y prêtent. Les révisions de bénéfices à la hausse, la dynamique des rachats comme celui de Cognite par Schneider Electric, et l’apaisement relatif au Moyen-Orient fournissent des arguments aux gestionnaires qui misent sur une poursuite du rebond dans les prochains mois.
CAC 40 : les temps forts du trimestre
- Le CAC 40 progresse de 7,4 % entre avril et juin 2026, son meilleur trimestre depuis 2024
- Février 2026 a été le mois le plus dynamique, avec un gain de 5,6 % et un sommet historique à 8 642,23 points
- Schneider Electric annonce le rachat de Cognite pour 3,1 milliards de dollars le 30 juin
- Les bénéfices par action du CAC 40 sont attendus en hausse de 8,2 % en 2026
- Les pourparlers entre les États-Unis et l’Iran font reculer le Brent de 1,7 % fin juin
CAC 40 : pourquoi ce trimestre compte
Un trimestre de rattrapage après 2025
Le CAC 40 signe sa meilleure séquence depuis plus d’un an, confirmant le rebond amorcé en 2025 après le décrochage de 2024. Les nouveaux records de février illustrent un regain de confiance.
L’IA industrielle, nouveau moteur de valorisation
Le rachat de Cognite par Schneider Electric pour 3,1 milliards de dollars témoigne de l’appétit des industriels pour les solutions d’IA appliquées aux données. Cette tendance pourrait redessiner le paysage sectoriel.
Le Moyen-Orient, variable d’ajustement persistante
Les avancées dans les discussions entre Washington et Téhéran ont fait refluer la prime de risque sur le pétrole. Toute escalade pourrait cependant gripper à nouveau les prévisions de bénéfices des grands groupes exposés.
Paris distancé par Wall Street et l’Eurostoxx
Malgré le bon trimestre, le CAC 40 reste à la traîne des indices américains et de son concurrent européen. La faible exposition aux valeurs tech pèse sur la performance relative.
CAC 40 : les chiffres du trimestre avril-juin 2026
- Le CAC 40 progresse de 7,4 % entre avril et juin 2026, son meilleur trimestre depuis 2024
- Février 2026 a été le mois le plus dynamique, avec un gain de 5,6 % et un sommet historique à 8 642,23 points
- Schneider Electric annonce le rachat de Cognite pour 3,1 milliards de dollars le 30 juin
- Les bénéfices par action du CAC 40 sont attendus en hausse de 8,2 % en 2026
- Les pourparlers entre les États-Unis et l'Iran font reculer le Brent de 1,7 % fin juin
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