Le Bureau d’enquêtes sur les accidents aéronautiques d’État a publié un rapport de 54 pages sur la collision en vol de deux Rafale biplaces survenue en août 2024 lors d’un entraînement. Deux pilotes sont décédés, un troisième a pu s’éjecter.
Le 14 août 2024, deux Rafale B de la 4ᵉ escadre de chasse de Saint-Dizier participent à un vol d’instruction au ravitaillement en vol. La mission se déroule au-dessus de l’Allemagne, en zone inhabituelle pour ce type d’exercice. À bord du leader, le B356, un moniteur commandant d’escadrille de l’ETR 3/4 Aquitaine occupe le siège arrière. En place avant, un pilote stagiaire effectue son troisième vol de transformation au ravitaillement. L’équipier, seul à bord du B350, suit en biplace.
Après la phase de ravitaillement, les deux appareils entament un entraînement au combat rapproché à vue. C’est pendant cette séquence que la collision se produit. Le choc est violent. L’équipier parvient à s’éjecter. Les deux occupants du leader ne survivent pas.
Un rapport dense publié moins d’un an après
Le BEA-É, chargé de l’enquête technique, a bouclé son analyse en moins de dix mois. Le document, qui s’étend sur 54 pages, détaille la trajectoire des deux avions dans leur dernière minute de vol. Les heures sont données en temps universel coordonné. Le rapport reconstitue les manœuvres, les altitudes, les vitesses et l’enchaînement des événements qui ont mené à la collision.
Les conclusions techniques du rapport ne sont pas accessibles dans leur intégralité, mais le niveau de détail fourni permet de comprendre les circonstances de l’accident. Le BEA-É inclut des recommandations destinées à prévenir ce type de drame. L’analyse porte sur les facteurs humains, les conditions de vol, les procédures en vigueur et les éventuelles failles dans la chaîne de décision.
Un travail d’enquête salué, peu relayé
Le document a suscité peu d’écho dans les médias généralistes, alors que l’accident avait été largement couvert au moment des faits. Le décalage entre le temps de l’événement et celui de l’enquête explique en partie ce silence. Pourtant, le rapport offre un matériau précieux pour toute réflexion sur la sécurité des vols de chasse et la gestion des risques en entraînement.
La collision intervient dans un contexte de forte activité opérationnelle pour l’armée de l’Air et de l’Espace. Les Rafale, en service depuis plus de vingt ans, accumulent les heures de vol et les missions à l’international. Leur architecture fermée, confirmée par Dassault Aviation pour le futur standard F5, impose un cadre strict pour toute modification ou évolution technique. Le constructeur a réaffirmé cette position en 2026, notamment lors d’auditions au Sénat portant sur l’avenir de l’aviation de combat.
Le CAC 40 repasse 8 500 points dans une séance sans Wall Street
Le rapport du BEA-É rappelle que la formation au combat aérien reste une activité à haut risque. Les procédures de sécurité, la coordination entre équipages et la qualité de l’instruction jouent un rôle déterminant dans la prévention des accidents. Les recommandations formulées par le bureau d’enquêtes visent à renforcer ces garde-fous, même si leur mise en œuvre dépendra de décisions prises par la chaîne de commandement et la Direction générale de l’armement.