L’économie française enregistre la deuxième plus faible croissance de la zone euro en 2026, derrière l’Italie, avec un PIB en progression de seulement 0,8%, selon les derniers chiffres de l’Insee publiés ce 14 septembre.
Le contraste est saisissant avec l’Allemagne, qui affiche 2,1% de croissance, l’Espagne à 2,3% ou encore la Pologne qui dépasse les 3%. La France se retrouve distancée dans un contexte européen pourtant globalement morose. Le taux de chômage grimpe à 7,6% de la population active au deuxième trimestre 2026, contre 7,2% un an plus tôt. Inflation et stagnation se conjuguent : les prix à la consommation progressent de 3,2% sur un an, un niveau que la Banque centrale européenne peine à ramener sous la barre des 2%.
Investissement et consommation au point mort
L’investissement des entreprises recule de 1,2% au premier semestre. Les carnets de commandes restent étales dans l’industrie manufacturière, où la production stagne depuis le début de l’année. La consommation des ménages, traditionnellement moteur de la croissance française, n’augmente que de 0,4% en volume : l’inflation érode le pouvoir d’achat, malgré les revalorisations salariales dans la fonction publique et le relèvement du SMIC.
Le déficit public se creuse. Bercy table désormais sur 5,3% du PIB en 2026, loin de la trajectoire de 4,4% annoncée en loi de finances initiale. Les recettes fiscales déçoivent, en particulier la TVA et l’impôt sur les sociétés, tandis que les dépenses sociales s’alourdissent avec la montée du chômage.
Le spectre d’une procédure de déficit excessif
Bruxelles a déjà adressé un avertissement en juin. La Commission européenne pourrait déclencher une procédure de déficit excessif dès l’automne si Paris ne présente pas de plan d’ajustement crédible. L’Italie et la Belgique font face au même risque. Pour la France, ce serait une première depuis 2018 et un camouflet politique à quelques mois de la présidence française du Conseil de l’Union.
Les économistes interrogés par l’Insee anticipent une croissance limitée à 1% en 2027, sous réserve que le climat international ne se dégrade pas davantage. La Banque de France, plus optimiste, mise sur 1,3%, à condition que l’investissement reparte et que l’inflation reflue sous 2,5%.
Des secteurs à deux vitesses
Tous les pans de l’économie ne souffrent pas également. Le tourisme enregistre une saison estivale record avec 92 millions de visiteurs étrangers, un chiffre jamais atteint. L’aéronautique poursuit sa montée en cadence : Airbus a livré 68 appareils en août, Safran affiche un carnet de commandes en hausse de 12% sur un an. En revanche, l’automobile plonge : les immatriculations de véhicules neufs reculent de 8% sur les huit premiers mois de 2026, la transition électrique pesant sur la demande et les marges des constructeurs.
La construction reste à l’arrêt. Les mises en chantier de logements neufs chutent de 18% en un an, plombées par la remontée des taux d’intérêt et le durcissement des conditions d’octroi de crédit. Le BTP licencie : 22 000 emplois supprimés au premier semestre, selon la Fédération française du bâtiment.
Dans ce tableau contrasté, le gouvernement mise sur le plan France 2030 et les investissements dans les technologies vertes pour relancer la machine. Mais les premiers décaissements tardent, et les entreprises attendent des signaux plus clairs avant de rouvrir le robinet de l’investissement.
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