IndustrielEntreprisesParis engage 2,3 milliards d'euros pour transformer le Rafale avant 2030

Paris engage 2,3 milliards d’euros pour transformer le Rafale avant 2030

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Le ministère des Armées vient d’approuver l’enveloppe budgétaire du programme Rafale F5, une modernisation radicale de l’avion de combat français. 2,3 milliards d’euros sur six ans, notification prévue avant fin 2026.

La décision a été formalisée lors du comité d’investissement du 12 septembre. Le montant couvre la conception, le développement et l’intégration des nouveaux systèmes sur la cellule actuelle. Dassault Aviation pilote le projet, Safran fournit les moteurs M88 optimisés, Thales développe le radar RBE2 AESA de nouvelle génération et les capteurs optroniques. MBDA adapte ses missiles air-air Meteor et MICA NG à la nouvelle architecture de mission.

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Livraison des premiers exemplaires F5 en 2030, selon le calendrier communiqué par la Direction générale de l’armement. Les 180 Rafale en service dans l’armée de l’Air et de l’Espace et la Marine nationale seront progressivement rétrofités jusqu’en 2035. Les nouvelles commandes export, notamment celles de la Serbie et de l’Indonésie signées cette année, intégreront le standard F5 dès la sortie d’usine.

Reprise en main après la rupture du Scaf

Ce feu vert intervient trois mois après la sortie de la France du programme Scaf, l’avion de combat de sixième génération lancé en 2017 avec l’Allemagne et l’Espagne. Berlin avait imposé en mai un partage industriel à parts égales entre Dassault et AirDefence, filiale d’Airbus, contre l’avis de Paris qui exigeait la maîtrise d’œuvre française. Les trois pays n’ont jamais trouvé d’accord sur la répartition des technologies critiques, notamment l’intelligence artificielle embarquée et le contrôle des drones de combat.

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Le Rafale F5 devient de facto le chasseur de première ligne français jusqu’aux années 2050. Florence Parly, ministre des Armées, a déclaré lors d’une audition parlementaire le 10 septembre que « la priorité est de garantir la supériorité opérationnelle de nos forces avec des équipements français maîtrisés, disponibles dans les délais ». Elle n’a pas exclu une coopération future sur un programme de sixième génération, mais à condition que la France garde « la main sur l’architecture et les systèmes de combat ».

Un Rafale connecté, furtif et armé de missiles hypersoniques

Le F5 intègre un système de guerre électronique Spectra étendu, capable de brouiller simultanément plusieurs radars adverses sur des fréquences élargies. La furtivité passive est améliorée par des absorbants radar de nouvelle génération sur les bords d’attaque et les entrées d’air. Le cockpit passe au tout-écran tactile, avec une présentation des données pilotée par intelligence artificielle : l’avion propose au pilote des modes d’attaque ou de défense selon la menace détectée.

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Côté armement, le F5 emportera le missile antinavire supersonique ASN4G et le futur missile de croisière furtif MdCN Naval. MBDA développe aussi un missile air-sol hypersonique à guidage autonome, dont la qualification est prévue pour 2032. Le rayon d’action passe de 1 850 à 2 100 kilomètres grâce à des réservoirs conformes redessinés et à l’optimisation du M88.

La capacité de vol en réseau, baptisée « combat collaboratif », relie le Rafale aux drones Eurodrone et aux futurs drones furtifs du programme Neuron 2. Un Rafale F5 pourra commander jusqu’à quatre drones armés en temps réel, depuis le cockpit ou par délégation à l’IA de bord.

Dassault Aviation a précisé que les chaînes d’assemblage de Mérignac et d’Argenteuil montent déjà en cadence pour absorber les commandes export. La Grèce a notifié douze F4 supplémentaires en juillet, l’Inde négocie 26 Rafale Marine pour son second porte-avions. Le F5 conforte cette dynamique commerciale : six pays suivent le programme, dont deux en Asie du Sud-Est et un au Moyen-Orient, selon des sources industrielles.

Rédactrice chez Industriel.net
Hélène Vasseur suit de près l'actualité de la défense, des industries de souveraineté et des grands programmes militaires. Elle décrypte les enjeux stratégiques, les innovations technologiques et les évolutions du secteur à travers des contenus documentés et accessibles. Pour enrichir ses recherches et structurer ses articles, elle s'appuie sur l'intelligence artificielle, tout en assurant une relecture, une vérification des informations et une validation éditoriale avant chaque publication.
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