La Direction générale de l’armement a notifié cet été les premiers contrats de développement du Rafale F5, dont la qualification est attendue pour 2033.
Le Rafale F5 sort de l’ombre. La DGA a passé commande durant l’été 2026 auprès de Dassault Aviation, MBDA, Safran et Thales pour développer les équipements qui composeront le prochain standard de l’avion de combat français. Ces contrats portent sur une nouvelle centrale inertielle, un système de liaison de données entre aéronefs, le radar RBE2-XG (Extended Generation), une suite d’autoprotection SPECTRA rénovée et l’évolution du moteur M88 en version T-REX. Ils anticipent le lancement en réalisation du programme F5, prévu dans les semaines à venir.
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La DGA qualifie ces travaux de « profonde rénovation à mi-vie du Rafale, indispensable pour le préparer à affronter les défis de la prochaine décennie et au-delà ». L’objectif affiché : qualifier ce standard en 2033. Le F5 doit permettre à l’appareil d’intégrer le futur missile air-sol nucléaire de 4e génération (ASN4G), un armement stratégique qui renouvellera la composante aéroportée de la dissuasion française.
Un moteur rénové et un radar nouvelle génération
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Parmi les équipements concernés, le moteur M88 évolue vers une version baptisée T-REX. Safran Aircraft Engines assure ce développement, qui doit maintenir la poussée du Rafale tout en préparant l’appareil aux contraintes opérationnelles des années 2030. Le radar RBE2-XG, développé par Thales, marque une rupture par rapport au RBE2 AESA actuellement en service. La mention « Extended Generation » laisse entendre une amélioration substantielle de la portée de détection et de la résistance au brouillage électronique.
La suite d’autoprotection SPECTRA, elle aussi signée Thales, sera modernisée pour faire face à des menaces évoluées : missiles à guidage infrarouge de dernière génération, systèmes sol-air à longue portée, radars adverses à agilité de fréquence. Cette suite intègre la détection des menaces, le brouillage actif et le leurrage. Son évolution conditionne la survie de l’appareil en environnement contesté.
Une centrale inertielle et des liaisons de données repensées
La nouvelle centrale inertielle permettra au Rafale F5 de maintenir sa navigation de précision même en cas de déni d’accès au GPS, scénario de plus en plus probable face à des adversaires dotés de capacités de brouillage satellitaire. Ce système hybride combine accéléromètres, gyroscopes et données externes pour calculer la position de l’appareil en temps réel.
Le système de liaison de données entre aéronefs répond à un besoin accru de coordination tactique. Les appareils de combat modernes opèrent en réseau : partage des pistes radar, désignation d’objectifs à distance, coordination de frappes simultanées. Le F5 devra dialoguer avec d’autres Rafale, avec des drones de combat et avec les systèmes de commandement au sol. La DGA n’a pas précisé quel standard de liaison de données serait retenu, mais la compatibilité avec l’OTAN et les partenaires européens reste un impératif.
Pourquoi le F5 est stratégique
Quatre industriels mobilisés
Dassault Aviation pilote l’intégration de l’ensemble. L’avionneur stéphanois assure déjà la maîtrise d’œuvre du Rafale depuis sa conception dans les années 1980. Le F5 représente pour lui un enjeu de pérennité : maintenir l’appareil dans la course face aux F-35 américains et aux futurs chasseurs chinois et russes.
MBDA intervient sur les armements, dont l’ASN4G. Ce missile succédera à l’ASMP-A, en service depuis 2009, et portera la charge nucléaire aéroportée de la France jusqu’aux années 2070. Son intégration impose des modifications structurelles sur le Rafale : points d’emport renforcés, liaisons de données sécurisées, interfaces de tir spécifiques.
Safran fournit le moteur et probablement certains équipements optroniques. Thales, enfin, concentre radar, guerre électronique et liaisons de données. Ces deux groupes comptent parmi les piliers de la base industrielle et technologique de défense française.
| Équipement | Industriel | Fonction |
|---|---|---|
| Moteur M88 T-REX | Safran Aircraft Engines | Propulsion évoluée |
| Radar RBE2-XG | Thales | Détection longue portée |
| Suite SPECTRA | Thales | Autoprotection électronique |
| Centrale inertielle | Non précisé | Navigation de précision |
| Liaison de données | Non précisé | Coordination tactique |
Source : DGA, septembre 2026
Horizon 2033, entre contraintes budgétaires et urgence opérationnelle
Le calendrier fixe la qualification du F5 en 2033. Sept ans de développement et d’essais, un tempo classique pour un programme d’aviation de combat. Mais ce délai intervient alors que la menace évolue vite : drones de combat, missiles hypersoniques, systèmes antiaériens russes et chinois de cinquième génération. Le Rafale F5 devra rester pertinent face à ces menaces tout en assurant la mission nucléaire, mission régalienne par excellence.
Les contrats notifiés cet été sécurisent la phase de développement, mais le lancement en réalisation, annoncé pour les prochaines semaines, engagera les crédits lourds. La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit l’enveloppe, mais la soutenabilité budgétaire reste un sujet dans un contexte de tensions sur les finances publiques. Le coût unitaire du F5, une fois qualifié, conditionnera les cadences de livraison à l’armée de l’Air et de l’Espace et les perspectives export.
Export et concurrence internationale
Le Rafale F5 visera aussi les marchés étrangers. La France a vendu l’appareil à l’Égypte, au Qatar, à l’Inde, à la Grèce, à la Croatie, aux Émirats arabes unis et à l’Indonésie. Ces clients attendront probablement la disponibilité du F5 pour moderniser leurs flottes ou passer de nouvelles commandes. Mais la concurrence s’intensifie : le F-35 domine les appels d’offres occidentaux, le Su-57 russe et le J-20 chinois grignotent des parts de marché ailleurs.
Dassault devra démontrer que le F5 apporte un saut capacitaire réel, pas seulement une mise à jour incrémentale. Le radar, la furtivité passive, l’armement nucléaire et conventionnel, la maintenance simplifiée : autant d’arguments commerciaux face à des concurrents qui misent sur le volume et les prix agressifs.
Rafale F5 : les équipements clés
- La DGA a notifié les premiers contrats F5 durant l'été 2026
- Qualification prévue en 2033, sept ans de développement
- Le F5 intégrera le futur missile nucléaire ASN4G
- Quatre industriels mobilisés : Dassault, MBDA, Safran, Thales
- Nouveau radar RBE2-XG et moteur M88 T-REX
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