L’équipementier allemand Leoni engage 640 millions de dirhams pour ériger une nouvelle unité de production de câblage automobile à Bouskoura, près de Casablanca.
L’information est courte, mais le chiffre parle. Leoni, spécialiste des systèmes de câblage pour l’industrie automobile, annonce un investissement de 640 millions de dirhams dans la construction d’une nouvelle usine sur le site de Bouskoura, dans la région du Grand Casablanca. Aucun autre détail chiffré ne figure dans la source disponible : ni calendrier précis de livraison, ni capacité de production annoncée, ni nombre d’emplois créés.
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Bouskoura, un ancrage industriel confirmé
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Le choix de Bouskoura n’est pas anodin. La zone abrite déjà plusieurs sites de production orientés vers l’export, à proximité immédiate de Casablanca et de ses infrastructures logistiques. Leoni y est déjà implanté au Maroc depuis de nombreuses années, le pays constituant l’une de ses principales bases de fabrication pour alimenter les constructeurs européens en faisceaux électriques.
Le câblage automobile, activité historique de Leoni, reste une composante structurante de la filière automobile marocaine. Le Maroc s’est imposé comme le premier exportateur africain de câblages vers l’Europe, porté par des coûts de main-d’œuvre compétitifs et une proximité géographique avec les usines d’assemblage du Vieux Continent.
640 millions de dirhams : un signal dans un secteur sous tension
Ramené en euros, l’investissement représente environ 58 à 60 millions d’euros selon le taux de change en vigueur. C’est une mise significative pour un groupe qui traverse depuis plusieurs exercices une restructuration profonde, après des difficultés financières ayant conduit à une recapitalisation et à des cessions d’actifs entre 2022 et 2024.
L’annonce intervient dans un contexte de tension sur toute la chaîne d’approvisionnement automobile mondiale. La transition vers le véhicule électrique redistribue les cartes : les volumes de câblage par véhicule augmentent avec l’électrification, ce qui soutient mécaniquement la demande adressée aux équipementiers comme Leoni. Un véhicule électrique embarque en moyenne davantage de mètres de câbles qu’un modèle thermique équivalent, une réalité qui pèse dans les décisions d’investissement industriel.
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Ce que ce site marocain change pour Leoni
Le Maroc comme hub câblage face à la concurrence est-européenne
Le Maroc joue depuis deux décennies la carte du câblage pour attirer les équipementiers du rang 1. Leoni, Yazaki, Sumitomo, Lear ou encore Delphi Technologies y ont toutes des capacités installées. La concurrence avec la Roumanie, la Tunisie ou le Portugal reste vive, mais le Maroc a consolidé sa position grâce à des accords de libre-échange avec l’Union européenne et à une main-d’œuvre formée sur le tas depuis les années 2000.
L’investissement de Leoni à Bouskoura s’inscrit dans cette logique de pérennisation d’un outil industriel existant plutôt que d’une implantation ex nihilo. La nouvelle usine viendra vraisemblablement compléter ou remplacer des capacités vieillissantes, même si Leoni n’a pas communiqué sur ce point dans les informations disponibles.
Pour le Maroc, chaque annonce de ce type alimente le bilan du Plan d’Accélération Industrielle et conforte l’ambition de faire du Royaume un acteur de référence dans la chaîne de valeur automobile mondiale, à l’heure où les constructeurs européens cherchent à raccourcir leurs lignes d’approvisionnement.
Leoni à Bouskoura : l'investissement câblage en chiffres
- Leoni investit 640 millions de dirhams dans une nouvelle usine à Bouskoura (Grand Casablanca).
- L'équipementier allemand est spécialisé dans les systèmes de câblage pour l'automobile.
- Le Maroc est le premier exportateur africain de câblages automobiles vers l'Europe.