Les stratégistes des grandes banques internationales affichent un optimisme record sur les actions européennes, au niveau le plus élevé pour un mois de septembre depuis 2018.
D’après une compilation Bloomberg, la médiane des prévisions table sur un Stoxx Europe 600 à 670 points fin décembre 2026. Cela accorde à l’indice européen un potentiel de hausse d’environ 5% d’ici la fin de l’année. À ce stade, le Stoxx gagne 8,3% depuis janvier, contre 11,6% pour le S&P 500. L’écart s’explique en partie par la flambée du pétrole liée au conflit en Iran, qui a pesé plus lourdement sur l’Europe en raison de sa dépendance énergétique. Les États-Unis, premier producteur mondial avec 18,5 millions de barils par jour depuis l’essor du schiste au début des années 2010, ont mieux amorti le choc.
Les bénéfices s’envolent : +24% au deuxième trimestre
Les résultats des entreprises européennes cotées alimentent cet optimisme. Après une hausse de 7% au premier trimestre, les bénéfices ont bondi de 24% au deuxième. Le consensus des analystes anticipe désormais +19% au troisième trimestre et +23% au quatrième. « Nous conservons notre opinion positive sur les marchés boursiers européens, grâce à une solide croissance des bénéfices et à des valorisations peu élevées », a écrit Deutsche Bank mardi.
UBS relève vendredi qu’elle table sur une progression de 15% des bénéfices des entreprises européennes cotées dans la zone euro, tant pour 2026 que 2027. « Le conflit en Iran et les perturbations liées au marché du pétrole n’ont pas créé le choc durable sur les bénéfices que beaucoup craignaient, même si les niveaux de stockage de gaz en Europe restent inconfortablement bas », note la banque suisse.
L’Allemagne change la donne avec ses dépenses
Le moteur principal de cette dynamique tient aux dépenses budgétaires allemandes, qui irriguent défense, infrastructures et investissement industriel. « L’élan de la politique budgétaire pour la défense, les infrastructures et l’investissement industriel continue de se renforcer, en particulier en Allemagne », observe UBS. La banque américaine Citi va plus loin : « Nous estimons qu’une intensification des dépenses budgétaires, associée à des mesures visant à renforcer l’autonomie et la productivité de l’Europe, devrait stimuler la croissance du bénéfice par action à long terme. »
Barclays ajoute un autre facteur : la diversification des portefeuilles. Les craintes autour de l’intelligence artificielle pousseraient certains investisseurs à privilégier les actions européennes, moins exposées à cette thématique que Wall Street. « La croissance de l’Union européenne reste solide, tirée par l’Allemagne et le secteur manufacturier », avance la banque britannique.
Des valorisations encore peu exigeantes
Pour Citi, les valorisations actuelles des indices européens ne reflètent pas encore pleinement le changement de paradigme budgétaire en cours. « Elles pourraient donc connaître une nouvelle réévaluation à partir de ce niveau », juge la banque américaine. Un argument qui pèse face à un S&P 500 jugé cher après sa course de 2025 et du premier semestre 2026.
Reste que Barclays mentionne un point de fragilité : le regain de tensions sur les cours du pétrole. Une nouvelle escalade pourrait remettre en cause la dynamique actuelle, surtout si les stocks de gaz européens restent à des niveaux bas. Mais pour l’instant, les stratégistes parient sur la résilience des bénéfices et l’effet d’entraînement du stimulus allemand.
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