Avec la vague de chaleur qui s’installe sur la vallée du Rhône en ce mois de juin 2026, EDF envisage de réduire la production de sa centrale nucléaire de Saint-Alban, en Nord-Isère, pour ne pas dépasser les limites de rejet thermique autorisées dans le fleuve.
La centrale de Saint-Alban-Saint-Maurice, implantée sur la rive gauche du Rhône à une quarantaine de kilomètres au sud de Lyon, utilise l’eau du fleuve pour refroidir ses deux réacteurs de 1 300 mégawatts. Par temps de canicule, la température du Rhône monte, et les marges pour rejeter de la chaleur supplémentaire se réduisent mécaniquement. EDF se retrouve alors contraint, pour respecter la réglementation environnementale, à brider la puissance de ses groupes.
Saint-Alban face aux contraintes thermiques du Rhône
Ce type de mesure n’est pas une nouveauté sur le parc nucléaire français. Les centrales en bord de rivière, particulièrement celles situées sur le Rhône et la Garonne, sont soumises à des arrêtés préfectoraux fixant des seuils de température maximale à ne pas dépasser en aval des rejets. Quand ces seuils sont menacés, l’exploitant doit réduire la puissance ou, dans les cas les plus extrêmes, procéder à un arrêt temporaire des réacteurs.
À Saint-Alban, EDF surveille en continu les données hydrologiques et thermiques du Rhône. La décision d’une baisse de charge est prise au fil des relevés, en coordination avec les autorités de sûreté et les services de l’État.
Un enjeu pour l’approvisionnement électrique en période de pointe
Le timing est sensible. Les épisodes caniculaires font grimper la demande en électricité, notamment pour la climatisation, au moment précis où les capacités de production peuvent se trouver limitées. Réduire la production d’une tranche de 1 300 MW n’est pas anodin sur un réseau déjà sollicité.
RTE et EDF disposent toutefois de leviers pour compenser : imports depuis les pays voisins, mobilisation des centrales à gaz en appoint, effacement de consommation industrielle. La situation reste à surveiller dans les prochains jours, selon l’évolution des températures dans la vallée du Rhône.