À moins de 20 000 euros, la Twingo E-Tech s’impose comme l’électrique la plus accessible. Mais sur autoroute, sa batterie surchauffe et rallonge les recharges.
La Renault Twingo E-Tech aura marqué l’année. Ticket d’entrée sous les 20 000 euros, charme assumé, autonomie de 263 km : elle devient imbattable une fois le bonus écologique déduit. Lors de l’essai à Ibiza, l’enthousiasme dominait. Mais faute d’infrastructure sur l’île, impossible de mener les tests de charge rapide habituels. Une lacune qui prend tout son sens aujourd’hui.
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La question des recharges rapides ne concernera qu’une minorité de la clientèle. D’abord parce que la version d’entrée de gamme ne dispose pas du connecteur CCS indispensable pour exploiter les bornes à forte puissance. Il faut cocher l’option « Advanced Charge » à 500 euros. Ensuite parce qu’avec une capacité plafonnée à 27,5 kWh, l’autonomie reste réduite. Conçue pour les petits trajets du quotidien, la Twingo s’y cantonne.
Une première charge conforme aux promesses, la deuxième désastreuse
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Certains médias spécialisés ont emmené la Twingo hors de sa zone de confort. Automobile Propre avait prévu un trajet Paris-Marseille. Le journaliste Soufyane Benhammouda a jeté l’éponge à Lyon. La première charge s’est déroulée selon les annonces de Renault : passage de 15 à 80 % en 30 minutes. Le journaliste a fait un peu mieux, 10 à 80 % en 29 minutes.
Puis vient la deuxième étape sur autoroute à 130 km/h, proche de la vitesse maximale relevée à 135 km/h au compteur. La température de la batterie atteint 42 °C. La gestion électronique bride alors la puissance pour sauvegarder les cellules : 24 kW à 40 %, 14 kW seulement à partir de 55 %. La charge de 10 à 80 % s’étire sur 55 minutes, presque le double du temps attendu.
Pas de refroidissement liquide pour limiter les coûts
Ce phénomène s’explique par un refroidissement insuffisant. Pour limiter les coûts et le poids, Renault a fait l’impasse sur un système de refroidissement liquide. « Il n’y a pas de gras dans cette voiture. Tout est dimensionné au plus juste pour réduire la consommation. La Twingo est une marathonienne, pas une ultra-traileuse », confiait François Bertrand, ingénieur synthèse client de la Twingo, lors des essais internationaux.
La Twingo n’est pas seule dans ce cas. Sa rivale directe, la BYD Dolphin Surf, fait encore moins bien : charge rallongée après une centaine de kilomètres seulement sur autoroute, malgré une batterie plus grosse de 43,2 kWh qui la rend, sur le papier, plus apte aux longs trajets.
Ce « rapidgate » mérite d’être relativisé. Lors d’un autre long trajet sur autoroute, à une température extérieure inférieure à 10 °C, le journaliste d’Automobile Propre n’a pas rencontré le même souci. La Chaîne EV, lors d’un trajet Paris-Arcachon à 110 km/h, n’a pas non plus observé de bridage. Une chose est sûre : avec une autonomie réelle autour de 180 km sur autoroute à 130 km/h, la Twingo n’est pas taillée pour les grands départs.
Pourquoi la Twingo souffre sur autoroute
Des pannes de batterie accessoires en parc presse
Un autre problème a surgi lors des essais : plusieurs Twingo du parc presse ont refusé de démarrer, bloquées par une défaillance de la batterie d’accessoires 12 V. Dans une communication officielle, Renault attribue ces pannes à l’utilisation d’un « dongle », outil d’acquisition de données branché sur la prise diagnostic, qui aurait perturbé l’électronique de la Twingo, en particulier la batterie d’accessoires.
Le constructeur poursuit les analyses « afin de documenter l’ensemble des causes potentielles de la situation ». Si ce défaut se confirme sur les autos livrées aux clients, hors usage d’un outil d’acquisition de données, il serait autrement plus handicapant que la surchauffe de batterie sur les longs trajets autoroutiers. Renault dispose théoriquement des moyens pour résoudre ce genre de souci : la direction de la qualité se voit remonter tous les incidents.
Un positionnement tarifaire imbattable
Malgré ces failles, la Twingo E-Tech reste la reine des électriques abordables. Avec un ticket d’entrée « significativement » sous les 20 000 euros en entrée de gamme selon Renault, elle écrase la concurrence une fois le bonus déduit. La BYD Dolphin Surf est certes très technologique, mais elle n’est pas aussi endurante en entrée de gamme ni performante que la Twingo, et elle coûte 19 990 euros. Même en interne, la Dacia Spring à 16 900 euros se retrouve lésée face à la citadine au losange. La Citroën ë-C3, à 19 990 euros mais éligible aux primes, ne fait pas non plus le poids sur le rapport prix-prestations.
Le pack « Advanced Charge » facturé 500 euros fait passer le chargeur embarqué de 6,6 kW à 11 kW, et ajoute la charge rapide à 50 kW permettant de passer de 10 à 80 % en 30 minutes. Ce pack apporte aussi les fonctionnalités V2L (vehicle-to-load) et V2G (vehicle-to-grid) pour alimenter des appareils ou redistribuer de l’énergie dans le réseau.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Puissance | 82 ch |
| Batterie | 27,5 kWh (LFP) |
| Autonomie WLTP | 263 km |
| Recharge AC | 4h15 (6,6 kW) / 2h35 (11 kW) |
| Recharge rapide DC | 30 minutes (50 kW) |
| 0 à 100 km/h | 12,1 s |
| Vitesse maximale | 130 km/h |
| Poids | 1 200 kg |
Source : Numerama
Une habitabilité qui fait consensus
Le domaine dans lequel la Twingo met tout le monde d’accord reste son habitabilité. Les passagers à l’arrière seront les premiers à le remarquer : ils n’auront aucun mal à loger leurs pieds sous les sièges avant, tandis que l’espace pour les genoux est généreux, jusqu’à 16 cm. On est mieux installé que dans une Renault 5 qui fait pourtant 20 cm de plus.
La gamme s’articule autour de deux finitions, Evolution et Techno. Par simplification de gamme et limitation des coûts, Renault ne propose que ces deux versions. La teinte jaune mango, reprise de la précédente génération, est livrée de série, les autres couleurs sont optionnelles.
La Twingo E-Tech aura sans doute du succès. Elle cumule les atouts pour séduire en ville et sur petits trajets. Mais ceux qui envisagent de réguliers départs sur autoroute devront composer avec une charge rapide qui se transforme en charge lente dès que la batterie chauffe. Et surveiller la batterie accessoires.
Twingo E-Tech : les chiffres à retenir
- La Twingo E-Tech est la voiture électrique la moins chère du marché une fois le bonus déduit
- Pas de refroidissement liquide pour la batterie, uniquement un refroidissement passif
- Le pack Advanced Charge à 500 € est obligatoire pour accéder à la charge rapide 50 kW
- Plusieurs Twingo du parc presse ont connu des pannes de batterie accessoires 12 V
- La BYD Dolphin Surf, rivale directe, souffre du même bridage de charge après surchauffe
- L'habitabilité arrière dépasse celle de la Renault 5, pourtant 20 cm plus longue
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