La centrale nucléaire de Gravelines a reconnecté son second réacteur au réseau après une invasion de méduses qui avait forcé l’arrêt de deux unités de production.
EDF a annoncé ce 19 août la remise en service du réacteur numéro 5 de la centrale de Gravelines, dans le Nord. L’unité avait été déconnectée du réseau électrique il y a quelques jours, en même temps que le réacteur 6, à cause d’une prolifération massive de méduses dans le circuit de refroidissement. Le premier réacteur avait été reconnecté dès le 16 août, selon France 3 Hauts-de-France.
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Un phénomène récurrent en mer du Nord
Les méduses sont aspirées dans les systèmes de prise d’eau de mer qui refroidissent les condenseurs des réacteurs. Quand elles s’agglomèrent en masse, elles colmatent les filtres et forcent l’arrêt temporaire des installations. La centrale de Gravelines, qui pompe l’eau directement en mer du Nord, subit régulièrement ce type d’incident, notamment en été lorsque les températures de l’eau favorisent la prolifération de ces organismes gélatineux.
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L’installation dispose de six réacteurs de 900 MW chacun. C’est la plus puissante centrale nucléaire de France en termes de capacité installée. Les arrêts liés aux méduses durent généralement quelques jours, le temps de nettoyer les circuits et de purger les filtres.
Deux réacteurs remis en service en trois jours
Le réacteur 6 a été le premier à reprendre son injection sur le réseau, trois jours après l’incident. Le réacteur 5 a suivi quelques jours plus tard. EDF n’a pas communiqué sur la durée totale d’indisponibilité ni sur le volume de production perdu pendant ces arrêts.
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La remise en route d’un réacteur après un arrêt de quelques jours nécessite une montée en puissance progressive. Les équipes vérifient l’intégrité des circuits, contrôlent les paramètres de température et de pression, puis augmentent la puissance par paliers jusqu’à atteindre le régime nominal.
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Un risque intégré dans l’exploitation côtière
Les centrales situées en bord de mer, comme Gravelines, Paluel ou Penly, sont exposées à ce type d’aléas. Les méduses ne représentent pas un danger pour la sûreté nucléaire, mais elles contraignent l’exploitant à des arrêts imprévus qui pèsent sur la disponibilité du parc.
D’autres centrales dans le monde ont connu des incidents similaires. En 2013, la centrale suédoise d’Oskarshamn avait dû stopper un réacteur pour la même raison. En Israël, la centrale thermique de Hadera avait subi un arrêt prolongé en 2011 après une invasion massive. Ces événements restent toutefois sporadiques et n’affectent pas la stratégie de refroidissement par eau de mer, jugée plus économique et plus simple que les tours de refroidissement atmosphérique.
Aucun impact sur l’approvisionnement national
La France dispose d’une capacité nucléaire installée de 61,4 GW répartie sur 56 réacteurs. L’arrêt temporaire de deux unités de 900 MW à Gravelines n’a pas mis en tension le réseau électrique. La consommation estivale reste modérée, et d’autres réacteurs compensent les variations de production.
RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, n’a émis aucune alerte particulière ces derniers jours. La situation reste sous contrôle, d’autant que plusieurs réacteurs récemment sortis de maintenance ont rejoint le réseau ces dernières semaines.
Gravelines, pilier de la production du nord de la France
Avec ses six réacteurs, Gravelines fournit une part importante de l’électricité consommée dans les Hauts-de-France et alimente également la Belgique voisine via les interconnexions transfrontalières. Le site emploie environ 2 500 salariés EDF, auxquels s’ajoutent plusieurs milliers d’intervenants extérieurs lors des campagnes de maintenance.
La centrale est en service depuis 1980. Ses réacteurs ont été conçus pour fonctionner quarante ans, mais EDF prévoit de prolonger leur durée de vie jusqu’à cinquante ans, voire soixante ans après autorisation de l’Autorité de sûreté nucléaire. Les investissements pour cette prolongation représentent plusieurs centaines de millions d’euros par réacteur.
Pourquoi les méduses perturbent les centrales côtières
Gravelines et les méduses : les points essentiels
- Deux réacteurs de 900 MW déconnectés à cause d’une invasion de méduses dans le circuit de refroidissement
- Le réacteur 6 reconnecté le 16 août, le réacteur 5 remis en service le 19 août
- Gravelines compte six réacteurs pour une capacité totale de 5 400 MW, la plus importante de France
- Les méduses colmatent les filtres du circuit d’eau de mer sans affecter la sûreté nucléaire
- Aucun impact sur l’approvisionnement électrique national grâce à la capacité totale du parc
Méduses à Gravelines : ce qu'il faut retenir
- Deux réacteurs de 900 MW déconnectés à cause d'une invasion de méduses dans le circuit de refroidissement
- Le réacteur 6 reconnecté le 16 août, le réacteur 5 remis en service le 19 août
- Gravelines compte six réacteurs pour une capacité totale de 5 400 MW, la plus importante de France
- Les méduses colmatent les filtres du circuit d'eau de mer sans affecter la sûreté nucléaire
- Aucun impact sur l'approvisionnement électrique national grâce à la capacité totale du parc