Le 12 août, un pilote de Rafale en mission d’entraînement au-dessus du Sud-Ouest français a repéré une fuite de carburant sur un jet privé en route vers Miami, permettant son déroutement vers Paris-Le Bourget.
L’appareil, un Bombardier Global 6000, avait décollé de Rome-Ciampino à destination des États-Unis. À 12 000 mètres d’altitude, le pilote du Rafale, parti de la base aérienne de Mont-de-Marsan, l’a rejoint dans le cadre d’un exercice de routine. C’est en observant les traînées de condensation qu’il a remarqué une anomalie : une troisième trace, fine et qui se dissipait rapidement, s’échappait de l’appareil.
Une odeur de kérosène confirme la fuite
Le pilote s’est rapproché du Global 6000 pour vérifier. Une légère odeur de carburant a confirmé ses soupçons. « Du carburant s’échappait de l’aile droite du Bombardier », a précisé le Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA) sur le réseau X. L’information a été immédiatement transmise à l’équipage du jet privé.
Donnée cruciale pour un vol transatlantique : la quantité de kérosène disponible devenait un paramètre critique. L’équipage du Bombardier aurait d’abord envisagé de poursuivre sa route, tout en alertant le contrôle aérien de la situation.
Déroutement vers Paris-Le Bourget
La décision a finalement été prise de dérouter l’appareil. Le Global 6000 a mis le cap sur Paris-Le Bourget, où il s’est posé en sécurité avant inspection. Aucun blessé n’est à déplorer.
Pour le CDAOA, cette intervention illustre le rôle que peuvent jouer les avions de chasse dans la surveillance du trafic aérien. La vigilance du pilote a permis « de contribuer à la mise en sécurité de l’aéronef et de son équipage », selon le communiqué. Une opération discrète, mais qui a évité un risque potentiel au-dessus de l’Atlantique.
Rafale et sécurité aérienne
L’épisode rappelle que les missions d’entraînement des forces aériennes se déroulent dans un espace partagé avec le trafic civil. Les pilotes de chasse, formés à l’observation visuelle fine, peuvent détecter des anomalies invisibles depuis le cockpit des appareils concernés ou depuis le sol.
Le Rafale, en service dans l’Armée de l’air et de l’espace comme dans la Marine nationale, effectue régulièrement des patrouilles au-dessus du territoire national. Ces missions, qu’elles soient d’entraînement ou de police du ciel, contribuent à la surveillance de l’espace aérien français.
L’incident du 12 août s’ajoute à une série d’interventions similaires ces dernières années, où des chasseurs ont assisté des appareils civils en difficulté, que ce soit pour des problèmes de communication, des urgences médicales ou, comme ici, des avaries techniques.