IndustrielAutomobileRenault passe en trois-huit à Douai et double la Twingo en Slovénie

Renault passe en trois-huit à Douai et double la Twingo en Slovénie

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Face à l’explosion de la demande pour ses modèles électriques, Renault s’apprête à doubler la mise dans ses usines de Douai et Novo Mesto dès cet automne.

L’usine de Douai, dans le Nord, tournera en trois-huit à partir de novembre. La décision doit être actée en juillet. Aujourd’hui, le site fonctionne avec deux équipes et demie depuis juillet 2025, date à laquelle une demi-équipe de nuit avait entraîné l’embauche de 400 intérimaires. Le passage à une équipe complète de nuit s’accompagnera d’une nouvelle vague de recrutements du même ordre, selon Les Échos. La cadence grimpera de 27,5 à 55 véhicules par heure.

C’est la R5 électrique qui sort de Douai. Et visiblement, les carnets de commandes ne désemplissent pas. Mais cette accélération pose des questions de conditions de travail, surtout en période de canicule. « On suffoque, on ressent des vagues de chaud », confie Nordine El Kaouri, agent de production de 48 ans. Son collègue Vincent Delmotte, conducteur d’installation de 32 ans, décrit un « environnement huileux, poussiéreux » où « c’est vraiment pas supportable par des chaleurs pareilles ». « On est cadencé, on n’a pas cinq secondes pour réellement lever la tête et souffler. On est toujours la tête dans le guidon », résume El Kaouri. Renault a mis en place des distributions d’eau pour limiter les effets de la chaleur.

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En chiffres
55
véhicules/heure à Douai en novembre
contre 27,5 aujourd'hui
400
intérimaires recrutés en 2025
nouvelle vague similaire attendue
800
départs volontaires d'ingénieurs
d'ici fin 2027
20 %
part des électriques dans l'UE
sur les 5 premiers mois 2026
16 000 €
prix Twingo électrique après bonus
sous 14 000 € pour ménages modestes

La Twingo électrique fait aussi le plein en Slovénie

Même scénario à Novo Mesto, en Slovénie, où la nouvelle Twingo 100 % électrique est fabriquée depuis avril. Le site doit passer d’une à deux équipes, là encore en juillet. Lancée à 19 490 euros, la Twingo électrique descend à 16 000 euros après bonus standard, voire sous 14 000 euros pour les ménages modestes. Grégoire Ginet, responsable produit chez Renault, avait présenté ces tarifs au lancement.

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Cette citadine marque le retour de Renault sur le segment des petites voitures abordables. Un créneau jugé prometteur dans un marché européen encore poussif : les ventes globales n’ont progressé que de 1,8 % en 2025, mais les électriques ont bondi de 30 % pour représenter 17,4 % du marché. La tendance s’accélère : en mai 2026, les immatriculations dans l’UE ont encore grimpé de 3,2 % sur un an, portées par les électriques qui dépassent les 20 % de parts de marché sur les cinq premiers mois de l’année, selon l’ACEA.

Marché européen : ventes de voitures 2025-2026
Indicateur Valeur
Croissance globale 2025 +1,8 %
Croissance électriques 2025 +30 %
Part électriques 2025 17,4 %
Croissance mai 2026 (UE) +3,2 %
Part électriques 5 premiers mois 2026 20 %

Source : ACEA

Un plan de départs volontaires en parallèle

Renault a annoncé mercredi dernier un plan de départs volontaires concernant 800 ingénieurs en France, essentiellement en Île-de-France. L’objectif : réorganiser le pôle ingénierie pour faire face à la concurrence chinoise. Sur les 5 500 ingénieurs du groupe en France, ces 800 départs auront lieu d’ici fin 2027. Dans le même temps, le constructeur prévoit de recruter entre 150 et 200 nouveaux ingénieurs en CDI, ciblés sur des compétences spécifiques.

La décision illustre la tension dans laquelle évolue Renault : accélérer la production des modèles qui marchent, notamment les électriques, tout en restructurant les fonctions supports pour rester compétitif face aux acteurs asiatiques qui montent en puissance sur le Vieux Continent.

Pourquoi Renault muscle ses usines électriques

Demande soutenue
La R5 et la Twingo électrique saturent les carnets de commandes. Renault doit doubler ses cadences pour absorber la demande, signe d'un positionnement prix-produit réussi.
Conditions de travail
Les agents de production de Douai décrivent des cadences intenses et une chaleur insupportable en période de canicule. Le passage en trois-huit accentuera la pression.
Restructuration ingénierie
800 départs volontaires d'ingénieurs d'ici fin 2027, compensés par 150 à 200 recrutements ciblés. Objectif : rationaliser face à la concurrence chinoise.
Marché électrique européen
Les électriques dépassent 20 % de parts de marché en Europe sur 2026. Le segment des petites citadines abordables devient stratégique pour tous les constructeurs.
Prix agressif
La Twingo électrique à 16 000 € bonus déduit vise les primo-accédants. Un positionnement clé face aux chinois BYD, SAIC ou Geely qui arrivent en Europe.

Douai, site historique reconverti à l’électrique

L’usine de Douai n’en est pas à son premier virage. Longtemps dédiée aux thermiques, elle a basculé sur l’électrique avec la R5. Le site emploie plusieurs milliers de personnes et constitue un des piliers industriels de Renault en France. Le passage en trois-huit, inédit depuis des années dans l’automobile français, témoigne d’une tension rare : celle d’une demande qui dépasse l’offre sur un modèle électrique.

Habituellement, c’est l’inverse : les constructeurs peinent à écouler leurs électriques. Ici, la R5 cumule un design iconique, un prix contenu et une autonomie suffisante pour les trajets du quotidien. La recette fonctionne, au point de saturer l’outil industriel.

Novo Mesto, berceau historique de la Twingo

L’usine slovène de Novo Mesto fabriquait déjà les précédentes générations de Twingo. Le modèle, né en 1993, a marqué l’histoire de Renault comme citadine accessible et fonctionnelle. La version électrique, lancée en avril 2026, reprend cet ADN tout en passant au zéro émission. Le prix sous 20 000 euros, bonus déduit, vise une clientèle urbaine et les primo-accédants à l’électrique.

Le segment des petites électriques abordables est scruté de près par tous les constructeurs européens. Volkswagen prépare une ID.1, Citroën a lancé l’ë-C3, Fiat mise sur la 500. Mais Renault a pris de l’avance avec un positionnement prix agressif, financé en partie par une plateforme partagée avec d’autres modèles du groupe et des économies sur les composants.

La pression chinoise en toile de fond

Le plan de départs volontaires chez les ingénieurs s’inscrit dans une stratégie plus large : alléger les coûts de structure pour libérer des marges sur les modèles vendus. Les constructeurs chinois BYD, SAIC, Geely ou Nio débarquent en Europe avec des prix cassés et des technologies de batteries maîtrisées. Renault, comme Stellantis ou Volkswagen, doit compresser ses coûts pour rester dans la course.

Le groupe mise sur une ingénierie plus agile, concentrée sur les compétences critiques : batteries, logiciels embarqués, électronique de puissance. Les fonctions plus classiques, ou redondantes avec les partenaires (Nissan, Mitsubishi), sont rationalisées. Ce mouvement touche l’ensemble de l’industrie européenne, qui redécouvre la contrainte de compétitivité face à des acteurs asiatiques soutenus par des investissements publics massifs.

Renault accélère la production électrique : les faits

  • Passage en trois-huit à Douai à partir de novembre 2026, cadence doublée à 55 véhicules/heure
  • Doublement de l'équipe à Novo Mesto (Slovénie) pour la Twingo électrique à moins de 20 000 €
  • Plan de départs volontaires de 800 ingénieurs en France d'ici fin 2027
  • Les électriques représentent 20 % du marché européen sur les 5 premiers mois 2026
  • Nouvelle vague de recrutements d'intérimaires attendue à Douai, similaire aux 400 de 2025
Rédacteur chez Industriel.net
Karim Lefort suit l'évolution du secteur automobile et des nouvelles solutions de mobilité, en analysant les innovations, les tendances du marché et les technologies qui transforment les déplacements. Il propose des contenus clairs et documentés destinés aussi bien aux professionnels qu'aux passionnés. Pour enrichir ses recherches et optimiser ses articles, il s'appuie sur l'intelligence artificielle, tout en assurant une relecture, une vérification des informations et une validation éditoriale avant chaque publication.
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